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5.0 étoiles sur 5
Special Cheap-Trïck Grand cru, 19 septembre 2009
Chez les nostalgiques de Cheap-Trïck de la grande époque, on site toujours, avec raison, « All Shook Up», « Dream Police», « Cheap Trick at Budokan », « Cheap Trick », « Heaven Tonight», (plus rarement « Standing on the Edge », « One on One » ou « Woke up with a monster »). Car effectivement, ce sont des oeuvres majeures, mais qui correspondent à un passé. Et pourtant, il y a aussi « Special One », une bombe sortie en 2003.
Libéré de toutes contraintes et de pression des labels, Cheap-Trïck a enfin retrouvé, depuis leur précédent, le son le plus approprié. Un son bien évidemment hérité du Heavy-rock des 70's. Sans synthétiseur, sans batterie électrique, sans arrangement nauséeux ou pompeux. Car même si ces lascars se réfère parfois à une pop (de qualité) héritée des 60's et du début des 70's, son approche sonique est avant tout issue de la scène Heavy-rock / Hard-rock des 70's.
Le secret du son de Cheap-Trïck, c'est Rick Nielsen, un véritable fondu de guitares (sa collection est si extraordinaire qu'un livre avait été publié à cet effet), qui popularisa la marque Hamer (à l'époque où ce n'était qu'un atelier de luthiers), en abordant sur scène divers modèles (notamment la réplique de l'Explorer de Gibson), ainsi que des modèles dessinés par lui-même. Une personne qui préfère changer de guitare pour saisir et utiliser son essence, son timbre, plutôt que de bidouiller des effets.
C'est aussi Tom Petersson, qui se sert de basses à huit et douze cordes (!) pour épaissir naturellement son son.
Robin Zander, (qui lui, se contente généralement de Telecaster ou de Rickenbaker), qui possède un registre vocal étonnant, et un timbre immédiatement reconnaissable. Un temps comparé à Robert Plant (flatteur mais réducteur et pas totalement approprié), il pourrait l'être avec Lennon, Rodgers ou Daltrey, suivant ses humeurs et les chansons.
Et enfin Bun E. Carlos, (qui a très récemment formé un groupe, Tinted Windows, avec James Iha des Smashing Pumpkins et Taylor Hanson des... Hanson) un batteur qui préfère une frappe sèche, sûre et affirmée, à des patterns démonstratifs et incongrus.
Special One est assez orienté Classic-Rock avec des pierres angulaires comme :
- « Scent of a woman », appuyé sans être métronome, où déjà Zander démontre que l'on peut être un véritable et bon chanteur de Heavy-rock sans pousser des cris d'orfraies ;
- « Pop Drone », un Rock rampant, à l'atmosphère pesante et menaçante ;
- « Sorry Boy », du lourd, déjanté façon Alice Cooper, (qui rappelle que Nielsen participa à « From the Inside ») ;
- « Best Friend », Heavy-rock reptilien montant progressivement en puissance, où Zander, comme transcendé, fini par s'arracher les cordes vocales, à tel point que l'on jurerait que c'est Brian Johnson qui s'égosille ;
Il y a bien sûr quelques unes de ces « ballades », qui n'en sont jamais vraiment une, parce qu'elles oscillent entre la Pop 60's immortalisé par les Beatles, les Small Faces et les Kinks, le Rock et parfois même le Heavy-rock. Donc difficilement classables, d'où souvent une attribution à un Power-Pop. Rien à voir avec les (fameux) slows récurrents, et pendant un moment obligatoires, des groupes de Hard-rock de 78 à la fin des 80's.
Un indispensable pour tous ceux qui un jour ou l'autre ont apprécié un album de Cheap-Trïck.
Il y a aussi un DVD présentant des titres lives (« Hot love », « He's whore » et « Hard to tell ») de différentes époques, et 2 clips vidéos (« Say Good Bye » et « Woke up with a monster »).
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