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De la liberté des anciens comparée à celle des modernes [Poche]

Benjamin Constant
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Présentation de l'éditeur

En 1819, Benjamin Constant prononce un discours mémorable : " De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes ". Pour les Anciens, en Grèce comme à Rome, la liberté consistait à participer à la vie de la cité, en se soumettant à la collectivité. Avec la Révolution, la liberté est devenue, pour les Modernes, synonyme de liberté individuelle. Pourtant, dans ce nouveau régime, il ne faudrait pas que l'individu renonce à son pouvoir. Adepte du libéralisme, Benjamin Constant prône un système représentatif, mais alerte sur la menace que constituerait la renonciation politique de l'individu, désormais trop absorbé par ses intérêts propres : le despotisme. Un classique de la philosophie politique.

Détails sur le produit

  • Poche: 59 pages
  • Editeur : Mille et une Nuits (19 mai 2010)
  • Collection : La petite collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2755505702
  • ISBN-13: 978-2755505702
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Darko TOP 500 COMMENTATEURS
Format:Poche
Ce petit livre contient le texte du célèbre discours que Benjamin Constant prononça en février 1819 à l'Athénée Royal de Paris. Dans le contexte historique de la Restauration, l'auteur "d'Adolphe" Adolphe, mais également de l'acte additionnel aux constitutions de l'Empire (1815), s'oppose aux ultraroyalistes, partisans d'un retour à l'Ancien Régime, en développant un brillant exposé sur la notion de liberté qu'il conclut par un plaidoyer en faveur du régime représentatif et, sans le dire ouvertement, de la démocratie libérale.

Benjamin Constant oppose, dans une démonstration désormais devenue classique, la liberté politique des anciens à celle individuelle des modernes. Il explique que dans l'antiquité, à Sparte, Athènes ou Rome, les citoyens possédaient des esclaves pour accomplir les travaux quotidiens, ce qui leur permettait de disposer de temps libres importants pour participer activement à la vie de la cité et à la prise de décisions. Cette liberté politique avait pour contrepartie l'omniprésence de la loi dans tous les secteurs de la vie, publique comme privée, et l'obligation impérieuse pour chacun de s'y soumettre, sous peine de lourdes sanctions, parfois la mort.

Pour Constant, cette conception ancienne de la liberté n'est plus applicable au XIXème siècle, car l'esclavage n'existe plus (du moins en métropole) et chacun devant vaquer à ses occupations, les citoyens n'ont plus le temps de participer activement à la vie politique de la cité. De plus, en raison même du développement considérable de ces activités économiques et sociales, les citoyens doivent jouir d'un maximum de libertés individuelles leur permettant de prospérer en toute quiétude. La contrepartie de cette nouvelle liberté, c'est que la politique doit être confiée à des représentants élus, chargés de veiller aux intérêts de la population, sous son contrôle et dans le respect des libertés individuelles.

Voilà certes un beau programme...mais qui ne résout pas toutes les difficultés. En effet, jouir de libertés formelles est une chose, mais les exercer effectivement en est une autre ! Pour que les libertés ne restent pas lettres mortes, il faut avoir les moyens de les exercer et disposer pour cela d'un minimum de ressources. Quelles libertés pour celui qui est à la rue sans toit ni emploi ? Benjamin Constant ne dit rien de cela. C'est pourtant le génie de la Révolution Française d'avoir proclamé que la liberté ne pouvait aller sans l'égalité et la fraternité (on dirait la solidarité aujourd'hui...). Malheureusement, aussitôt proclamés ses principes seront confisqués par la Convention au nom du respect de la volonté générale, c'est à dire au nom d'une conception antique de la liberté. Constant a raison, dès lors, de dénoncer cette tyrannie de la volonté générale, chère à Mably et à Rousseau, comme relevant d'une conception périmée et dangereuse de la liberté.

Cependant les libertés individuelles ne font pas le contrat social et une société moderne ne peut pas fonctionner sans un tel contrat. Benjamin Constant, dans la lignée d'un Adam Smith La Richesse des nations. Tome I pense certainement que chacun, en poursuivant ses intérêts égoistes, concourra à l'intérêt général. Or, nous savons aujourd'hui que c'est faux. En effet, non seulement d'avoir fait tenir à Adam Smith des propos qui excédaient largement sa pensée, les idéologues néo-libéraux, en poussant la logique libérale à son extrême ont conduit le monde au bord de la faillite. A l'inverse, c'était toute la grandeur du Conseil National de la Résistance (CNR) que d'avoir, à la Libération, élaboré un programme, véritable contrat social reposant sur quatre piliers fondamentaux (education, emploi, santé, retraite), sous l'empire duquel nous demeurons encore malgré tout et qui ne sacrifiait rien des libertés individuelles.

