Ecrit et réalisé pat le tchadien Mahamat-Saleh Haroun, musique du sénégalais Wasis Diop, 'Un homme qui crie' (« n'est pas un ours qui danse », titre emprunté au martiniquais Aimé Césaire) raconte l'histoire d'Adam, 55 ans, endetté, un ancien champion de natation (que tout le monde, parce que tout le monde le connait du coup, appelle 'champion'), qui travaille comme maître-nageur de la piscine d'un bel hôtel de la ville (le pays et la ville importent peu finalement : nous sommes en Afrique, dans un pays en guerre) géré par une asiatique (probablement une chinoise, les chinois étant désormais très présents un peu partout en Afrique), marié, un grand fils qui s'occupe avec lui de la dite piscine, qui perd son travail au profit de son fils (car deux personnes autour de la piscine, c'était devenu de trop pour la propriétaire). C'est alors que son fils est incorporé de force dans l'armée gouvernementale, ce qui permet à Adam de retrouver son travail auquel il tient tant... Mais un peu plus tard, se présente à Adam et à son épouse, la 'copine' de leur fils entre-temps au combat, enceinte de lui...
Tranchant comme le couperet d'une guillotine, ce long-métrage implacable nous plonge dans l'enfer d'un homme faible, égoïste et lâche (et ne nous arrive-t-il pas à tous de l'être à un moment ou à un autre de nos vies respectives ?) que la honte et la douleur vont submerger comme une lame de fond.
Tourné d'une manière extrêmement 'économe' (ce qui le rend encore plus incisif) et interprété avec une totale justesse, ce film d'exception à ne pas manquer (il est plus que regrettable que de tels longs-métrages ne passent quasiment jamais à la télévision sur des chaînes et à des heures de grande écoute) est une ½uvre forte et rare dont l'amertume vous restera quelque part du côté du c½ur plus que de la gorge !