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ives : concord sonata - barber : sonate pour piano [CD]

Marc-André Hamelin CD
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Détails sur le produit

  • Interprète: Marc-André Hamelin
  • Compositeur: Charles Ives
  • CD (3 septembre 2004)
  • Nombre de disques: 1
  • Format : CD
  • Label: Hyperion
  • ASIN : B0002JEJQK
  • Autres éditions : Téléchargement MP3
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
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1. I. emerson. doucement
2. II. hawtcore.très rapide
3. III. the alcotts
4. IV. thoreau. début doucement puis rapide
5. I. allegro energico
6. II. allegro vivace e leggiero
7. III. adagio mesto
8. IV. fugue. allegro con spirito

Descriptions du produit

IVES : CONCORD SONATA - BARBER : SONATE POUR PIANO

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5.0 étoiles sur 5 UN FAUX ANAR' ET UN FAUX REAC' REVISITES. 26 décembre 2012
Par Gérard BEGNI TOP 1000 COMMENTATEURS
Format:CD|Achat authentifié par Amazon
UN FAUX ANAR' ET UN FAUX REAC' REVISITES.

Je dois ici faire mon autocritique par rapport à 40 années de préjugés tant sur Barber que sur Ives. Ami lecteur, mon objectif est de vous amener à peut-être vouloir réécouter ces deux compositeurs, mieux les connaître à l'aune de votre propre sensibilité car je pense qu'ils le méritent et que vous y trouverez intérêt.

IVES d'abord. Pour moi, c'était une sorte d'Eric Satie américain conscient du fait que les USA ne sont pas Arcueil, mâtiné d'un douanier Rousseau qui aurait eu le sens des affaires. Pourtant, je connaissais bien les 3° et 4° symphonies, `Central Park in the dark' et `The unanswered question', à mon goût sa meilleure aeuvre. Mais pour moi ces aeuvres certes spectaculaires, atypiques, intéressantes au sens étroit du terme, étaient celles d'un "compositeuer-amateur" au sens étymologique (tout aussi étroit) du terme : un Monsieur qui «pose ensemble des choses qu'il aime», des plus simplettes (chansons, chants religieux, hymnes patriotiques, extraits-hommages de prestigieux prédécesseurs) jusqu'aux plus compliquées (polyrythmie, accords complexes, enchaînements harmoniques insolites, timbres singuliers) sans se préoccuper d'une quelconque cohérence ni dans la simultanéité, ni à court, moyen et long terme.

Cela ne veut pas dire que l'on ne trouve pas intérêt à écouter ses aeuvres, car l'auteur est phénoménalement doué et a le sens de l'efficacité immédiate dans ce foisonnement apparemment si désordonné. Je ne reviens pas complètement sur ce jugement. Le pensant sincèrement partiellement vrai. Mais trois faits m'ont conduit à le revisiter, sans toutefois m'éclairer sur une utopique « vérité Ives ».

(1) L'amitié et l'incontestable influence (quoique clairement critique) entre Ives et Eliott Carter qui nous a quitté le 05/11/2012, incontestablement pour moi le meilleur compositeur américain, et probablement un des plus exigeants de la deuxième moitié du XX° Siècle. Carter partira d'Ives (et de quelques autres) pour dégager une logique compositionnelle à partir d'une musique qui traduisait une révolte et une rupture salutaires mais qui n'avaient pas trouvé leur logique structurante.
(2) L'audition alternativement sans et avec partition de la Concord Sonata (gratuite chez IMSLP). Une telle expérience ne fait pas découvrir un quelconque ordre caché. L'impression d'un certain chaos structurel demeure. Mais elle fait entendre sinon comprendre des équilibres subtils, difficilement analysables, qui ont permis à Ives de composer une des plus longues sonates pour piano depuis l'op. 106 de Beethoven et qui mérite de rester dans le thesaurus de la musique classique occidentale. J'y reviendrai.
(3) En creux se pose la relative déception que m'a apporté le livre Ives: Concord Sonata: Piano Sonata No. 2 dans l'excellente collection « Cambridge music handbooks », Celui-ci, écrit et documenté selon les canons universitaires orthodoxes, reste à la surface des choses : chronologie, emprunts thématiques réels ou hypothétiques. C'est comme si, démuni de tout outil, vous vouliez manger une noix de coco, tombiez sur un botaniste qui vous fasse un cours savant sur son écorce et reparte sans la casser. Qu'un musicologue écrive dans une collection remarquable sur cette sonate sans en révéler aucun mystère compositionnel laisse bien entendre qu'il y a là une réelle valeur musicale enfermée dans une écorce particulièrement dure à percer . Toute oeuvre d'art, même réputée « facile » a sa part de mystère. C'est ce qui distingue l'artiste de l'étudiant doué. Mais qu'il soit impossible à un professionnel chevronné d'en repérer le moindre élément de langage, qu'il soit de l'ordre de l'instant ou de l'architecture (hors de l'identification thématique), voilà qui pose question.

