3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Apprivoiser le renard ?, 12 mai 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : A l'angle du renard (Broché)
Des citadins qui s'installent à la campagne avec leurs enfants, Juliette et Louis. Leur voisin est un fermier, vieux garçon,Arsène Le Rigoleur, dont l'attitude contredit plutôt le patronyme. Les deux gamins sont toujours fourrés dans les pattes du fermier, ce qui n'est pas sans inquiéter leur mère, car il n'inspire pas franchement la sympathie l'Arsène...
Choisissant comme narrateur ce fermier qui "a laissé courir ses racines à travers champs", Fabienne Juhel distille au compte-goutte allusions et révélations qui génèrent une tension extrême. Arsène est-il juste un être taciturne "Je suis de la race des hêtres", sans histoire ou un individu potentiellement dangereux ?
Tout au long du roman court cette image de l'incendie, réel ou imagé, cette rousseur qui va de la couleur des cheveux d'un enfant à la lueur de rouille dans un regard, sans oublier celle des différents renards qui hantent ce récit, renards qui n'ont rien à voir avec celui du petit prince, même s'il est aussi question d'apprivoisement dans ce texte mais d'une façon toute particulière, A l'angle du renard....
Un roman prenant qui charrie des émotions sourdes et féroces, une écriture ancrée dans la terre qu'elle célèbre de manière charnelle.
235 pages ardentes.
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5.0 étoiles sur 5
Un roman qui vous habitera pendant des années, 5 janvier 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : A l'angle du renard (Broché)
"A l'angle du renard", c'est d'abord un univers. Fabienne Juhel vous fait entrer dans un de ces livres-mondes, où vous découvrez au détour de la route une vie étrange avant de vous apercevoir qu'Arsène Le Rigoleur, de plus en plus insaisissable au fil des pages, est une face de vous-même. Une face cachée, imprévisible et pourtant si évidente. Rien n'est gratuit dans cette vie, ces vies plutôt où le hasard et la nécessité tissent la trame des destinées.
J'écris ce commentaire plus de deux ans après avoir lu le livre, un livre qui s'est gravé en moi.
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5.0 étoiles sur 5
coup de coeur !, 14 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : A l'angle du renard (Broché)
Arsène Le Rigoleur est un breton des terres. La quarantaine, célibataire, il vit et travaille à la ferme. Un gars attaché à la terre. Quand une famille de la ville vient s'installer dans la métairie rénonvée d'à côté, il voit ça d'un mauvais aeil. Il n'a pas besoin de voisins. Juliette, la fillette âgée de 5 ans aime venir chez lui, parler avec lui et voir les animaux. Son frère Louis, de 3 ans son aîné, est distant. Lui ne vient pas tourner autour d'Arsène. Un gamin rouquin qui ne fait pas de bruit comme les renards mais qui observe. Il aurait même tendance à faire ses coups en douce.
Je vais commencer par un long paragraphe intitulé C'est ma vie. Désolée, et si vous le voulez, vous pouvez le passer... Car ce livre a réveillé des images, des scènes qui dormaient depuis mon enfance. Le langage d'Arsène a chatouillé mes oreilles, un langage si souvent entendu. Et même des gars comme Arsène, j'en ai connu. De loin. Ils me faisaient un peu peur ces grands-oncles, ces petits cousins. Des gens toujours occupés à la ferme. De toute façon, le travail ne manquait jamais. Ils n'avaient pas l'habitude de causer pour rien alors ils se taisaient la plupart du temps. Je revois le pain de trois livres sur la table près du bol de café. J'entends le bruit de l'opinel qu'on referme d'un coup sec. Et la terre, elle occupait les esprits. Ils avaient son goût dans la bouche, elle leur coulait dans les veines.
Alors, Arsène, je l'ai compris. Du moins au début. Sa méfiance envers ses nouveaux voisins. Pas l'envie qu'on vienne mettre le nez dans ses affaires. Mais, la petite Juliette est un feu follet . Une gamine attachante. Ses parents n'aiment pas qu'elle traîne chez Arsène. Un homme seul, pas causant. Il y a de quoi être prudent. Mais jamais Arsène ne ferait pas de mal à la petite ! Non, ce n'est pas son genre. Par contre, il se méfie du frère de Juliette, Louis. Au fil des pages, j'ai ressenti un sentiment étrange. L'impression d'être épiée, attendant avec angoisse de savoir ce qui allait se passer. La fin tombe comme un couperet. Salvateur et libérateur.
Et je n'en dirai pas plus !
Car il s'agit d'un livre hypnotique, troublant. Arsène nous révèle petit à petit sa vie avec des mots rêches. Une vie lourde comme la terre où dorment des secrets, des non dits.
Mélange savant de croyances populaires , d'une intrigue et d'un monde paysan qui se cherche entre les temps anciens et l'avenir. L'histoire, l'ambiance, l'écriture et le style... l'ensemble forme un coup caeur ( encore) !
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