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14 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5
Nitzsche ou la tentation du rien, 8 octobre 2008
On aura compris que Monsieur Nitzsche, avant qu'il ne perde la boule (ou peut-être l'avait-il perdu en écrivant cela) n'aime pas Wagner. Ou plutôt si. Il a aimé, compris, ressentis et s'est auto-guérit avec succès de cette maladie honteuse qu'est la wagnérite aigu.
Mais voilà ce qui est bien pire à ses yeux : Il s'est laissé abuser.
Pire, s'est trémoussé sensuellement au sein de l'univers wagnérien pour, subitement, y cracher dessus, semblant comprendre au prix d'un énorme effort les véritables intentions de ce diable de Wagner. Croyant certainement être revenu courageusement de l'Hadès wagnérien, il tend à nous prouver de ce qu'il a réellement vu, sorte de cerbère répugnant doté de connotations plus que douteuses. Atteint sûrement de quelconque pathologie névrotique, nous avons la désagréable sensation que Nitzsche, s'il était devant nous en nous racontant cela, s'auto-flagellerait violemment en hurlant qu'il a pêché atrocement en écoutant l'oeuvre répugnante de Wagner.
Nitzsche préfère les opéra un peu cucu la praline à la Carmen (dans les grands thèmes musicaux et non à l'histoire à proprement parlé), c'est son choix le plus strict. Mais là où sa « pensée » tourne un peu en rond, est quand il tente par tous les moyens de rentrer par l'intérieur dans l'intellect de Wagner, lui prêtant des intentions étranges, dont ses oeuvres seraient, soit disant, les relais ardents de tels ou tels dysfonctionnements moraux. Bref, chez Wagner (perçu comme étant un non-musicien, au mieux un polémiste), une envie de domination, essentiellement non musicale, couplée à une tendance à la rédemption générale caractériserait à eux seul son oeuvre immense. Concernant la rédemption, c'est ce que nous appelons une Lapalissade.
Voilà pour le résumé. Après c'est du bla-bla simpliste, mâtiné de référence pseudo-psychanalitique, c'est à dire d'une totale subjectivité, donc, à mes yeux, totalement inutile (la critique, ciblée sur une frange musicale donnée, sur le thème d'un drame précis, ou encore sur la personnalité du compositeur, est naturellement faisable et même souhaitable ; et dieu sait qu'il y a des choses à dire sur Wagner, bonnes et (vraiment) moins bonnes). Mais ici, à contrario, c'est à coup d'arguments éventés et évasifs, douteux dans le meilleur des cas, ésotérique dans le pire, que l'auteur semble régler ses comptes imaginaires avec Wagner.
A la lecture de ce livre, un seul leitmotiv revient sans cesse : comment peut-on rejeter si vivement et en bloc un compositeur que l'on a tant aimé ? Mystère.
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5 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Présentation de l'éditeur, 24 avril 2007
C'est en mai 1888, quelques mois avant de sombrer dans la folie, que Nietzsche écrit Le Cas Wagner. Ses relations avec le compositeur ont toujours été passionnées, faites d'admiration et de répulsion. S'il a d'abord vu dans l'aeuvre de Wagner l'illustration géniale de ses propres conceptions de l'artiste tragique et dionysiaque, Nietzsche va s'éloigner rapidement de lui. Fondamentalement, il reproche au compositeur d'être un "menteur". Wagner joue à l'artiste de la puissance, alors qu'il est un musicien de la dégénérescence. Il joue à l'affirmateur de la vie alors qu'il est négateur. On le voit, la critique nietzschéenne de Wagner, loin d'être une attaque ad hominem mêlée de rancaeur, rejoint les thèmes les plus fondamentaux de sa pensée. C'est en 1876 que Nietzsche a rompu avec Wagner, et cette date n'est pas indifférente. C'est en effet l'année du premier festival de Bayreuth, qui consacre le musicien comme le pontife du nouvel art allemand. Seul véritable pamphlet écrit par Nietzsche, Le Cas Wagner est en effet moins dirigé contre l'auteur de Parsifal lui-même que contre tout ce que le wagnérisme incarne et que Nietzsche vomit : l'idéologie allemande et son exaltation des vertus morales, du nationalisme, de l'antisémitisme, son mépris de l'intelligence. Nietzsche résume tout cela d'une formule : " le crétinisme de Bayreuth". Contre cet esprit de lourdeur, il exalte la gaieté de Carmen. "Il faut méditérraniser la musique !", écrit-il.
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