Autobiographie ? Dans tous les cas, Aurélie Filippetti nous entraîne dans son univers par le coeur. Une rupture sentimentale annoncée et c'est le voyage au travers des idéaux perdus. Le mur de la rupture : rupture amoureuse, politique, idéologique, sociale, générationnelle. Le mur de Berlin. Un mur d'incompréhension et d'opposition qui trace des lignes de fractures insurmontables et brouille à jamais les repères si il tombe.
La poche du titre, c'est celle des fonderies remplie de métal en fusion et au-dessus de laquelle figurait le panneau : si un homme tombe, lui appuyer sur la tête pour qu'il souffre moins. Aurélie nous parle de la lutte des classes à laquelle croyait son père. Elle aussi y a cru longtemps, c'était un mur sur lequel s'appuyer pour raisonner. Le mur est tombé. Que reste-t-il sinon l'exploration de l'autre par amour ? Et quand l'amour s'en va, la difficulté quasi insurmontable de continuer à être.
Le ton n'est jamais mièvre, les sentiments y sont illustrés de manière très vivante au féminin. Ce livre se dévore d'un coup.