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Si la Suisse n'occupe pas réellement une place prépondérante sur la scène metal, ses ressortissants (du moins ceux qui sont parvenus à exporter leurs productions) sont généralement de très bon niveau. Contrairement aux illustres Celtic Frost, Coroner et Samael, Gotthard a cependant choisi un registre assez soft, et joue un hard rock bluesy gorgé de références à AC/DC, Whitesnake, Great White et Bon Jovi, entre autres. Plus accessible que feu Krokus, un groupe helvétique qui connut un joli succès dans les années quatre-vingt, Gotthard vise certes le grand public, mais sans mièvrerie aucune. Même ses slows sont irréprochables – une performance remarquable que l'on doit surtout à son chanteur Steve Lee, dont la voix magnifique se prête à merveille à cet exercice de style. Cela dit, l'expérience
d-Frosted (le quatrième album, un live acoustique) montra rapidement ses limites (hormis en terme d'impact marketing) et c'est naturellement sur les morceaux les plus remuants que Gotthard s'avère le plus intéressant. Malheureusement, ils sont depuis longtemps en voie de disparition et ce sixième LP ne fait que confirmer la tendance.
--Hervé SK Guégano
Compact
Hard platiné. Juste une petite expérience pour situer le niveau, plutôt élevé, du nouveau produit chromé des Suisses de Gotthard. Vous remplacez la voix, pourtant magnifique, de Steve Lee par celle de Jon le Bongiovi et vous faites croire à tout le monde qu'il s'agit du dernier Bonjovi. On n'y verra que du feu. Non seulement l'inspiration, la matière musicale et la mise en uvre sont similaires, mais le niveau – d'excellence – est identique aussi. Alors, pourquoi refuser à ces Helvètes surdoués les louanges dues habituellement à nos Ricains platinés ?
Homerun est même l'un des disques les plus aboutis de Gotthard, comme le terme princier d'une judicieuse évolution, qui l'a conduit à se dériffer, s'unplugger, pour enfin se réélectrifier superbement. Bô.