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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
ROBIN DES CASBAH, 1 mars 2008
PEPE LE MOKO est un des plus fameux films de Julien Duvivier. Il n'appartient pas au Réalisme Poétique, cher à Carné et Prévert. Duvivier, comme Autant-Lara, ou plus tard Clouzot, donnait dans le Réalisme Noir. L'action se situe dans la casbah d'Alger, à la fin des années trente. Pépé le Moko est un célèbre gangster, qui échappe à la police, grâce à un réseau d'amis et de complices, soucieux de protéger ce "Robin des Bois", ce grand frère, ce père protecteur. Mais l'inspecteur Slimane, de la police locale, est un homme patient, qui attend le faux pas de Pépé, pour lui mettre la main dessus...
Le film commence par une visite accélérée de la casbah, faite de ruelles étroites, terrasses communicantes, porches sombres, et passages secrets. C'est le repère de Pépé, avec sa bande. Duvivier débute son film comme un documentaire, avant de bifurquer vers le film policier. Trahison, fusillades, poursuites, le tout est rondement mené. La mise en scène de Duvivier est rapide, et l'image s'inspire de l'expressionnisme allemand des années 30, avec contre plongées, clairs-obscurs. Cet esthétique préfigure le Film Noir américain.
Mais que serait Pépé sans Gabin ? Il domine de film, en chef charismatique. Lorsqu'il rencontre Gaby, une parisienne oisive venue s'encanailler auprès des voyous, Duvivier nous fait le coup de la lumière tamisée sur les yeux bleus de Gabin. Classique. Mais le metteur en scène détourne cette figure de style, pour nous montrer que le regard clair de Pépé glisse rapidement des yeux de la belle, à ses bijoux ! Nous avons droit aussi à la scène de colère, inhérente aux films avec Gabin, comme dans LES BAS FONDS ou LE JOUR SE LEVE. Classique, encore une fois. On retrouve la bande à Gabin, comme Gaston Modot, Charpin (admirable en indic fielleux) et Dalio, grimé en Algérien !
PEPE LE MOKO est un grand classique, un grand numéro d'acteur, truffé de seconds rôles, de mots d'auteur (Henri Jeanson aux dialogues en fait d'ailleurs un peu beaucoup...), grande tragédie amoureuse, doublée d'un polar haletant.
Un mot de cette édition DVD : le résumé de la jaquette raconte la fin de film, attention de ne pas le lire ! L'image, prétendument remasterisée, est bonne, mais souvent floue sur les côtés.
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