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13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
COUP DE MAITRE, 4 novembre 2004
Tavernier et son regretté complice Jean Aurenche, nous offrent une magnifique adaptation d'un roman noir de Jim Thompson, POP 1280. Le livre se déroulait dans les bayous. Tavernier transpose l'action du livre, dans les colonies françaises d'Afrique, en 1939. Le procédé ouvre des perspectives sur l'observation sans concession du colonialisme à la française. Il pourrait faire suite au film de Jean-Jacques Annaud, « La victoire en chantant »..., né d'une même veine, toute aussi sanglante. L'étude de m½urs est magistrale. Tavernier déroule sous nos yeux, une Comédie Humaine à prédominance sordide, étoffée d'une galerie de personnages tous plus médiocres les uns que les autres. Ces personnages sont animés par une palette d'acteurs, tous excellents. Pas un n'est en retrait par rapport aux autres, des têtes d'affiche aux petits rôles. Aurenche nous régale de dialogues cocasses et féroces. Il agrémente son formidable talent de narrateur, de situations prises sur le vif : tel ce passager aveugle qui décrit d'un ton péremptoire, l'entrée du train dans la forêt vierge, alors qu'on roule dans une brousse aride... L'histoire du congrès canin racontée par Noiret, vaut son pesant de rigolade. Le film nous conduit dans une sorte de descente aux enfers psychologique. Tavernier nous fait suivre le parcours d'un justicier de l'ignoble, qui ne dédaigne pas profiter des justiciables qu'il liquide. Tavernier nous révèle ce que des « minus » peuvent faire du pouvoir qui leur est conféré. Cela donne froid dans le dos.Film désespéré, dénué de toute illusion, même petite ; film noir sombre mais brillant, ponctué de drôlerie, merveilleusement conduit par ce grand sorcier du cinéma qu'est Tavernier et son magicien des mots, Jean Aurenche. Si le sujet vous passionne, vous retrouverez Jean Aurenche dans un merveilleux livre édité par Actes Sud, au superbe titre « La suite à l'écran », dans une collection dirigée par Tavernier.
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24 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
COUP DE MAITRE, 29 janvier 2005
Tavernier et son regretté complice Jean Aurenche, nous offrent une magnifique adaptation d'un roman noir de Jim Thompson, POP 1280. Le livre se déroulait dans les bayous. Tavernier transpose l'action du livre, dans les colonies françaises d'Afrique, en 1939. Le procédé ouvre des perspectives sur l'observation sans concession du colonialisme à la française. Il pourrait faire suite au film de Jean-Jacques Annaud, « La victoire en chantant »..., né d'une même veine, toute aussi sanglante. L'étude de m½urs est magistrale. Tavernier déroule sous nos yeux, une Comédie Humaine à prédominance sordide, étoffée d'une galerie de personnages tous plus médiocres les uns que les autres. Ces personnages sont animés par une palette d'acteurs, tous excellents. Pas un n'est en retrait par rapport aux autres, des têtes d'affiche aux petits rôles. Aurenche nous régale de dialogues cocasses et féroces. Il agrémente son formidable talent de narrateur, de situations prises sur le vif : tel ce passager aveugle qui décrit d'un ton péremptoire, l'entrée du train dans la forêt vierge, alors qu'on roule dans une brousse aride... L'histoire du congrès canin racontée par Noiret, vaut son pesant de rigolade. Le film nous conduit dans une sorte de descente aux enfers psychologique. Tavernier nous fait suivre le parcours d'un justicier de l'ignoble, qui ne dédaigne pas profiter des justiciables qu'il liquide. Tavernier nous révèle ce que des « minus » peuvent faire du pouvoir qui leur est conféré. Cela donne froid dans le dos.Film désespéré, dénué de toute illusion, même petite ; film noir sombre mais brillant, ponctué de drôlerie, merveilleusement conduit par ce grand sorcier du cinéma qu'est Tavernier et son magicien des mots, Jean Aurenche. Si le sujet vous passionne, vous retrouverez Jean Aurenche dans un merveilleux livre édité par Actes Sud, au superbe titre « La suite à l'écran », dans une collection dirigée par Tavernier.
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9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Parfaite adaptation du roman, 28 mars 2007
Le roman "1280 âmes" de Jim Thompson, mettait en scène le shérif d'un état du sud des Etats-Unis, veule, raciste, faible et qui profite des failles de chacun pour asseoir son pouvoir et combler ainsi son malaise existentiel. Comme souvent dans les romans de Thompson, les personnages font étalage de leurs bassesses, de leurs vilenies, et ils s'enfoncent dans leur propre noirceur à mesure qu'ils tentent de s'en échapper. "1280 âmes", c'est le meilleur polar toutes catégories confondues selon moi. Le plus fascinant.
"Coup de torchon" est, selon moi, la meilleure adaptation cinéma - toutes catégories confondues. C'est dire la réussite ! Tavernier transpose l'intrigue de Thompson dans la France coloniale, et à la place du shérif, c'est un petit chef de police, Cordier, qui se démène ici jusqu'à la folie. On y retrouve les dialogues taillés au cordeau, cruels à souhait, et les passages les plus cocasses du bouquin (l'histoire du congrès des chiens), la fausse nonchalance du shérif, et ses petits coups fourrés. Mais ces drôleries, ces scènes un peu absurdes et dérangeantes constituent un tableau glaçant, désespéré, où tous les personnages (des principaux aux seconds rôles, tous excellents), se débattent dans un univers dénué de sens. Aussi dénué de sens que les personnages sont dénués de scrupules et d'empathie. C'est un film pas rassurant, un peu flippant même - tant on peut s'identifier facilement à tel ou tel personnage - mais qui révèle avec beaucoup de clairvoyance les petits démons que nous portons tous.
Un grand film, vu trop souvent comme un petit classique des années 80, mais qui mérite franchement un autre niveau de lecture. Je l'ai vu avant de lire le livre d'origine, et j'aime autant les deux versions. J'espère que Thompson a vu la version de Tavernier !...
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