Le travail d'Art Spiegelman sur "A l'ombre des tours mortes" s'aparente presque à une psychanalyse, un besoin d'évacuer une pression, un poids.
Dans une volonté de travailler à chaud, dans une certaine urgence (en gros, son travail s'achèvera un peu plus d'un an après la catastrophe), Spiegelman nous fait ressentir la panique, la peur et l'incompréhension d'un monde qui nous dépasse parfois, les réactions des autres, qu'ils soient puissants ou mendiants. Autour de la catastrophe en elle-même (que Spiegelman a eu du mal à retranscrire plastiquement, d'après ce qu'il nous avoue) vont s'articuler sa famille, des héros de bandes dessinées classiques, des New Yorkais, des dictons populaires, des hommes politiques, donnant des facettes différentes de la façon de vivre le 11 septembre et son "après"...
Superbe ouvrage, autant dans son contenu que dans son apparence (Spiegelman voulait un format qui puisse retranscrire fidèlement ses planches, prépubliées dans un journal), avec en prime un superbe "supplément illustré", "A l'ombre des tours mortes" est un reflet nécessaire et important de l'événement qu'a été le 11 septembre, et de ses retombées.