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7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Le poids (et le pouvoir) des mots....le choc des images....., 5 mai 2009
La compagnie "Les films touille-cerveaux prêchant dans le désert" présente : "La question humaine". Un film de Nicolas Klotz, sur un scénario d'Elisabeth Perceval, d'après le roman éponyme de François Emmanuel :)
Très friand de films traitant de l'entreprise et du travail, et appâté par ses excellentes critiques, je tenais absolument à voir ce long-métrage, bien que n'ayant pas (encore ?) la maturité et la culture nécessaires pour apprécier pleinement ce cinéma dit "d'auteur". J'ai enfin pu l'emprunter à ma bibliothèque municipale (inutile de préciser, étant donné sa confidentialité, que vous éprouverez les pires difficultés à le trouver chez votre vidéoclub, s'il vous en reste un :)).
Le film traite de grands sujets : le pouvoir, la mémoire, la mort. A grands sujets, grande forme : casting prestigieux (Amalric, Lonsdale, Kalfon...), réalisation précise, photo et B.O (Syd Matters, "Temptation" de New Order, Schubert, superbe) de haute tenue. Tons dans les bleus, gris, beiges, noirs. Décors minimalistes, austères (Matthieu Amalric, cadre, semble vivre dans un grand dénuement). On n'est pas là pour rigoler, mais on ne peut s'en empêcher quand des cadres s'embrassent à pleine bouche en pleine rave ou quand un candidat à l'embauche s'adresse à son potentiel futur DRH comme on parle à son psychiatre (même si ce DRH est aussi psychologue). Digressions parmi d'autres qui confèrent au film de Nicolas Klotz un côté surréaliste, sans doute recherché. Les caractéristiques habituelles de ce genre de cinéma sont bien présentes : lenteur exacerbée du rythme, longueurs, côté nombriliste notamment dans les relations d'Amalric avec ses maîtresses (quelques dialogues un peu crûs à la Angot/Breillat). Du monde de l'entreprise il n'en est finalement que peu question (filmée en extérieur, et seuls cadres et dirigeants apparaissent), on sort assez vite des bureaux étriqués pour se retrouver projeté dans l'infiniment grand de l'Histoire. Le film entend (de façon qu'on pourra trouver douteuse ou grossière) établir un parallèle, montrer les similitudes entre le jargon de la culture d'entreprise (ou "novlangue") et celui qu'utilisaient les nazis : mêmes termes ultra-techniques, codifiés, déshumanisés (les salariés sont évoqués en tant qu'"unités"). Alors quoi ? Multinationales et fascistes, même combat ? "Plans sociaux" (sic) d'aujourd'hui = "Actions spéciales" d'hier ? Le piège ne consisterait-il pas à n'y voir que ça ? Je suppose que chacun y verra ce qu'il voudra bien y voir. Le dernier quart-d'heure, fort beau et poignant, est assimilable à un exercice de devoir de mémoire. Un film qui fait réfléchir. Mais faut s'accrocher....
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Petite introduction à la "gestion des ressources humaines", 22 avril 2009
Ce film dérange par son thème et par sa construction et c'est le meilleur compliment que l'on puisse lui adresser. Il montre, en finesse, deux réalités singulières. D'une part, le monde de l'entreprise d'aujourd'hui avec ses normes de comportement, ses petits soldats, sa novlangue ultra-positive et ultra-moderne (performance, rentabilité, gestion optimisée, ressources humaines). Il n'est pas besoin d'insister sur l'actualité du propos dans le monde du travail de la rentrée 2009... D'autre part, l'omniprésence d'un passé qui ne passe pas, dans la mesure où il explique nos sociétés contemporaines. C'est ce que montre ce film: l'horreur de la Shoah - vocabulaire inique de justification, obéissance aveugle à une technologie macabre... "La question humaine" n'assimile pas les deux tableaux, ce qui serait bien naïf. Il invite au contraire à la réflexion. Quel est ce langage qui régit nos actions quotidiennes? Que révèle-t-il de l'état de notre société? Est-il aussi neutre qu'on le dit? Pourquoi et comment s'en préserver? Le personnage joué magnifiquement par Mathieu Amalric, d'abord cadre bien soigné et obéissant, perd pied peu à peu en se réveillant: que fait-il là? Qu'a-t-il fait dans le passé? Est-il prêt à refaire la même chose?
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