Si Benjamin Constant revenait aujourd'hui, nul doute qu'il condamnerait sans réserve cette liberté absolue, cette liberté du n'importe quoi qui joue désormais contre les individus. Et que dire du système représentatif, dont il entrevoyait déjà dans son discours les dérives possibles, en appelant les citoyens à la plus grande vigilance : un Parlement devenu une chambre d'enregistrement corrompue et sans pouvoir, soumise à l'influence des lobbies et des intérêts particuliers...

Non, pas sûr qu"il écrirait le même discours....
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Johan Rivalland TOP 50 COMMENTATEURS
Format:Poche|Achat authentifié par Amazon
Ce célèbre texte est, en fait, un discours de philosophie politique prononcé par Benjamin Constant à l'Athénée royal de Paris en 1819.
Dans le contexte des débats entre libéraux, favorables à la défense des libertés individuelles et politiques, rassemblés autour de Mme de Staël, et ultras, favorables quant à eux à un retour à l'Ancien Régime, Benjamin Constant y défend une conception tournée vers la promotion du système représentatif, destinée à nous prémunir notamment contre le despotisme, la censure et la pratique de l'ostracisme.

La liberté des anciens, en effet, est caractérisée essentiellement par une forte participation à la vie publique et politique, ne laissant que peu de place à l'individu lui-même, tandis que la liberté des modernes peut être assimilée à la prééminence des droits individuels, qui étaient quasi-inexistants dans les systèmes antérieurs.
Si toutefois ces libertés individuelles paraissent désormais difficiles à remettre en cause et rendent caduc un retour à la liberté des anciens, il ne faudrait pas non plus, nous dit Benjamin Constant, que ces libertés individuelles qui nous sont aujourd'hui si chères, et le risque de repli sur soi qui leur est subséquent, aboutissent à négliger les libertés politiques, ce qui risquerait de constituer une menace sérieuse envers ces mêmes libertés.

Ce faisant, partant de constats historiques, et notamment de l'avènement du commerce, qui a permis le développement de ces libertés individuelles, au détriment des conflits guerriers permanents qui ont caractérisé les époques antérieures, Benjamin Constant évoque l'erreur de Rousseau, qui confondait ces deux conceptions de la liberté, mais qu'il traite cependant avec égard, et surtout récuse les idées de l'abbé de Malby, qui détestait la liberté individuelle au plus haut point.
Or, les temps ont changé et la référence aux idées du passé sont rendues inadaptées par le cadre nouveau au sein duquel on évolue désormais.
La liberté des anciens, en effet, résidait dans la forte participation à la vie publique, au détriment des droits et libertés privées, aujourd'hui privilégiées plus que tout. Ce qui était possible dans des sociétés moins peuplées et reposant sur l'esclavage, mais plus dans des Etats unifiés et où l'homme est placé au centre des préoccupations, excluant de telles perversions.
En cela, il rend hommage à la Révolution française, tout en récusant les dérives dont elle a été l'objet.

Certes, il n'évoque pas ou ne voit pas encore les dangers que recèlent le système représentatif lui-même, puisqu'il y voit une sécurité contre les risques liés au repli sur soi, sans considérer que, par des mécanismes que nous connaissons malheureusement aujourd'hui, des dictateurs peuvent très bien conquérir le pouvoir et le confisquer au terme d'un processus de représentation issu des urnes.
Mais, d'une part, l'époque était plutôt à considérer, du moins en ce qui le concerne, qu'une monarchie constitutionnelle pouvait être indiquée, et d'autre part n'oublions pas qu'il ne s'agit ici que d'un discours, qui se veut donc forcément concis et ne permet pas de développer en profondeur l'ensemble des points abordés, ainsi qu'il le précise lui-même à plusieurs reprises, en particulier lorsqu'il revient sur le fonctionnement des sociétés gauloise, romaine ou athénienne, entre autres.

Quoi qu'il en soit, il s'agit ici d'un discours majeur, qui constitue une base de réflexion intéressante et permet, aujourd'hui encore où l'idée de liberté est sans cesse dévoyée et difficile à cerner, de mieux en comprendre les fondements contemporains et mieux asseoir nos institutions, en permettant d'expliquer comment et pourquoi les libertés politiques ont reculé et en quoi le système représentatif constitue une relais important à même de protéger les libertés individuelles au regard de la tendance au repli sur soi qui en est une conséquence constatable mais pas inéluctable.
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