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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Déluge de mots pour dire l'absurdité de la guerre, 13 janvier 2009
Si les bombes pleuvent sur Beyrouth, c'est sous un déluge verbal que le lecteur, d'emblée, se trouve pris. Le récit des (més)aventures de Bassam et Georges est en effet régulièrement ponctué de passages où le narrateur procède par accumulation de mots, de métaphores, où l'écriture peut devenir haute en couleurs et baroque, en même temps qu'elle est rêche et fougueuse. Il y a un souffle puissant qui anime ce roman, où les mots s'entrechoquent et se bousculent : il m'a immédiatement emportée, au-delà de la dureté de son sujet, qui aurait pu me rebuter.
Mais c'est aussi cette écriture qui permet de tenir l'horreur à distance, ce présent de cauchemar qui semble devenu presque normal pour le narrateur, tant il y paraît habitué mais où la vie, arrachée à la guerre, est menée dans l'urgence, où l'alcool et la drogue sont monnaie courante.
La ville de Beyrouth y apparaît dévastée, envahie par les morts, les décombres, les tas de déchets et les chiens errants et la poussière omniprésente.
On y vit avec un trou béant dans le mur de façade de la cuisine, presque comme si de rien n'était.
Seuls quelques personnages conservent leur humanité, des femmes notamment, quand les autres sont entraînés par le maelström de la guerre.
Quant au lecteur, il est brinquebalé dans cet univers apocalyptique, perdu entre les milices, les puissances étrangères, les coups de feu et les bombes. Qui fait quoi et contre qui ? Dans cette poudrière libanaise, les conflits religieux se doublent d'antagonismes raciaux dans un écheveau de haines qui paraît indémêlable.
On va crescendo dans l'horreur, des victimes des bombardements, voisins ou parents, aux massacres de Sabra et Chatila (dont la furie insensée s'inscrit directement dans cet univers de folie, en marge de la réalité, de la normalité) en passant par une scène de torture.
Domine l'impression d'un énorme capharnaüm où tout le monde soupçonne tout le monde, où les enfants se mettent à agresser, armes à la main, les plus âgés. Un pays où c'est la loi de la jungle, où on se demande qui manipule qui et à quel jeu George (alias De Niro) joue...
« De Niro's Game », roman bouillonnant de violence, de révolte contre ce qui a été enduré, témoigne mieux que plus d'un reportage de l'absurdité de la guerre et, dans sa seconde partie, des effets durables qu'elle peut avoir sur le psychisme d'un individu.
En tant que tel et parce que son écriture lui confère un intérêt supplémentaire, sa lecture ne pourra vous laisser indifférent.
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3.0 étoiles sur 5
Un récit nerveux et suffocant dans un décor apocalyptique, 7 novembre 2009
Depuis la mort de son père, Bassam vit seul avec sa mère à Beyrouth. Quand les bombes ne tombent pas sur la ville, il travaille au port, et passe son temps libre avec George, son ami d'enfance, entre petites magouilles et virées à moto. Mais alors que Bassam ne pense qu'à quitter le pays et rêve de s'installer à Rome, George, lui, fréquente de plus en plus les miliciens qui tiennent la ville.
Au c½ur de ce roman donc, l'amitié entre deux jeunes libanais qui dans ce contexte chaotique prend une dimension toute particulière. Leur lien résista t-il encore longtemps aux bombes et à la guerre, à l'argent et à la violence, aux filles et aux mauvais choix ? A travers ces deux personnages Rawi Hage raconte l'histoire d'un désastre humain et l'absurdité de la (sur)vie quotidienne dans une ville dévastée par la guerre, et livre ici un récit nerveux et suffocant dans un décor apocalyptique. J'ai pourtant eu du mal à me plonger sans réserves dans cette lecture : Est-ce la carapace que s'est forgée Bassam et la relative froideur avec laquelle il affronte les évènements ? Ou ses étranges envolées lyriques qui ponctuent et alourdissent le récit ? Malgré l'intérêt du sujet et les nombreuses qualités de ce premier roman, je n'ai jamais vraiment réussi à m'attacher aux personnages et à leurs destinées.
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