Commentaires client les plus utiles
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
L'émotion à l'état pur, 17 mai 2002
Par Un client
Dans ce film, Claude Sautet narre la liaison ambiguë des deux personnages du titre. Rarement Michel Serrault n'a été aussi émouvant face à Emmanuelle Béart toute en grâce délicate. Tout est dans les non-dits et Sautet, en virtuose de la demi-teinte, est au sommet de son art. Malheureusement ce film fut son dernier...
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5.0 étoiles sur 5
Dernier film et rétrospective de Claude Sautet, 20 septembre 2009
Les films de Claude Sautet expriment différemment "l'air du temps" de la société française. certes,l'ambiance des premiers films, "classe tous riques" ou "bonjour sourire" font figure de coups d'essai à la réalisation pour celui qui était déjà réputé pour ses collaborations au scénario. Puis, plusieurs rencontres (Michel Piccoli, Philippe Sarde, le roman de Paul Guimard, et Romy Schneider) aboutissent aux "choses de la vie". Eblouissant coup de maître. A la suite de ce succès, Claude Sautet enchaîne des films qui se voudront être le reflet des années 70,avec des personnages dans lesquels chacun peut se reconnaître: Vincent, Mado, César, Rosalie, Hélène, Marie...
Dans ses films, Sautet aimait montrer aussi bien l'instant où tout bascule que, comme il le disait lui-même, "les temps morts, les passages où rien n'arrive, mais où tout se joue."
La vie selon lui était faite de "Climats", et lui savait admirablement les retranscrire et les faire voir au spectateur.
A partir des années 80 et plus précisément de "Garçon!" qui est le dernier modèle du genre, le réalisateur comprend qu'il est temps de mettre en forme un autre registre."Quelques jours avec moi" commence en comédie dramatique et s'achève en tragédie sur arrière-plan de conflit social. Ici, le cinéma de Claude Sautet gagne en pudeur et en retenue.
"Un coeur en hiver" qu'il qualifie de "film le plus autobiographique" de sa carrière retrace également le destin d'un personnage emmuré en lui-même, et la musique de Ravel porte l'empreinte de la profondeur et de la sobriété de son drame.
Cette évolution aura permis à "Nelly et Monsieur Arnaud" d'être un film abouti, montrant un mentor et sa muse, mais aussi deux personnages que l'âge et la situation empêche de se rejoindre malgré leurs sentiments réciproques. Le mimétisme de Serrault avec Sautet s'avère stupéfiant. Les répliques s'enchaînent entre ironie et pudeur. Emmanuelle Béart exprime admirablement les difficultés à être une jeune femme à la fois indépendante et amoureuse, bien de son temps.
Bien de son temps:cette caractéristique pourrait s'appliquer globalement au cinéma de Claude Sautet, qui porta là dans ce film toutes ses qualités de chef d'orchestre: des références à ses anciens films à l'étude constante du cadrage, le film est un chef d'oeuvre. Il porta à son paroxysme les fameux "Climats" de la vie.
Malheureusement pour nous, cela devait être son dernier. Et les climats de Claude Sautet nous manquent.
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2.0 étoiles sur 5
Des fantômes et de l'ennui, 17 août 2009
Claude Sautet était le sismographe des états d'âme de nos contemporains Français. il a été une figure marquante, sociologique de son temps. Si l'on fait état des sept films de sa filmographie qui traverse les années soixante dix, Les Choses De La Vie à Une histoire Simple, ce réalisateur est passé par toutes les étapes pour dépeindre la société Française qu'elle soit Bourgeoise ou Prolétarienne.
A partir de Garçon, les choses se gâtent d'un point de vue Thématique. Le réalisateur de Classe tout risque semble vouloir échapper à ce cinema qui la fait connaître et accéder à une consécration. Il est également relativement âgé et probablement dépassé par la nouvelle décennie.
Après Garçon qui semble avoir été produit autour d' Yves Montand et faire un succès après les échecs d' Un Mauvais Fils et d' Une histoire simple , il s'essaye à de curieux exercices... Quelque jours avec toi ou Daniel Auteuil et Sandrine Bonnaire s'aiment dans ce qui ressemblerait à une sorte de huit clos à la Roman Polanski. Décalé, baroque, on a du mal à retrouver ce que l'on aimait chez Sautet mais le résultat est intriguant pour ne pas complètement gâché le plaisir.
Un coeur en hiver va poussé encore plus loin et de manière plus radicale cette esquisse, avec des personnages encore plus éthérés, conceptuels et stylisés. La musique de Ravel et ses trios pour cordes et pianos rajoute dans l'aspect romantique glacé.
Tout devient plus abstrait, froid et les histoires cette fois qui nous sont contées entre Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart ressemblent à des estampes Japonaises.
Nelly et Monsieur Arnaud, dernier film du cinéaste, pourrait prétendre à une certaine forme testamentaire. Le personnage joué par Michel Serraut avec cette coupe et cette couleur des cheveux, ses costumes sombres rappelle indéniablement Claude Sautet. Emmanuelle Béart avec ses chignons, ses allures de femme émancipées, libre, détachée de toute contrainte, appelle bien sur le fantôme de Romy Shneider... Mais cette histoire ne prend absolument pas. Tant la photographie, les décors, les seconds rôle et cette intrigue semble à côté, dépassée, vide, exsangue. La magie n'est plus là. On s'ennuie et un malaise indéfinissable nous envahi. Une gêne.
Le film de trop.
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