Commentaires client les plus utiles
|
|
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Speak for England, 4 juillet 2007
Brian Marley, professeur d'anglais qui collectionne échecs professionnels et sentimentaux, accepte de participer à un jeu de télé-réalité de type Survivor en Papouasie-Nouvelle Guinée. Vainqueur mais abandonné de tous, l'hélicoptère devant venir le rechercher s'étant crashé et sa balise rendant l'âme, il croit voir arriver sa dernière heure quand il parvient à un piton rocheux et découvre une plaine, perpétuellement masquée par des nuages tenaces, qui abrite une colonie d'Anglais, échoués ici depuis les années 1950. La colonie a perpétué la lignée et s'est reproduite ; elle a conservé et sacralisé les « vraies » traditions britannique, soit un mélange de scoutisme et de xénophobie, de châtiments corporels et d'amour du cricket. Le proviseur de la colonie, figure mémorable, se prend d'affection pour notre rescapé et accepte les bonnes et mauvaises nouvelles de cet improbable messager (un des passages les plus drôles de ce livre très, très drôle : les travaillistes sont au pouvoir mais les syndicats ont été éradiqués ; la Grande-Bretagne est dans l'Union européenne mais continue à suivre les Etats-Unis ; l'Angleterre a gagné la coupe du monde de football ET celle de rugby !). Notre survivant s'acclimatera de manière inattendue aux maeurs fossilisées (encore qu'un peu d'amour libre et de chasse aux cannibales s'y soient glissés) de la colonie mais connaîtra un retour plus qu'ardu au pays.
Un sommet de l'humour anglais que ce « Speak for England » ! Le premier chapitre, consacré à la survie de Marley dans la jungle, mériterait d'être cité intégralement, pas une phrase ne déclenchant pas rire ou sourire. Le point fort du livre réside évidemment dans la description pittoresque des idiosyncrasies de la petite colonie, soit un fond des pires traditions de l'éternelle Angleterre accommodé aux contraintes de la vie dans la jungle. Le trait devient plus lourd lorsque Hawes raille le New Labour ; il est au plus juste lorsque, dans une veine proche de Jonathan Coe, l'auteur souligne la désespérance du quadragénaire anglais cultivé et impécunieux. Quelque part entre les Monty Python, Alan Moore et le précité Jonathan Coe, une perle.
|
|
|
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
"Laissez moi sortir de là", 21 juin 2007
Avec ce bouquin réjouissant et bourré d'humour et de références typiccaly british, Hawes règle quelques comptes avec, entre autres, l'Angleterre actuelle, Tony Blair, la télé réalité, la "relation privilégiée avec les cousins de l'autre côté de l'océan" et globalement l'histrionisme triomphant qui y prévaut.
On pourrait croire dès lors que le retour aux "valeurs vraies de l'Angleterre" (composée de patriotisme, de fierté nationale, la conscience de la supériorité britannique sur les autres peuplades de la planète) inculquée grâce à la juste application des châtiments corporels, obtiendrait les faveurs de l'auteur.
Il n'en est rien : c'est avec un égal bonheur et une réelle jubilation que Hawes pourfend le cynisme et le racisme assumé des anciens/nouveaux réacs extirpés de la jungle et réimplantés avec une facilité déconcertante dans la Grande Bretagne du 21 ème siècle.
A telle enseigne que si le titre n'avait pas déjà été pris, on aurait pu utiliser pour ce livre la formule : "la nostagie n'est plus ce qu'elle était".
Ce qui fait que l'exacte position du héros/narrateur est celle d'un perpétuel candidat à ces nouveaux jeux télé réalité qui, spectateur de sa propre vie et dans un constant désarroi, demande à ce qu'on le sorte de là.
|
|
|
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Très bon, sauf pour la fin !, 20 août 2007
A en croire la chronique parue dans le mensuel de juillet/août de Lire, Pour le meilleur et pour lempire de James Hawes serait un roman hilarant. Ailleurs, jai entendu dire quon pouvait le comparer aux délires des Monthy Piton Doù une sorte dinquiétude me concernant : après lecture, non seulement ce livre ne me paraît pas drôle, mais certainement pas décalé à la Monthy Pithon. Et plutôt quhilarant, je lai trouvé cynique, ironique et parfois même un peu flippant Néanmoins, cela ne fait pas de lui un mauvais livre, bien au contraire !
Pour le meilleur et pour lempire met en scène un looser quadragénaire, Brian Marley. Afin de devenir riche pour pouvoir élever décemment son fils Tommy et enfin emballer sa jolie élève Consuela, il décide de participer à une émission de télé réalité type Koh Lanta. Étrangement, notre minable professeur dAnglais pour classe détrangers finira par remporter le jeu mais lorsque léquipe de télé vient le chercher, un terrible accident détruit leur hélicoptère. Coupé de la civilisation, perdu dans la jungle, Brian croit mourir lorsquil tombe sur une étrange colonie britannique composée de rescapés dun crash survenu en 1958. Dirigé par un ancien militaire, le Directeur, cette colonie vit selon les sacro saintes valeurs de lAngleterre profonde, tenant pour parole dEvangiles ce que les livres décoles des années 50 présentaient comme étant le modèle de vie du bon Anglais moyen.
A partir de ce substrat rocambolesque, James Hawes livre ici un roman philosophique du meilleur effet. La découverte de la colonie sera un grand moment qui partagera le lecteur entre consternation et fascination consternation quant à la mentalité du campement, carrément malsaine par moment et fascination pour un mode de vie autarcique dans lequel tout le monde semble heureux. Cette impression contrastée sera renforcée et relancée lorsque lAngleterre connaîtra un brutal changement de gouvernement : en montrant le retour des réactionnaires au pouvoir, Hawes livre une réflexion intense autour de ce quest lAngleterre. Lauteur pousse le bouchon de plus en plus loin et nous interroge : quel gouvernement voulons nous réellement ? Et quentendons-nous par lâme de lAngleterre ? Bien sûr, il faudrait être Anglais pour percevoir toutes les subtilités du livre et soupeser la réflexion de lauteur, mais même un lecteur français ne sera pas insensible à ce quévoque Hawes tant ce quil décrit nest pas sans évoquer ce que la France pourrait connaître
Ne croyez pas pour autant que ce livre soit une thèse politique ! Au contraire. Car lauteur manie tout le long du livre ironie et cynisme, faisant de son héros une mauviette comme on en a rarement vu, à la fois grandiose et sympathique, tout en étant minable et incurable. On passe un excellent moment à suivre les aventures de Brian, dautant que le romancier a un sens du détail certain : si son histoire reste finalement très basique, son découpage et le soin accordé à la psychologie des personnages ou leur comportement donne une grande force à lensemble.
Finalement, le gros point faible de louvrage reste sa fin : lauteur a décidé en effet de ne pas terminer son roman ! Cest donc en pleine action que tout se conclue, nous laissant frustrés au possible ! On rêve dune suite parce quon a tellement envie de savoir ce qui va arriver à Brian et à lAngleterre que pour le coup, monsieur Hawes a intérêt à se remettre au travail !
|
|
|
Commentaires client les plus récents
|