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Séverine, ou cet obscur objet du désir... Tout en obtenant le Lion d'or au Festival de Venise en 1967, voici le film qui a contribué à installer Catherine Deneuve au rang de star : glacée, hautaine et hitchcockienne. Pari osé à l'époque pour la comédienne ! À 23 ans, tout juste auréolée du succès des
Parapluies de Cherbourg, la voilà qui bascule dans l'univers surréaliste du cinéaste d'
Un chien andalou en incarnant un personnage mi-vierge mi-putain, qui évolue entre fantasme et réalité, entre vertige et raison. Jamais graveleux, souvent sarcastique, c'est là un prodigieux travail de mise en scène de la part du vieux maître espagnol, fidèle en cela à ses premières obsessions : travailler l'inconscient de ses personnages et de ses spectateurs, jusqu'à y perdre tout repère. Et même si de son propre aveu il n'aimait pas beaucoup le roman initial de Joseph Kessel, le réalisateur du
Charme discret de la bourgeoisie brosse un sublime portrait de femme, axé sur les rouages et les blocages du désir et de la sexualité. D'après un scénario coécrit par Jean-Claude Carrière et costumé par Yves Saint-Laurent,
Belle de Jour rassemble une distribution exceptionnelle : Michel Piccoli, Pierre Clémenti, Jean Sorel, Françoise Fabian, Macha Méril, Geneviève Page mais aussi Francis Blanche ou François Maistre, truculents en clients troubles et pervers. --
Sylvain Lefort
Synopsis
Epouse d'un jeune interne des hopitaux, Pierre, Severine n'a jamais trouvé un veritable plaisir auprès de lui. Un des amis du ménage, play-boy amateur de call-girls, lui glisse un jour l'adresse d'une maison clandestine. Troublée, Severine ne résiste pas à l'envie de s'y rendre et ne tarde pas à devenir la troisieme pensionnaire de Mme Anais. Elle y est appelée Belle de jour car ses visites surviennent chaque après-midi de deux à cinq heures.