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"P… ! C'est pas nous, les bandits !" : avec cette réplique culte, Hippo, perdu dans ce monde sans pitié – le nôtre – devient le porte-drapeau de la génération post-68. Poker, débrouilles et glandouille. L'histoire ? D'une simplicité biblique ! Un jeune homme de 28 ans, Hippo, se moque de tout sauf de ses copains et de son frère. Sans avenir, ni illusions non plus, il vit au jour le jour, désenchanté, mais heureux. Et puis, soudain, coup de foudre pour une bosseuse, motivée, qui en veut… Bref, Hippo va devoir ramer ! C'est tout ? Oui, mais, c'est tout simplement ma-gi-que ! Magie d'une réalisation, d'abord : pour son premier film, Éric Rochant –
Total Western,
Les Patriotes – capte avec une justesse confondante l'air du temps de la France fin de siècle. Le jeu des acteurs y est époustouflant de naturel. Hippolyte Girardot n'a jamais plus retrouvé le charme de son personnage culte ; dans le rôle du compagnon de galère, Yvan Attal fait une entrée remarquée dans le cinéma français, remportant au passage le César du meilleur espoir masculin en 1990 ; enfin, Mireille Perrier, tout droit sortie de l'univers de Carax, impose son naturel et sa détermination avec vivacité. Magie des dialogues, également, rédigés au cordeau, avec des mots de tous les jours, bien plus percutants que n'importe quelle thèse de sociologie. Et puis, rarement Paris n'avait été aussi bien filmée, – pas depuis
À bout de souffle, en tout cas. Rochant en fait la ville la plus excitante du monde, celle pour laquelle on lâcherait tout pour y vivre, celle de tous les possibles – éteindre la tour Eiffel d'un simple claquement de doigts, comme ça, juste pour séduire la fille qu'on aime, par exemple. Bref, le film français dans toute sa splendeur, entre Godard et Becker, juste, naturel, authentique et euphorisant. Plébiscité par le public, Éric Rochant a également été salué par la critique et par ses pairs, empochant pour ce film le prix Louis Delluc et le César du meilleur premier film.
--Sylvain Lefort
Synopsis
Il a son frère, son copain, sa nana. Voila le sens de sa vie. Il n'est ni marginal, ni désespéré. Il n'a ni projet, ni idéal. Que lui reste-t-il à part l'amour ? Rien justement et ce n'est pas un cadeau, car la fille qu'il rencontre lui en fait baver. Il avait la haine de vivre, il a maintenant la haine d'aimer.