BARBER ensuite. Si Ives était pour moi le Satie américain, Barber en était le Saint-Saëns. Brillant, savant, plus bardé de diplômes qu'un héros de l'Union Soviétique ne l'était de médailles, mais conventionnel, académique, froid, quelque peu « démago », et - osons le dire - « réac » comme tant d'américains respectables. Son « adagio » op. 11 était pour moi la transcription musicale d'un gâteau américain. ...

LES QUATRE POINTS CARDINAUX DE LA SONATE POUR PIANO AMERICAINE

Il me semble utile de situer cette revisite dans une perception de l'existant en matière de sonate américaine pour piano.

Il n'y a pas de vérité en ce domaine et que toute contestation sera une contribution utile au débat. Toutefois, selon moi on peut considérer qu'il y a quatre grandes sonates américaines : celles de Ives, de Barber, de Copland (attention, celle en Réb), et de Carter. Il est bien difficile et vain de vouloir les interclasser. Chacun a été tiraillé entre plusieurs tendances - soit dans le temps, soit au sein d'une même aeuvre. il y a eu un Copland «avant-gardiste», quasiment inconnu. Il est plus bénéfique de tenter de démêler l'écheveau de la `Concord Sonata' par rapport à des partitions comme ses symphonies ou des bijoux comme `The unanswered question' ou `Central Park in the Dark', ou ses fraîches et naïves mélodies, et de réfléchir à l'énergie `à la Prokofiev' de la sonate de Barber par rapport au sirop sans colorant mais très conservateur que l'on nous sert sous le nom de `Adagio pour cordes op. 11' - et son énergique finale fugué récapitulatif. Il est intéressant de noter que la critique considère généralement que Carter est devenu Carter avec trois aeuvres emblématiques (voir Elliott Carter) : sa sonate pour piano, sa sonate pour violoncelle et piano, son premier quatuor (opinion que je ne considère dévaluatrice pour le premier quatuor mais ce n'est pas le sujet). La sonate de Carter « élève » de Ives est la première de ces aeuvres. Carter respectait Ives qui l'a beaucoup influencé intellectuellement, mais il était pleinement conscient d'un certain amateurisme révolutionnaire et anarchisant, de sa force propulsive mais aussi de ses limitations inhérentes.

Mon message est double.

(I) Chacune de ces sonates est une photographie instantanée d'un torrent impétueux, un chef d'aeuvre qu'il faut étudier en lui-même, puis dans le contexte de l'évolution du compositeur, sachant que l'exercice est difficile, mais infiniment instructif pour comprendre ces compositeurs si attachants. Il faut faire un effort similaire pour d'autres aeuvres du même compositeur qui peuvent s'avérer totalement différentes (c'est vrai pour les quatre).
(II) La comparaison académique entre ces sonates étant vaine, il est intéressant de les connaître pour comprendre qu'il n'y a pas d' « american way of composing » (hors école minimaliste de la 2° moitié du XX° Siècle), tout au plus une « way of thinking » assez indéfinissable.

LE PREMIER POINT CARDINAL : LA « CONCORD SONATA » DE CHARLES IVES/ GENERALITES

Publiée en 1920, retouchée de manière mineure ultérieurement, la Deuxième Sonate pour piano semble l'archétype du défi « anarchiste » à l'académisme. On trouve en effet dans ses quatre immenses mouvements toutes les innovations jalonnant la musique du XXe siècle : atonalité et polytonalité, polyrythmie, clusters, citations et collages - y compris des passages classicisants qui « dissonent » au sein de ce contexte.

