Télérama
Pour commencer, disent Yves Coppens et Pascal Piccq, il faut abandonner toute idée d'évolution linéaire de l'homme. La réalité est beaucoup plus complexe. C'est un foisonnement d'espèces que révèlent ces fossiles. " Nous ne descendons pas du singe, aime rappeler Pascal Picq, nous en faisons partie. " Et nous ne sommes uniques qu'en tant que derniers survivants d'une longue aventure. Un constat qui fait de l'homme d'aujourd'hui le fruit d'une série de contingences difficiles à concilier avec la tradition de la pensée occidentale...
La question rebondit avec le second volume de l'ouvrage, qui s'attache à montrer que tous les critères qui permettaient jusque-là de tracer la frontière entre l'homme et l'animal sont aujourd'hui battus en brèche par les observations des spécialistes du comportement (éthologie) et de la psychologie animale. --
Michel Abescat
Quatrième de couverture
Et si nous nous étions trompés pendant plus de 2 500 ans ? La pensée occidentale a construit une image de l'homme qui le situe au sommet de l'échelle des espèces ou, depuis Lamarck et Darwin, au faîte de l'arbre de l'évolution. On l'a ainsi doté de caractères exclusifs qui le distinguent prétendument du monde animal : la bipédie, la main, l'outil, le partage de la nourriture, la politique, la conscience de soi, l'empathie, la sympathie, les notions de bien et de mal.
Or, depuis quelques décennies, l'éthologie de terrain, les observations en semicaptivité et les études en psychologie animale - comme celles consistant à enseigner le langage à des grands singes - nous révèlent que nos frères d'évolution, les chimpanzés, les bonobos, les orangs-outans et d'autres encore, embrassent des pans entiers de notre humanité.
Aujourd'hui, il importe donc de redéfinir l'homme à la lumière des connaissances acquises sur notre place dans la nature, elle-même issue d'une longue histoire évolutive. La quête scientifique d'une véritable connaissance de l'homme commence à peine.