Après le très bon "Autorisation de délirer" qui s'achevait en beauté sur "Alligators 427", c'est avec un soupçon de déception que l'on accueille "De l'amour, de l'art ou du cochon". Trois chansons sortent néanmoins du lot: "Groupie 89 turbo 6", titre très mélodieux où Hubert nous narre ses déboires avec une amante sado maso. "Psychanalyse du singe", futur classique du répertoire de Thiéfaine, poursuit l'autobiographie pleine d'autodérision du Jurassien entamée avec "La fin du Saint-Empire romain germanique" sur son premier disque. Et puis un ovni de plus de huit minutes, "L'agence des amants de Mme Muller", fable surréaliste totalement délirante et secouée de percus afro, qui justifie à elle-seule que l'on prête attention à cet album. Le reste est plus dispensable: entre "L'amour mou", qui rappelle le faible Dutronc des années 80, "Comme un chien dans un cimetière", reggae kitsch aux choeurs très datés, "Scorbut", farce gauloise sans grand intérêt, et le titre éponyme, où Thiéfaine récite son précis d'écriture automatique sans beaucoup d'enthousiasme.
Un album de transition, coincé entre les deux premiers disques jubilatoires de HFT et le prochain virage rock destroy, "Dernières balises avant mutation", qui apportera à Thiéfaine ses lettres de noblesse et convertira un nouveau public.