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23 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Du Mozart ultra-saturé : migraine jouissive, 14 avril 2002
S'attaquer au monstrueux « Loveless » n'est jamais une mince affaire : à la première écoute, on a l'impression de perdre tous ses codes et repères du bon vieux rock classique : ici, le bruit est constant : désaxé, déstructuré, défiguré par des bandages d'effets sonores, par le vrombissement de centaines de guitares superposées. La batterie, autiste, martèle ses coups comme elle le peut derrière le fracas, la basse sous-mixée ne se distingue plus de l'ensemble, et personne ne comprend un traître mot des appels au secours murmurés par les plaintes de voix féminines qui semblent émaner de sirènes sous valium. Et c'est pourtant tout ça qui rend « Loveless » irrésistible : un travail de studio insensé pour parvenir à un ultime objectif bien ruminé dans le cerveau de Kevin Shields, son auteur : réussir à déconcerter l'auditeur par tant de créativité sonore, aussi bien que par les émotions dégagées par les onze titres complexes du disque. Aucun des instruments (y compris vocaux), pris un par un, n'est le héros du disque, mais tous participent à leur manière à bâtir une certaine texture sonore carrément jouissive. Les compositions, elles, sont également de haute volée. Il me semble ne jamais avoir entendu quelquechose d'aussi beau, d'aussi complexe et d'aussi émouvant que le passage de trente secondes compris entre 1:45 et 2:15 d' « I Only Said ». Au fil des années, « Loveless » reste inflexible, ne prend aucune ride, surprend encore, inroyable de maîtrise : le travail de Kevin Shields est énorme, surpassant de loin tous les modèles du Shoegazing, allant jusqu'à devenir la référence absolue du genre, manifeste cinglant contre la musique progressive et ses solos de guitare interminables. A la deux-centième écoute, lorsqu'on a définitivement adopté les accords torturés d' « Only Shallow », assimilé le bloc sonore unique qu'est « To Here Knows When », ou encore les mélodies suggestives à la Cocteau Twins telles que « Blown a wish », on devient atteint d'une grande dépendance, qui se caractérise notamment par monter encore et toujours le son afin de connaître les limites de ses propres tympans. Loveless est un disque envoûtant, passionnant, spectaculaire, assommant d'émotion, de malaise et de fascination. Expérience à vivre absolument.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
LOVELESS (1991), 3 novembre 2008
Ce disque météorite explosa comme une bombe dans le gentillet paysage musical anglais de l'époque (Madchester, indie pop, etc...). Il s'agit du second album du groupe, le premier, déjà excellent, leur ayant valu le titre de leaders du mouvement "shoegazers" ("ceux qui regardent leurs chaussures"). Mais ici, le groupe de Kevin Shields décolle toutes les étiquettes, avec un album génial et inclassable, qui engendrera de nombreux enfants (rassemblés sous la bannière noisy) sans que ses auteurs n'arrivent à lui donner une suite (le groupe s'est toutefois récemment reformé pour une série de concerts. Avant un nouvel opus ?). Samples concassés, guitares saturées en couches compactes, voix angéliques murmurant des paroles incompréhensibles, rythmiques perdues très loin dans la brume, dérapages harmoniques : tout dans cet album est à la fois psychédélique, moderne, inconnu et inégalé.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Manque de superlatifs ..., 17 juillet 2008
Je vais y aller de mon commentaire car après les avoir finalement vu en concert ... j'en reviens toujours pas.
C'est toujours difficile de parler de meilleur, de préféré parmis les préférés, de choix unique, ... indiscutablement ce disque est l'un des plus marquants qu'il m'est été donné de vivre.
Selon moi l'un des dix albums les plus importants de l'histoire de la musique contemporaine.
A écouter à fond à la limite de la saturation ...
En concert c'est une orgie de watts à vous crâmer les oreilles ... mais c'est tellement bon. J'avais l'impression de nager dans la musique, toujours à la limite de la noyade.
J'en suis ressorti en me disant 'Vivre une expèrience tellement intense ça remet plein de choses à leur place.'
MBV c'est différent, ce n'est pas pour tout le monde mais c'est tout ou rien.
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