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29 internautes sur 52 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Bon film mais anti turc, 16 février 2004
Par Un client
La rhétorique anti-turque Après avoir regardé attentivement le film, on constate, tout au long de l'histoire, que les personnages et les situations sont mis en scène de façon très manichéenne. Les personnages : - Billy Hayes et sa famille : unité, amour, courage, et abnégation, sont les mots qui caractérisent les relations entre le héros et les membres de sa famille. Les conflits entre B. Hayes et son père, évoqués dans le livre, sont totalement occultés dans le film, où c'est l'image modèle, stéréotypée, d'une famille américaine unie qui est véhiculée. - les Turcs : ils apparaissent tout au long du film comme des brutes, militaristes et sanguinaires, des tortionnaires stupides, méchants, et sadiques, bref de vrais "salauds". Leur image est une véritable caricature : laids, moustachus, mal rasés, basanés, les yeux et les cheveux très sombres. Ce sont des personnages stéréotypés, qui, même lorsqu'ils sont tués dans le film, ont toujours le sort qu'ils méritent ! Tous sont systématiquement présentés de manière dévalorisante. Ainsi, les douaniers : dans le film, ils fouillent méthodiquement tous les étrangers, alors qu'ils laissent passer les Turcs (comme si les Turcs ne pouvaient pas être des trafiquants de drogue !). De même, les policiers : ce sont des sauvages, qui ne respectent rien, et notamment pas les objets personnels de B. Hayes lors de la fouille de ses bagages ; ces derniers sont stupides et grossiers (scène où B. Hayes sort de ses bottes quelques sachets de hachisch oubliés lors de la fouille par les policiers). Dans toute cette galerie de portraits, le gardien-chef et l'avocat tiennent une place centrale. Le premier est ignoble et cruel (il ferme les yeux sur divers trafics dans la prison); il montre toute son ignominie dans la scène du premier interrogatoire, incroyable de violence, dans laquelle il viole B. Hayes. Ce dernier est ensuite torturé pour avoir emprunté une couverture durant sa première nuit en prison. Les images sont particulièrement brutales et à peine soutenables. Le second, l'avocat de B. Hayes, Yesil, est loin d'être rassurant et sympathique : il est gras, corrompu, menteur, et très vénal. A ce niveau, on peut noter un fait intéressant pour une histoire censée s'être déroulée en Turquie. En effet, la plupart des acteurs incarnant les Turcs dans le film parlent très mal la langue, avec de forts accents qui rendent les propos pratiquement incompréhensibles pour une personne maîtrisant parfaitement le turc. En dehors de l'avocat général, cette constatation est valable pour tous les Turcs présentés dans le film. En outre, lors du générique de fin, on voit qu'il n'y a pas un seul turc parmi les acteurs : certains, dans les rôles de Turcs justement, sont mêmes arméniens et grecs (les Arméniens ou les Grecs n'étant pas particulièrement connus pour leur sympathie à l'égard des Turcs).
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