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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le réquisitoire contre l'amour non raisonnable, 6 mai 2009
« Belle du Seigneur » est l'histoire d'une passion entre Solal et Ariane d'Auble : une passion flamboyante et dévorante qui peu à peu détruit les deux amants.
Le récit se déroule en Europe durant l'Entre-deux-guerres ; Ariane d'Auble, jeune et futile aristocrate froufroutante est une sentimentale idiote qui a épousé Adrien Deume, un bourgeois de petite envergure, obnubilé par des stratégies d'ascension sociale. Un jour, lors d'une réception, Solal découvre la belle Ariane et en tombe follement amoureux. Or Solal (brillant, jeune, beau, mystérieux et ténébreux), originaire d'une famille juive d'une petite île de Céphalonie, a connu une ascension sociale fulgurante. Au moment où se déroule ce récit, il est sous-secrétaire général de la Société des Nations et par conséquent chef du responsable hiérarchique d'Adrien Deume.
Las des conquêtes faciles, rêvant de réaliser son désir d'amour pur d'être aimé pour son âme et non pour son corps, Solal se déguise en vieillard édenté et s'introduit par effraction dans la maison d'Ariane. Il lui déclare sa flamme ; Ariane le repousse. Alors, Solal se résigne à utiliser les habituelles «babouineries» du mâle dominant pour séduire sa belle : utilisant sa position hiérarchique supérieure, il envoie Adrien Deume en mission pendant trois mois ; et lors d'une rencontre avec Ariane, il pavane sa virilité, sa beauté, son prestige et son intelligence. Et cette fois bien sûr, charmée comme toutes les autres conquêtes précédentes, Ariane cède. Les amants vivent une intense passion.
Mais, comme dans une comédie de boulevard, le mari rentre de mission plus tôt que prévu. Solal enlève Ariane grâce à la complicité de ses cousins et les deux amants s'installent dans un luxueux hôtel sur la Côte d'Azur. La comédie tourne désormais au drame : Adrien, effondré tente de se suicider et les amants sont contraints de vivre une vie de paria, d'autant plus que Solal a perdu toute existence sociale puisqu'il a été destitué de son poste prestigieux à la Société des Nations ainsi que de la nationalité française à la suite d'une intervention pour la défense des juifs allemands persécutés.
L'exaltation de la passion première s'étiole dans ce huis clos; l'amour se réduit peu à peu a des gestes routiniers. Afin de combattre l'ennui qui s'installe inexorablement, Solal crée de toutes pièces des scènes de jalousies qui au fil du temps deviendront de plus en plus violentes et folles, jusqu'au geste fou, désespéré et final...
On sort de cette lecture stupéfait, abasourdi, épuisé et sonné devant tant de monstruosité indigeste mais sublime. A la fin de ce livre, j'ai été incapable de lire un autre roman en langue française pendant deux mois.
Pour finir sur une note plus légère, les pages du chapitre IV, décrivant la mentalité, les manigances et les misérables calculs des "petits" fonctionnaires internationaux sont à méditer par tout contribuable averti. Je suis étonnée que ce livre ait jamais vu le jour et qu'il continue à être publié : il y aurait en effet de quoi (enfin?) allerter le "petit" peuple qui pourrait demander des comptes tellement le texte semble criant de vérité.
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40 internautes sur 45 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
j'ai vecu avant?? vous etes surs?, 10 septembre 2004
Deux ans. Deux ans que j'ai refermè la dernière page de la belle. Et depuis, plus rien ne m'a donnè tant d'èmotions. Du rire à la souffrance, de l'indignation à la compassion, de la passion à la haine, tout. Une, deux, dix vies dans ces 800 pages, lues d'un trait. On ne fait plus qu'un avec chacun, on devient Elle, puis Lui, puis Elle, puis Lui...... Le monde (notre monde) n'existe plus. Passent les mois, les annèes, mais rien n'y fait.. Ce livre est et restera pour moi l'un des plus beaux chef-d'oeuvre de la litterature contemporaine.Le seul? Surement le seul à etre un TOUT. On se sent faible et ridicule à vouloir raconter BELLE. Il faut le lire, et ne pas resister au reveil de ses propres èmotions. Plus tard, passès rires, pleurs, remords et peurs, on analisera la violente critique sociale et politique. Je vous le conseille, absolument.
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30 internautes sur 34 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
S'il n'en restait qu'un, ce serait celui-là, 10 novembre 2005
Par Un client
Je l'ai lu beaucoup, entier ou en morceaux, au fur et à mesure que ma vie prenait forme, et ma vie est ce qu'elle est aussi parce que Belle du Seigneur y est entré. Plus jamais l'amour, l'amitié, les relations n'ont été les mêmes. C'est un roman qui est l'essence de la vie, qui ne peut laisser indifférent, que l'on ne peut laisser complètement de coté, parce qu'il nout lit en même temps que nous le lisons. C'est fascinant et effrayent à la fois, une aventure extraordinaire. S'il est vrai que tous les livres parlent de chaqu'un d'entre nous, celui-ci nous hurle.
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