Extrait
WORK SONGS ET SPIRITUALS
(1619-1865)
Actualité
La société. Depuis sa découverte, le Nouveau Monde exigeait, pour sa colonisation, une main-d'oeuvre bon marché que l'on avait d'abord recrutée parmi la population indigène. Ému dès 1515 par le sort de cette dernière, le prêtre Bartholomé de Las Casas était intervenu auprès des autorités espagnoles. Sur ses conseils imprudents, l'Europe s'était rabattue vers l'Afrique qui fournissait une main-d'oeuvre d'autant plus soumise qu'elle était déportée en terre étrangère. L'attrait des produits tropicaux incitait les négociants européens à investir dans le commerce triangulaire, au nom du libre commerce et de la civilisation : des objets manufacturés étaient exportés vers la côte ouest-africaine pour être échangés auprès des souverains locaux contre du «bois d'ébène» (surnom donné aux cargaisons d'esclaves), celui-ci étant à son tour échangé aux Amériques contre café, tabac, sucre, riz, coton, indigo... Capturés toujours plus loin à l'intérieur des terres par des marchands arabes ou africains, marqués au fer rouge, les esclaves étaient entassés comme du bétail dans des embarcations aménagées dans un souci de rentabilité maximale, et leurs effectifs au départ prenaient en compte une forte mortalité au cours de la traversée. Retapés au large des côtes américaines le temps d'une quarantaine, ils étaient exposés, vendus et conduits vers la plantation de leur propriétaire, où les plus chanceux devenaient domestiques, les autres étant affectés aux travaux agricoles selon des cadences et des horaires que l'on n'exigerait pas d'une bête de trait. En 1619, vingt serviteurs noirs sont débarqués à Jamestown (Virginie), premier établissement permanent du Nouveau Monde, fondé en 1607. D'autres travailleurs noirs suivront, à La Nouvelle-Amsterdam (New York), à Boston. Les premiers sont pourvus d'un contrat, mais, dès 1640, l'esclavage est attesté dans les colonies anglaises d'Amérique du Nord. En 1661, il trouve ses premières dispositions légales avec le premier «code noir» en Virginie. À la déclaration d'indépendance (1 776), les Noirs des nouveaux États-Unis sont 750000. Ce chiffre s'élève à 2 millions en 1830, à près de 4 millions et demi en 1860. Dès 1688, la secte des Quakers conteste l'esclavage. Tout au long du siècle des Lumières, l'opinion antiesclavagiste gagne progressivement du terrain. En 1 794 en France, la Convention abolit l'esclavage (rétabli par Napoléon dès 1802). En 1808, les Britanniques votent l'abolition de la traite des esclaves (l'émancipation des hommes déjà en esclavage n'étant votée qu'en 1833). Au congrès devienne, en 1815, les puissances européennes condamnent la traite des noirs. Les négriers sont désormais hors la loi. Dans le Sud des États-Unis, une logique d'élevage (sélection, reproduction forcée) succède à une logique de déportation.
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--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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Présentation de l'éditeur
Des premiers work songs aux métissages multiethniques, des gospels aux expériences électroniques, du blues aux rapprochements avec le hip-hop, le Jazz dans tous ses états aborde, en suivant
la chronologie, les grandes phases de l'histoire du jazz : spirituals, gospel, ragtime, jazz hot, swing, bop, cool, hard bop, free, fusion, etc. Il révèle combien l'évolution du jazz a été conditionnée par la place faite aux Noirs dans la société américaine, infléchie par le poids de l'histoire, par le voisinage d'autres musiques,
par l'apparition de nouvelles techniques d'enregistrement et de nouveaux instruments... Il présente les grandes figures qui ont contribué à son histoire : d'Armstrong à Coleman, Wynton Marsalis et Louis Sclavis, en passant par Duke Ellington, Thelonious Monk, John Coltrane ou Miles Davis. Il explique, dans un langage simple, parfois à l'aide de schémas, le vocabulaire du jazz et son évolution et invite à l'écoute en proposant une importante discographie.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.