HORS D'ATTEINTE (1998) est une sorte de répétition générale avant OCEAN ELEVEN. Le même réalisateur, la même vedette (Clooney venait tout juste de retirer sa blouse de docteur), les seconds rôles, et le style. Ce style à la cool, musique seventies, filtre de couleur, une légèreté dans le ton, une séduction de tous les instants, des méchants un peu bêtes, et des escrocs charmants. Le spectre de L'AFFAIRE THOMAS CROWN plane, en moins sulfureux (mais 20 ans ont passé, précisons-le...).
Faut-il vraiment résumer cette intrigue, un brin confuse, faites de flash-back ? Disons qu'un fameux cambrioleur s'évade de prison, tombe par hasard sur une agent du FBI, qu'il en tombe raide dingue, jusqu'à compromettre son coup suivant, pour les beaux yeux de la belle fliquesse, qui justement travaille dans l'équipe chargée de le remettre en taule.
On retrouve à mon sens le sel qui faisait les comédies américains de la grande époque, les duos Cary Grant / Katherine Hepburn. Les personnages se cherchent, se disputent, se troublent, s'éparpillent pour mieux se retrouver, le tout sur une intrigue toute en rebondissements. Les scènes de séduction sont évidemment les meilleures du film, comme celle du restaurant. A noter aussi cette séquence fantasmée de Jennifer Lopez, rêvant de surprendre Clooney assoupi, dans son bain. Magnifique idée. Pour le reste, Soderbergh remplit son contrat, entre comédie, baston, suspens, et galerie de bras cassés ridicules et attachants. Son scénario astucieux tient la route, on s'y amuse franchement. Un mot sur Jennifer Lopez, actrice insipide par excellence, qui trouve ici certainement son meilleur rôle, sensuelle à l'extrême, même avec un calibre à pompe dans les mains. George Clooney, co-producteur avec Soderbergh, est égal à lui même, nonchalant et classieux. Notons la réjouissante prestation de Michael Keaton, en flic bas du front.
Du bon cinoche, de la série B, un peu longuet, mais divertissant.