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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un chef d'oeuvre indispensable, 1 février 2006
Réalisateur expatrié par excellence, le Belge Jacques Frederix, dit Feyder est aujourd'hui oublié, et c'est une profonde injustice. Ce film, le deuxième de ses grands muets à faire l'objet d'une édition DVD(Après L'Atlantide), est assurément son chef d'oeuvre. Il y est question, comme pour Crainquebille et Gribiche, d'enfance, vue non pas du versant pittoresque, mais du coté de la cruauté: cruauté du sort qui prive l'enfant de sa mère, intransigeance de l'enfant qui refuse la nouvelle épouse de son père; sur ce canevas, Feyder fait dire à ses interprètes, petits et grands, la douleur et la jalousie, le désespoir et l'injustice, se refusant systématiquement le confort du manichéisme: pas de marâtre à la Folcoche, mais une belle-mère attendrissante. Pas de héros à la Dickens, mais un jeune garçon en révolte, qui refuse les nouvelles venues, sa belle -mère et la fille de celle-ci, dont il manquera provoquer la mort. Dans le rôle principal, Jean Forrest est génial, et ceci n'est pas son premier travail avec Feyder: la grande complicité qui les unit est fructueuse. Si le film, bien que mélodramatique, se termine bien, c'est aussi parce que c'est l'ordre des choses; Feyder, qui a ancré ses personnages dans un paysage montagnard, dans lequel la neige rhytme le passage immuable des saisons, a su nous montrer le passage d'une tempête sous le crane d'un enfant, qui saura grandir mieux, et plus fort. Ce souci de mettre en relation les personnages et le décor est une des obsessions de Feyder, qui sait tisser des liens entre le drame de St Avit et le Sahara(L'Atlantide), entre dom José et l'Andalousie(Carmen), entre Crainquebille et les marchés et le pavé Parisiens... Jusqu'aux Bourgeois inquiets de La Kermesse Héroïque qui évoluent dans un village Flamand plus vrai que nature. Une autre constante du cinéma de Feyder, le thême du choix d'un destin, prend ici une tournure plus dramatique encore, lorsqu'un enfant se place de lui-même en lutte contre toute sa famille, afin de laisser éclater sa colère et sa tristesse. Comme St-Avit dans l'Atlantide, Jose dans Carmen, l'enfant a choisi son destin, et aurait peut-être pu l'assumer jusqu'au bout, jusqu'à la mort, afin de ne pas avoir tort. Voila un film indispensable a toute personne interessée par le muet, et admirablement restauré.
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