Ces complexités dans les juxtapositions et superpositions temporelles, tant dans le plan d'ensemble que dans les structures à micro-échelle, induisent un langage harmonique difficilement analysable, qui se souvient de la tonalité sans jamais l'évoquer ostensiblement sinon par désir de provocation ou de violent contraste, mais refuse de donner le sentiment de l'atonalité ou de la polytonalité affirmée. Le langage semble se résumer à une gourmandise acoustique dans la crudité de la juxtaposition et la superposition d'éléments que son génie - car c'est bien de génie qu'il s'agit là - dicte au compositeur. On pense évidemment à la Hammerklavier de Beethoven par ses quatre mouvements et sa durée: l'opposé par le langage et le mode de pansée, mais la même ambition créatrice vorace et le combat apparent CONTRE l'instrument. Lire la suite ›
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Par JRL
Format:CD
Charles Edward Ives est né en 1874 à Danbury, Connecticut (USA). Son père, George Ives, était chef de la musique de l'artillerie de l'union dans l'armée des États-Unis durant la guerre de Sécession. L'une des choses ayant pu avoir influencé sa future esthétique musicale fut d'avoir écouté dans la place de Danbury la fanfare de son père jouant simultanément avec d'autres fanfares venant des autres côtés de la place. Celui-ci lui donna quelques cours de théorie musicale avec une grande ouverture d'esprit, encourageant son fils à expérimenter des harmonisations bitonales voire polytonales ; Charles Ives s'entraîna ainsi à chanter des mélodies dans une tonalité, tandis que son père l'accompagnait dans une autre tonalité. Son père lui fit également découvrir la musique de Stephen Foster (1926-1964), le créateur de la chanson populaire américaine. Charles Ives partit pour New Haven en 1893, fut diplômé à l'Hopkins School puis, en septembre 1894, suivit à l'Université de Yale les cours d'Horatio Parker (1863-1919), et y termina ses études dans des domaines très divers, comprenant le grec, le latin, les mathématiques et la littérature. Il eut une remarquable carrière dans les assurances, fut président de « l'Ivy League », association élitiste regroupant les meilleurs des anciens élèves des huit plus anciennes universités privées du nord-est des États-Unis, tout en étant à cette époque un compositeur prolifique, jusqu'à ce qu'il soit victime d'arrêts cardiaques en 1918. En 1930, il prit sa retraite, ce qui lui donna plus de temps pour se consacrer à la musique, mais il resta incapable d'écrire de nouvelles compositions, révisant toutefois dans les années 1940 sa « Concord Sonata » pour piano. La musique de Charles Ives fut ignorée pendant presque toute sa vie, et beaucoup de ses oeuvres durent attendre de nombreuses années avant d'être créées ; Henry Cowell (1897-1965) et Elliott Carter (né en 1908) furent parmi les premiers défenseurs de sa musique. Ives est mort en 1954 à New York. Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter deux Sonates pour piano, quatre Sonate pour violon et piano, un Trio avec piano, deux Quatuors à cordes, « The Unanswered Question » pour formation de chambre, « Central Park in the Dark » et dix « Sets » pour orchestre de chambre, deux « Sets » pour orchestre, dont « Three Places in New England », cinq Symphonies, dont la « Holidays Symphony », plusieurs oeuvres chorales pour Choeur ou pour Choeur et orchestre, ainsi que cent quatorze Mélodies.

Samuel Osborne Barber est né en 1910 à West Chester, Pennsylvanie (USA). Il étudia au Curtis Institute of Music à Philadelphie, où il fit la connaissance de Gian Carlo Menotti (1911-2007), avant de devenir élève de l'American Academy de Rome en 1935. L'année suivante, Samuel Barber écrivit son Quatuor à cordes Op. 11 en si mineur, dont il arrangera plus tard le second mouvement - à la suggestion d'Arturo Toscanini - pour orchestre à cordes sous le nom d'Adagio for Strings, puis pour choeur sous le nom d'Agnus Dei. Ce mouvement, devenu très populaire, est utilisé pour les funérailles d'État et les services commémoratifs publics des États-Unis depuis la mort de Franklin D. Roosevelt. Pendant la seconde guerre mondiale, il servit dans l'Army Air Corps, où on lui commandita sa seconde Symphonie, « Symphony Dedicated to the Air Forces », créée début 1944 par Serge Koussevitsky à la tête du Boston Symphony Orchestra. Barber révisa la partition en 1947, puis la détruisit en 1964 ; elle a récemment été reconstituée. La musique de la maturité de Barber est notamment caractérisée par l'utilisation de la polytonalité (Symphonie N° 2), de l'atonalité (« Medea », « Prayers of Kierkegaard »), du dodécaphonisme (« Nocturne », Sonate pour piano) et du jazz (« Excursions », « A Hand of Bridge »). Il fut très affecté par l'échec de la première, le 16 Septembre 1966, de son troisième Opéra, « Antoine de Cléopatre », mis en scène par Franco Zeffirelli, échec en partie dû aux nombreux fiascos techniques ayant émaillé la représentation. L'Opéra avait été composé pour l'ouverture du nouvel Metropolitan Opera House du Lincoln Center de New York ; atteint d'une dépression, Barber vécut plusieurs année totalement reclus. Il est mort d'un cancer à New York en 1981. Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter une Sonate pour piano, une Sonate pour violon et piano (qui avait reçue le Prix Joseph H. Bearns de la Columbia University, partition perdue ou détruite ensuite par le compositeur), le célèbre Quatuor à cordes et ses dérivés, « Summer Music » pour Quintette à vent, un Concerto pour piano, un Concerto pour violon, un Concerto pour violoncelle, le « Capricorn Concerto » pour flûte, hautbois, trompette et orchestre à cordes, deux Symphonies, trois « Essay for Orchestra », « Music for a Scene from Shelley », l'Ouverture « The School for Scandal », le Ballet « Medea », « Prayers of Kierkegaard » pour soprano, choeur et orchestre, trois Opéras, « Vanessa », « A Hand of Bridge » et « Antoine de Cléopatre » déjà mentionné, ou bien encore des oeuvres vocales, « Knoxville: Summer of 1915 » sur un texte de James Agee, et « Dover Beach » sur un texte de Matthew Arnold.
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