C'est par hasard que je suis tombé sur ce livre et je m'en félicitais, du moins pendant la première cinquantaine de pages. D'abord, il y avait un style d'écriture assez original, ne saurait-ce par le fait que l'auteur de ce mémoire se présente sous trois identités différentes. Et puis, bientôt, je découvrais que l'auteur n'était autre que le fils d'un écrivain célèbre dont j'ai beaucoup aimé les quelques livres que j'avais lu de lui, et d'une actrice du grand écran que j'ai toujours admirée pour sa beauté et son talent, à commencer par ses coups d'essais qui furent de vrais coups de maitre.
Mais bientôt, le récit tourne à la confusion, à la banalité, aux clichés faciles au fur et à mesure que l'imagination de l'auteur tarit. Lorsqu'il trouve une expression ou une tournure de phrase originale, ce qui lui arrive, il la répète quelques pages plus loin afin d'être sur qu'on ne l'a pas laissée passer. Il y a aussi des erreurs grammaticales flagrantes, digne d'un potache de 3ème (mais c'est là la faute de l'éditeur). Le récit devient bien vite une énumération confuse et sans aucun intérêt d'aventures amoureuses qui sont plutôt des "histoires de fesses," ou les figurantes nous apparaissent en carton pâte, dénudées (sans jeu de mots) de toute personnalité: Aude, Nadia, Gabriele, etc. Au début, on essaye de mettre de l'ordre dans ce méli-mélo, mais on s'aperçoit bien vite que ceci est sans importance, et ne peut diminuer l'ennui que l'on éprouve devant tant de médiocrité. Il faut tout de même saluer l'auteur lorsqu'il reconnait ne pas être un "grand écrivain," et que sont seul triomphe n'a été que d'avoir survécu.
Comme je crois savoir que Diego Gary vit à Barcelone, où il a ouvert un café qui fait aussi librairie, je lui conseillerais fortement de ne pas l'abandonner.