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Mr. Poe a inscrit les trois orphelins Baudelaire dans un collège. Enfin un univers normal ! Serait-ce la fin de leurs tribulations ? Ce serait compter sans leur malchance légendaire... Car l'institut J. Alfred Prufrock est un établissement aussi peu normal que possible. Son proviseur adjoint, Mr. Nero, est complètement fou, les professeurs ne valent guère mieux. Quant aux élèves... Ils sont nombreux à apprécier cette peste de Carmelita Spats qui, elle, déteste d'emblée les petits Baudelaire. Heureusement, ils se font quand même des amis. Mais le comte Olaf n'est toujours pas hors d'état de nuire.
Suite des rocambolesques aventures de Violette, Klaus et Prunille, qui continuent d'attirer les ennuis comme des aimants. L'auteur continue lui aussi (et c'est tant mieux) d'explorer la veine qui a fait son succès : en contant une histoire extrêmement tragique sur un ton mélodramatique, il parvient à tirer des larmes... de rire, tant les situations sont outrées et loufoques. Sur un rythme soutenu, il tient en haleine un lecteur qui se demande toujours : "Mais jusqu'au ira-t-il ?" Eh bien : jusqu'au bout, sans se démonter. Pas un moment de répit avant d'avoir fini le livre qui, comme tout bon feuilleton, se termine sur un coup de théâtre. Argh ! Vite, la suite! À partir de 10 ans. --
Pascale Wester
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Sujet : Dans ce cinquième tome de la série qui leur est consacrée, les orphelins Baudelaire sont envoyés en pension dans un collège afin de parfaire leur éducation. Hélas ! Les voilà placés sous la responsabilité d'un proviseur tyrannique qui multiplie vexations et mauvais traitements. Prisonniers d'un système éducatif archaïque et rigide et persécutés par leur camarades, les jeunes héros rivalisent d'ingéniosité et d'imagination pour échapper à leur triste sort. Avec l'aide des triplés Beauxdraps, ils affrontent leur misérable quotidien avec courage et détermination. Parviendront-ils cependant à échapper à l'emprise de l'inquiétant professeur d'éducation physique qui les soumet à un entraînement quotidien épuisant? Quel but poursuit donc le professeur Gengis ?
Commentaire : Malheureux orphelins Baudelaire ! Victimes une fois de plus d'un abominable tyran dénué de sens commun, soumis à un règlement stupide et à un enseignement insipide, leur sort ne peut laisser indifférent. L'auteur nous compte avec sa verve et son humour habituel les mille souffrances qu'ils doivent endurer. On soupire et on compatit au fil des pages, tout en riant sous cape de cette savoureuse caricature de la vie au collège. Rien ne nous est épargné : l'insalubrité des lieux, le réfectoire et ses rites, le crissement du violon du proviseur martyrisant son instrument, le culte du système métrique, la joie de l'épuisement physique par le sport... Cette sombre évocation des années collège tout imprégnée du réalisme propre à Charles Dickens, lorsqu'il nous livre les mésaventures de David Copperfield, n'est pas dénuée d'anachronismes. Au final, dans le coeur du lecteur, l'humour noir et la dérision l'emportent sur la compassion et l'amertume.