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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Le meilleur du doom/death en live, 6 mai 2008
« An ode to woe » n'est pas vraiment un nouvel album de MDB, mais un CD live, accompagné d'un DVD bonus, le tout dans un superbe packaging rappelant les grandes heures du doom/death anglais. Comme le groupe a déjà sorti un live en 2002 (« The voice of the wretchted ») et deux DVD, dont le superbe « Sinamorata » en 2005, la question de la légitimité de ce nouvel objet se pose d'emblée, d'autant plus que la vidéo est dispo sur le net depuis longtemps...
Insistons, tout d'abord, sur le fait que le DVD n'est « qu'un bonus ». En effet, d'un point de vue formel, il ne rivalise pas avec son glorieux aîné, loin de là : lumières blanches aveuglantes, mise en son parfois douteuse (larsens...), etc. L'accent est surtout mis sur Aaron, le vocaliste (c'est vrai que c'est lui qui attire les regards...), et on en oublie un peu les autres, en particulier Léna, la nouvelle bassiste, toute jeune et toute menue, et si impressionnante avec sa six-cordes. Cependant, la set-list, très équilibrée, ne donne pas cette impression de monotonie que pouvait avoir « Sinamorata ».
Il faut dire que cette toute nouvelle section rythmique propulse le groupe à un niveau supérieur, et ce n'est pas un hasard si, pour la première fois, on entend si bien la basse dans MDB. Quant au nouveau batteur, Dan, son aisance fait oublier le style pourtant si personnel de Shawn Steels (ex-Anathema). Le son du groupe est également plus original qu'à ses débuts, grâce surtout à Hamish, guitariste plus habile que son compère, et qui laisse davantage paraître sa personnalité. Les claviers de Sarah (ou « Morticia », devrais-je dire ???) sont mieux utilisés que sur le précédent live, et font enfin oublier le violon des débuts (« For you »). Dommage qu'elle ait l'air de s'ennuyer à ce point ; ça n'a pas l'air marrant de jouer des claviers dans un groupe de doom... Et Aaron, malgré quelques blancs et une mise en place un peu difficile au début, est toujours ce maître de cérémonie incroyable, vivant ses textes et donnant libre court à sa folie sur les passages les plus « death ». Son style laconique reste inimitable (mais il faudra lui dire qu'il commence à avoir un sérieux problème capillaire...).
Maintenant, la set-list. Comme je l'ai déjà dit, elle est très équilibrée, et montre le groupe à son plus haut niveau. Beaucoup de titres sont plutôt accrocheurs (« My hope the destroyer », « For you », « Like gods of the sun », morceaux souvent oubliés des prestations précédentes) ; on a droit à quelques surprises (« The whore, the cook and the mother », l'antique « The snow in my hands »), et ce qu'il faut de classiques (le fascinant, énigmatique et oppressant « The cry of mankind », « The dreadful hours », épuisant d'émotion...). Relativement peu de vocaux death par rapport à d'habitude, ce qui ne leur donne que plus d'efficacité lorsqu'ils surviennent enfin (« Catherine Blake » : terrifiant). Petit regret : deux extraits seulement de l'excellent dernier album, « A line of deathless kings », c'est peu - mais n'oublions pas que le groupe a accueilli, en peu de temps, deux nouveaux membres... Bon, de toutes façons, le but n'est clairement pas de gagner de nouveaux fans (cf. les passages dissonants de « The blue lotus », un peu arides pour les débutants, et le brutal « The forever people », qui permet à Aaron de se libérer, en fin de concert, de toute la tension accumulée) : ça reste du doom/death, lent, lourd et sombre à souhait !
En tant que fan, je dirai donc que la sortie de ce live se justifie par le choix d'une set-list exemplaire et la mise en valeur d'un line-up meilleur que jamais. Le CD est une excellente introduction à la musique du groupe, mais quelqu'un qui voudrait le découvrir par un DVD fera mieux de se ruer, et plus vite que ça, sur « Sinamorata ».
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