Idées clés, par Business Digest
En retrouvant un rythme de 2% par an, les économies occidentales reviennent en fait à une norme historique. Or, les gouvernements ont fondé depuis des décennies leurs politiques et le développement de l'État Providence sur une croissance exponentielle ; il faut donc aujourd'hui se réadapter.
Privilégier le protectionnisme serait une erreur fatale
La tendance aurait facilement été de faire supporter la crise aux pays en voie de développement en leur fermant les portes du commerce international. Or, seuls l'ouverture et les échanges permettront la reprise mondiale. Les gouvernements occidentaux, en particulier européens, doivent donc concentrer leur action sur les facteurs structurels et internes de la crise.
Les États doivent relégitimer leurs politiques
Pour eux, l'heure des choix a sonné. Nous sommes peut-être à la fin d'un cycle de récession.
Pour sortir de la crise, les agents économiques doivent faire leur deuil de la prospérité. De son côté, l'État devra inéluctablement procéder à des arbitrages entre les bénéficiaires (retraités, famille, malades) actuels de l'État Providence et privilégier la lutte contre le chômage.
Futuribles
En étudiant l'histoire du siècle passé, plutôt que la seule histoire des années d'après-guerre, l'auteur montre que c'est la croissance économique d'après-guerre qui devient exceptionnelle et non pas les années de crise qui ont été pathologiques. Face à ce ralentissement de la croissance économique, les pays européens de la Communauté, qui se sont révélés incapables de coordonner socialement les créations d'emploi comme de se résoudre à imposer la concurrence sur le marché du travail, se sont laissés prendre au piège d'une montée du chômage. En outre, la croissance de l'Etat-providence n'a été rendue possible que grâce à la prospérité exceptionnelle de l'après-guerre et non pas l'inverse. Privés de la croissance rapide, les pouvoirs publics doivent maîtriser leurs dépenses au lieu de les laisser croître tout à la fois. Simultanément, l'individualisme s'est substitué aux valeurs de solidarité et l'orthodoxie monétaire a remplacé l'apologie des déficits publics. Il s'agit donc de réorienter les dépenses de l'Etat-providence en faveur de l'emploi au détriment des autres postes. Selon Daniel Cohen, l'Etat devra imposer de nouveaux arbitrages contre les bénéficiaires actuels de l'Etat-providence (retraités, malades et familles) en faveur des exclus de la société, en l'occurrence les chômeurs.
Ne voulant pas prendre la croissance économique des années soixante comme modèle, l'ouvrage de Daniel Cohen propose des pistes de recherche pour s'adapter au nouvel environnement économique de cette fin de siècle. --Futuribles-- --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.