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5.0 étoiles sur 5
Portrait au vitriol de la grande bourgeoisie, 11 février 2009
Tourné en 1958 par Denis de la Patellière, ce film offre à Jean Gabin un rôle en or, dans un registre qui ne lui est pas familier; presque un contre-emploi. Gabin incarne Noel Schoudler, magnat de la finance,vice-président du fonds monétaire international et grand patron (presse,mines,sucreries).Il est parfaitement glaçant dans ce rôle d'homme d'une dureté inouie, prêt à tout pour conduire ses affaires d'une main de fer;et quand il laisse une responsabilité écrasante à son fils (Jean Desailly,magnifique), c'est pour lui donner une leçon mémorable; la leçon ira plus loin que prévu,et s'achèvera par le suicide de son fils.Autour de Gabin,absolument somptueux dans ce rôle ingrat de patriarche inflexible,on trouve outre Desailly,Bernard Blier en fondé de pouvoir obséquieux,et surtout Pierre Brasseur, dans le rôle du cousin Maublanc,bête noire de la famille,millionaire et débauché.Le face à face Schoudler/Maublanc sera mortel,chacun voulant la peau de l'autre,la victime sera François Schoudler (Desailly).Le début du film,les obsèques du "poête catholique" Jean de la Monnerie,cousin de Noel Schoudler,est une charge féroce contre ce milieu de la haute bourgeoisie, dont on découvre plus tard l'hypocrisie et la bassesse. Gabin est impérial de bout en bout; la scène au cours de laquelle il découvre le corps de son fils, restant debout,figé dans une expression d'impassibilité totale, est particulièrement terrifiante. Sa vengeance,qui s'exercera le lendemain à la bourse contre Pierre Brasseur, sera tout aussi glaçante.
Les dialogues de Michel Audiard, qui abandonne ici son style gouailleur pour un registre sérieux, sont magnifiques et servis par une pléiade d'acteurs endossant leurs rôles de général de brigade,de curé,de membre de l'Académie Française ou encore de banquier(Louis Ségnier,comme toujours parfait) avec un talent absolu. Une charge au vitriol contre une caste intouchable, respectable en apparence, mais dont les manigances la rend particulièrement abjecte. Un très grand film, qui fut d'ailleurs un grand succès à sa sortie, il y a cinquante ans.
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8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Avec Jean Gabin et Pierre Brasseur, deux géants du cinéma français !, 25 septembre 2010
"Les grandes familles" est une comédie dramatique de Denys de la Patellière (1958-1h30)
Scénario : Denys de La Patellière, Michel Audiard (dialogues) et Maurice Druon (d'après son roman)
Photo : Louis Page / Musique : Maurice Thiriet
avec : Jean Gabin (Noël Schoudler), Annie Ducaux (Adéle Schoudler), Jean Desailly (François Schoudler), Françoise Christophe (Jacqueline Schoudler), Patrick Millow (Jean-Noël Schoulder), Aimé Clariond (Gérard de La Monnerie), Jeran Murat (Le général Robert de La Monnerie), Françoise Delbart (Isabelle de la Monnerie), Pierre Brasseur (Lucien Maublanc), Bernard Blier (Simon Lachaume)...
L'Histoire : Noel Schoulder (Jean Gabin) pèse un poids considérable sur l'industrie, la presse et sur tous les milieux de la finance. Il a bâtit sa fortune sur le sucre et fait rapidement fructifier ses autres acquisitions. Sa puissance est telle, qu'il ne supporte pas la contestation et il peut influer la politique pour mettre à mal les ministères. Ses origines de petite paysannerie laborieuse sont vite oubliées par un mariage à la hauteur de ses ambitions. Il épouse une de la Monnerie et entre, ainsi, dans une aristocratique famille dont il va très vite devenir le personnage principal puisqu`il détient les cordons de la bourse.
Le film commence sur l'oraison funèbre du père de Lesquendieu (Julien Bertheau) à la mort de l'aîné des de la Monnerie. Toute la famille est présente de Gérard (Aimé Clariond), le diplomate, à Robert (Jean Murat), le général, en passant par Adèle (Annie Ducaux), la femme de Noel... jusqu'au cousin Lucien Maublanc (Pierre Brasseur), « Lulu », le riche noceur, honte de la famille.
Les dialogues de Michel Audiard font mouche surtout dans la bouche d'un Pierre Brasseur qui se révèle, une fois de plus, comme un formidable acteur. Jean Gabin est un chef d'industrie, despote et arrogant qui m'enthousiasme, une fois de plus, car cet acteur est capable de jouer n'importe quel personnage avec une aisance incroyable. Rien que dans les années 1950, il va jouer d'innombrables personnages aussi variés que le clochard de " Archimède le clochard" , l'ouvrier de " Rue des prairies" , l'armateur dans " Le sang à la tête" , un commerçant dans " La marie du port" , un avocat " En cas de malheur" , entraineur de boxe " L'Air de Paris" , juge pour enfants " Chiens perdus sans collier" , routier dans " Gas-oil" et " Des gens sans importance" , restaurateur dans " Voici le temps des assassins" ... etc... De plus l'indispensable ami de Gabin, Bernard Blier qui joue ici le technocrate ambitieux un rôle quelque peu similaire à celui qu'il tiendra dans le très bon film de Henri Verneuil « Le Président » en 1961.
Conclusion : un très bon film de Denys de la Patellière, taillé sur mesure pour un Gabin surprenant chef d'industrie et financier. La partie divertissement assurée par un autre géant du cinéma français Pierre Brasseur. A voir sans hésiter.
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5.0 étoiles sur 5
grand film, 23 octobre 2011
Pour les amateurs de ce genre de film on ne regrette pas son achat, c'est du grand gabin.
C'est vieux film ne perde pas de leur cachet
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