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Les ambitions de l'Amérique impériale, 23 juin 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le grand échiquier (Poche)
Le grand échiquier, c'est l'Eurasie : qui domine l'Eurasie domine le Monde (Mackinder). Hormis l'Empire, le reste ne compte pas et n'apparaît d'ailleurs pas dans l'ouvrage. La reine blanche est l'Amérique impériale, le roi blanc son emblème hégémonique. Depuis la fin de la guerre froide il n'y a plus ni reine ni roi noir, seulement des états candidats à le devenir. Les autres grosses pièces sont les « acteurs géopolitiques importants » et les « pivots géopolitiques ». L'idée de fond de l'auteur est que l'Amérique est le premier empire hégémonique bienveillant de l'histoire, et que celle-ci doit gérer harmonieusement et de façon consensuelle la montée en puissance de ses challengers (essentiellement la Chine) tout en gardant la main sur le tout afin de préserver la paix du monde et la démocratie. Même si l'on n'en accepte pas les prémices (les « valeurs de l'Amérique »), on ne peut dénier à cette vision un niveau de finesse, d'habileté et d'intelligence extrême.
Editée en 97, cette analyse a été confrontée en 2000 à une rivale, celle du PNAC ("Rebuilding America's Defenses") entièrement basée sur une géopolitique agressive de la canonnière. Pour justifier une augmentation astronomique du budget militaire, celle-ci nécessitait cependant l'éclosion d'un « nouveau Pearl Harbour » pour stigmatiser l'opinion. Le miracle ayant eu lieu le 11 septembre 2001, c'est l'option PNAC qui a été retenue par les administrations américaines successives. Un non dit : l'Empire tiendra autant que tiendra le dollar. La crise financière actuelle n'a pas été anticipée.
L'intérêt majeur de l'ouvrage tient aussi à la personnalité de son auteur : un acteur clé appartenant au premier cercle de l'Amérique impériale. Ancien conseiller de Jimmy Carter, conseiller d'Obama, on le retrouve également au Comité Bilderberg, à la Commission Trilatérale ainsi qu'au « Council on Foreign Relations ». Ce livre est indispensable pour comprendre la géopolitique contemporaine.
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Excellent. Pour comprendre la complexité du "Grand échiquier" eurasien, 9 avril 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le grand échiquier (Poche)
Remarquable « petit » livre du conseiller du Président Carter de 1977 à 1981. Tout y est dit ou presque (vu des Etats-Unis du moins) sur les grands enjeux géopolitiques de la planète depuis la fin de la Guerre Froide. Cette analyse faite il y a une dizaine d'années éclaire malgré tout avec beaucoup d'intérêt notre monde actuel (2007).
Il est cependant intéressant de souligner combien la prévision géostratégique est un exercice difficile. L'auteur n'avait évidemment pas prévu le 11 septembre et ses répercussions et encore moins les 2 mandats pour le moins contestables de George W. Bush. Ecrirait-il encore aujourd'hui après l'intervention américaine en Irak : « Sans l'engagement des Etats-Unis, le désordre gagnerait le scène international » ?
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Quoi qu'il en soit la démonstration est très éclairante sur la vision géostratégique mondiale de l'Amérique. Elle se situe très clairement en « Eurasie », continent qui s'étend de Lisbonne à Vladivostok et qui représente 75 % de la population mondiale et les 3/4 des ressources énergétiques. Tant pis pour le « reste du monde » ! Là se joue « le grand échiquier » et là seulement !
L'Amérique, 1ère puissance globale (et probablement la dernière) s'impose (encore) grâce à 4 domaines clés : militaire, économique, technologique et culturel mais pour combien de temps encore ? Comment dégager une géostratégie américaine entre les grandes entités du continent eurasien ?
L'Europe doit s'affirmer et être plus encore la « tête de pont de la Démocratie » notamment pour accueillir les ex-pays du bloc de l'Est.
La Russie après la désintégration brutale de l'URSS en 91 doit définir son ancrage entre une identité « eurasienne » (ni européenne ni asiatique) et une identité européenne. Pour l'auteur, la Russie n'a pas le choix. Celui de l'Europe s'impose. Il y va de sa survie comme en son temps la Turquie kémaliste avait su faire le choix européen et celui de la modernisation pour tourner la page de l'Empire ottoman.
Le « Trou Noir » laissé par la disparition de l'Empire soviétique constitue probablement le chapitre le plus instructif car rarement abordé pour le grand public. Ces « Balkans eurasiens » (9 pays dont 8 de l'ex-URSS + l'Afghanistan) constituent une zone de pouvoir vacant où Russie, Turquie, Iran et Chine ont de « bonnes » raisons d'avancer leurs pions. L'un des principaux enjeux, le contrôle des ressources énergétiques et les tracés des pipelines. Les faire passer par la mer Caspienne pour atteindre l'Azerbaïdjan et de là rejoindre la Méditerranée via la Turquie, c'est empêcher la Russie d'avoir le monopole du contrôle des ressources énergétiques de la région. Une sécurité vitale pour l'Europe.
L'Extrême-Orient enfin qui est en équilibre très instable. La Chine entend devenir puissance régionale voire globale mais l'auteur n'y croit guère. Le Japon hostile à un tel dessein entend accéder à une reconnaissance internationale sans rompre avec les Etats-Unis...Sans oublier Taïwan, la Corée, l'Inde...
Bref, le jeu est d'une complexité majeure pour une Amérique qui sait parfaitement que le maintien de son statut de puissance globale ne pourra être éternel mais qui sait tout autant qu'aucun état isolé ne pourra lui succéder. La solution ? Faire en sorte que l'engagement mondial de l'Amérique « crée un cadre durable pour une coopération géopolitique mondiale ». Il faudrait alors qu'un grand, qu'un très grand président américain succède à George W. Bush !!
Livre passionnant mais qui mériterait d'être actualisé.
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Pour bien comprendre la politique étrangère américaine., 9 avril 2007
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Les Etats Unis ont une politique étrangère qui s'appuie sur une approche géopolitique et économique de notre monde. Cet ouvrage permet de mettre en perspective 30 ans de politique étrangère des EU et de constater, hormis les errements actuels du président Bush, les grandes constantes et les axes d'efforts des américains.
Cet ouvrage qui reste d'actualité, favorise et éclaire la compréhension des prises de position politiques des Etats Unis vis à vis des problèmes du monde et peut être considéré dans la continuité des travaux de l'école de géopolitique américaine.
A mettre dans toute biliothèque de sciences politiques.
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