Commentaires client les plus utiles
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17 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
JAMES MASON AU SOMMET DE SON ART, 22 mai 2007
Les films de Joseph Mankiewicz ont en commun une particularité : le raffinement de la mise en scène n'a d'égal que le raffinement des dialogues. Auteur de "Eve", "Chaînes conjugales", "Jules césar", "On murmure dans la ville", Mankiewicz s'est fait une réputation à Hollywood de cinéaste intello, littéraire, pour qui les comédiens n'étaient que pions que l'on bougeait devant une caméra. C'est dans "Eve" qu'il a écrit cette fameuse réplique à propos des acteurs : "Il est temps de rappeler au piano que ce n'est pas lui qui a écrit le concerto".
Ceci pour vous dire que chez Mankiewicz, la parole, le texte, le dialogue compte plus que tout. "l'Affaire Cicéron" en est sans doute le plus bel exemple. L'histoire en deux mots : 1943, un valet d'ambassade (Diello) se décide à vendre aux Nazis des plans top secret, dont ceux du futur débarquement allié en Normandie. Le but de Diello, réunir la somme d'argent nécessaire pour échapper à sa condition de domestique, et surtout, prouver au monde entier sa suprême intelligence. Car il est bien question de cela dans "Cicéron". Des personnages dans des carcans, qui veulent échapper à leur conditions, refaire leur vie, et pour y parvenir, sont prêts à tous les trafics, trahisons, bassesses. La vanité des uns se heurte à la veulerie des autres, dans un grand bal des "faux-cul", dont nul ne sait réellement qui est le chef d'orchestre !
"L'Affaire Cicéron" est aussi un grand film d'espionnage, un jeu de dupes jubilatoire, où James Mason trouve sans doute son meilleur personnage. Le comédien (que je tiens comme un des plus grands interprêtes qui soit) irradie l'écran de son talent, de sa classe, de sa diction, face à une Danièlle Darrieux plus garçe et sensuelle que jamais. Le rythme ne faiblit jamais. Mankiewicz enchaîne les scènes cocasses, les scènes de séduction, de suspens, soulignées de dialogues ciselés à la virgule près, subtils, brillants et drôlissimes et assassins.
"Cicéron" est un immense film, à la fois pointu et divertissant, un classique de ciné-club mais accessible à tous. Un film de genre, ou les bons mots font office de balles, les saillies office de poignards. C'est un des films les plus célèbres de son auteur, qui était un homme exigeant, souhaitant offrir des divertissments de haute tenue aux spectateurs : pari 100 fois réussi !
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Mankiewicz égal à lui-même : impeccable, 5 janvier 2009
Comme d'habitude chez Mankiewicz, réalisation sobre pour scénario brillant, magistralement ficelé. C'est une comédie d'espionnage élégante, pleine de chausse-trappe et de mots acérés, en plus d'une étude de m½urs d'une lucidité cinglante clos par un mythique éclatement de rire de James Mason, brûlant comme un rire trop jaune (on ne sait pas vraiment s'il rit ou s'il pleure, à vrai dire) sur le bûcher des vanités humaines.
L'affaire Cicéron est un bréviaire exhaustif de toutes les servilités, mensonges, courbettes, illusions de pantins inhérents à l'obsession de l'image et de l'arrivisme. Diello est un minable petit rapporteur, sous-fifre d'un cynisme d'envergure cosmique qui sacrifie à toutes les trahisons - quitte à détruire la face du monde à un tournant de l'histoire - en croyant gagner ses tickets pour l'argent, l'exil, le bonheur, l'amour, la vie. Ses désillusions sont autant de jouissances d'ordre quasi orgasmiques pour le spectateur.
Bien que le film fût une commande, il reste l'un des plus grands de son auteur, et le couple Mason-Darrieux, par le rapport faux, sournois, illusoire, sadique - en un mot passionant - qui se tisse entre eux, mérite de rester dans l'histoire aux côtés des plus célèbres prestations homme-femme du cinéma.
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