Soyons honnêtes : ça commence mal... Eh oui, vous achetez un livre à teneur scientifique, de Recherche au sens noble, sensé vous donner les clés d'une vie en meute primitive. Et on vous raconte la jeunesse d'un môme lambda au fin fond du Norfolk. Et son engagement dans l'armée !!! Ouh! Un léger goût de déjà remâché.. Ouh là !
Et puis, ça commence. Pas l'histoire, parce qu'elle avait commencé il y a bien des pages ! Non, on commence à comprendre pourquoi il raconte tout cela AVANT.
Bien sûr : comment expliquer une passion viscérale et une expérience au delà de vous-même si vous ne la rattachez pas au monde qui vous a entouré, vous qui n'êtes plus vous mais d'autant plus vous que votre société est celle des loups et plus celle des hommes ?
Palpitante avancée dans les profondeurs de la meute, sans pour autant parler de soi Shaun Ellis soulève tant et tant de questions sur le « malgré soi », l'avancée vers ce pour quoi on est FAIT, malgré la société, malgré le danger (dans tous les sens de ce terme : Jusqu'où me mènera cette « différence » que je porte ? Où se situe la barre de la folie ? Où vais-je si je suis seul à le faire ? Combien de temps puis-je vivre ainsi ? Etc )
Les paliers dans la progression de son apprentissage du loup, de son respect et de cette humilité qui lui fait accepter chacune des règles primitives et primales, nous entraînent, tels des paliers de décompression, toujours plus profond dans la vie animale et le respect de la pureté des origines. De l'importance de l'ÉCOUTE et de l'observation. Ne l'oublions pas : nos lévriers font partie de l'une des trois espèces de BASE, si peu croisées que c'est la même douceur de sa tête sur leurs genoux que ressentaient les premiers Pharaons...
J'ai aimé la sauvage douceur de ce livre, et cette grande humilité de Shaun Ellis, jusque dans sa façon d'écrire.
Mais tout cela est question de goût, n'est-ce pas ? :)