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14 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Grand film français, grand film tout court, 2 janvier 2009
Le meilleur film de Desplechin. Sans aucun doute un des grands films français de ces dernières années, à mes yeux peut-être le plus grand. Pourquoi? Un réalisateur très talentueux accède à la grandeur en radicalisant les traits fondamentaux de son cinéma, tout en s'adressant avec une grande générosité au plus grand public (qui sera prêt à se laisser un peu déstabiliser; espérons qu'il y est encore prêt...). Desplechin a toujours fait des films hybrides qui n'avaient pas de frontières, qui regardaient au-delà des frontières hexagonales, dans l'esprit comme dans leurs références. C'est plus que jamais le cas dans ce film-ci, qui regorge de références (cinématographiques, littéraires, musicales, picturales...) mais en les fondant dans une matière romanesque qui emporte et secoue, qui meut et émeut. Il y a quelque chose de très beau à voir que Desplechin ne fait pas son Bergman ou son Woody Allen, mais que son film les suppose, qu'il ne serait pas le même sans eux, qu'il les a digérés comme toutes ses autres sources. Il a la même croyance qu'eux en la puissance de la fiction, ainsi que de l'exploration des liens entre les êtres, familiaux et amoureux en particulier. Ce que le film dit sur la nature de ces liens, sur le don, sur le jeu, sur tout ce qui fait que les êtres les plus ordinaires sont des héros, voire des mythes (dans la droite ligne de Rois et Reine), tout en étant médiocre comme des humains, tout cela est à la fois magnifique et pathétique, bouleversant et hilarant par moments. Un film ayant un style, un vrai, un rythme (pratiquement pas de temps morts dans ce film qui varie les rythmes autant que les humeurs), un fond qui a trouvé sa forme, cela ne court pas les rues. Deplechin est aujourd'hui l'auteur du cinéma français dont la plénitude n'a d'égale que l'audace. C'est merveilleux à voir. Ne le ratez pas! Et s'il vous irrite ou que vous le rejetez, ce qui est le cas de certains spectateurs, revenez-y peut-être un peu plus tard, dans d'autres conditions. Je suis persuadé que ce film est assez riche et fort pour ne pas laisser indifférent, mais aussi pour susciter des réactions très diverses, peut-être au sein d'un même spectateur. Dernier mot: le film a des dehors réalistes mais ne l'est pas et se donne comme oeuvre d'imagination, de son titre à ses références au merveilleux shakespearien. A partir de là, lui reprocher de ne pas être complètement vraisemblable ne semble pas très pertinent.
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Grand film français, 29 janvier 2009
Un Conte de Noel est délicieusement cruel et poétique, Arnaud Desplechin joue avec des personnages qui ont trop souffert pour se pardonner.
Tous les acteurs sont géniaux, que ce soit Catherine Deneuve en mère malade qui déteste le fils qui peut la sauver, Mathieu Amalric (le fils alcolo et perturbé qui refuse tout amour venant de sa famille), Anne Consigny en femme depressive, Chiara Mastroianni la belle-fille heureuse qui découvre que son couple est né a cause d'un mensonge, Melvil Poupaud en fils en apparence solide comme du roc mais en réalité fragile comme la porcelaine, Jean Paul Roussillon le père un peu paumé qui essaye d'arranger les relations, Emmanuelle Devos ..... Bref ce film est une petite merveille!!!
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Bergman à Roubaix, 25 mai 2009
Un film qui m'a laissé plutôt indifférent. Ni amour ni haine, ni admiration ni aversion. Et pourtant je suis souvent d'accord avec la presse qu'on qualifie d' "intello", mais là, non...
Je ne suis pas rentré dans cette famille, qui n'atteint jamais l'ampleur des mythes antiques ou cinématographiques qu'elle est censée exhumer. Ça sent le souffre, le renfermé, le petit cloisonnement, et même ceux qui devraient déverrouiller la boîte de Pandore sont de pathétiques épaves. A part le gamin, looser mutique et mystique à l'image de l'idiot de Dostoïevski, ainsi que Faunia (Emmanuelle Devos), qui n'est qu'amour au milieu de la tourmente, peu de personnages m'ont touché dans cette symphonie familiale petite-bourgeoise gonflée à la citation jusqu'à éc½urement (Bergman "Scènes de la vie conjugale" et "Sarabande", Hitchcock "Vertigo", etc.)
Qui a enduré une famille "à problèmes" ou verrouillée de l'intérieur sait combien ces petites combines, ces haines et ces mystères sont en fait saisissants de banalité, à l'image du mal "prévisible" dont parle la fille Elizabeth, elle aussi haineuse jusqu'à la névrose. Qu'est-ce qui se cache derrière tout ça ? L'incendie de Rome ? L'explosion de l'Etna ? Tchernobyl ? Non, un "misérable petit tas de secrets" comme disait Malraux. Nous fallait-il une si laborieuse présentation du problème, et l'intervention de Nietzsche pour sa résolution ? Nous fallait-il un sous-bergmanisme de province pour quelques petites algarades prétendument mystiques ?
Qu'on me pardonne, je m'en vais relire une tragédie de Sophocle ou de Shakespeare. Je préfère l'Arcadie à Roubaix.
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