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Salutaire -- le reproche d'un prétendu "manque de sérieux" est risible, 5 janvier 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le livre noir de la psychanalyse : Vivre, penser et aller mieux sans Freud (Broché)
On attend toujours les objections qui porteraient sur le FOND de l'ouvrage, et non sur les intentions supposées des auteurs (ou bien veut-on discuter des intentions qui animent la levée de bouclier des psychanalystes? Le portefeuille des psychanalystes est-il une fiction?).
Sur le fond, donc, il n'y a rien à redire de la rigueur, de la clarté, de l'immensité des sources utilisées : correspondances privées mais aussi, tout simplement... publications de Dieu (pardon, de Freud), de ses disciples, de ses successeurs. Et pourtant, malgré les avancées fabuleuses des dernières décennies dans ce domaine, la France continue, du haut de ses petits clochers ridicules, de prétendre que les personnes qui critiquent la psychanalyse auraient "peur" de penser (hum, qui a réellement peur dans cette affaire??), qu'ils seraient opposés à la liberté (mais qui défend un dogme aliénant dans notre affaire?), etc.
Il est temps que le clergé psychanalytique soit définitivement écarté des sphères du pouvoir dans les instances éducatives, sociales et médicales, comme le clergé catholique le fut autrefois.
Nous avons pris 30 ans de retard sur le reste du monde dans bien des affections (à commencer par le traitement de l'autisme), uniquement à cause de ce clergé avide de conserver son statut et son aura, pourtant usurpés sur le dos de la crédulité populaire.
ADDENDUM SUR LA REEDITION :
LA réédition parue en 2011 comporte des coupes claires assez énormes par rapport à la première édition :
- Certains articles (comme ceux de Beck par exemple) sont désormais dans l'ouvrage "les nouveaux psys", qui est le prolongement dynamique du Livre Noir et propose de montrer l'univers gigantesque de la psychologie a-freudienne. (ouvrage qui, par contraste, met au jour le caractère étriqué et limité de la psychanalyse, un peu comme un livre d'astronomie en balance avec un manuel d'astrologie...)
- Certains articles ne figurent ni dans le Livre Noir, ni dans les Nouveaux Psys, à grand regret. Il s'agit notamment des témoignages de patients, qui illustrent de manière concrète et souvent remarquablement écrite les effets concrets de la psychanalyse sur ses "sujets". C'est vraiment dommage d'avoir éliminé, notamment, les témoignages d'Agnès Fonbonne et d'Anne Gruyer, particulièrement éloquents.
ADDENDUM GENERAL 2011 :
Après lecture des commentaires critiques de l'ouvrage, épatée par leur mauvaise foi, je reproduit l'une de mes réponses ci-dessous :
Quand ces critiques affirment : "De même, dire que la psychanalyse n'a pas évolué est d'une stupidité sans nom : faut-il nié les Mélaine Klein, les Jacques Lacan ? allons soyons sérieux. " Elles appoortent la preuve qu'elles n'ont pas lu l'ouvrage. Cet argument est traité et archi-traité dans le livre noir de la psychanalyse. Le fait que plusieurs doctrines se cotoient n'implique en rien qu'il y ait " évolution" au sens scientifique du terme; il existe plusieurs sectes dans le christianisme, plusieurs courants dans le communisme, cela n'implique pas un progrès.
Quant à la pirtouette sur la médecine-qui-ne-serait-pas-une-science, attention, la médecine moderne repose sur le dernier état des connaissances scientifiques, et l'obligation déontologique des médecins et faire bénéficier leurs patients de ce dernier état des connaissances scientifiques.
Or le fait est que les recherches en matière psychologique, surtout depuis les années 70, invalident une à une les postulats de base de la psychanalyse, freudienne ou non freudienne.
De la notion d'inconscient psychanalytique - qu n'a rien à voir avec l'inconscient tel qu'il est entendu en psycho moderne; à l'idée tout à fait absurde que la totalité des affections psychos trouveraient leur source dans l'environnement, et, plus faux encore, dans l'éducation parentale avant 6 ans voire deux ou trois ans selon les courants de la spyK, en passant par la notion même de "refoulement" totalement battue en brèche par toutes les études sérieuses, etc.
quand nous employons le terme "études sérieuses," nous entendons, des études publiées dans des revues scientifiques après relecture par des comités de lecture et sujettes à contrôle - des panels, des protocoles d'études, des données brutes utilisées pour l'étude, etc.
Par comparaison la littérature psychanalytique, ne fait jamais état d'études empiriques et/ou expérimentales avec publication ou possibilité d'accès aux protocoles et aux données, mais renvoie le plus fréquemment au récit du patient X et de la patiente W (sans possibilité de vérificaiton par le lecteur, secret du divan oblige).
Il n'est pas possible, dans ces conditions, d'administrer des leçons de "sérieux" et de "pensée", lorsque l'idée même de validation empirique et/ou expérimentale est refusée avec une telle violence.
Vouloir justifier ce refus obstiné par un jargon sermonnant est encore plus ahurissant.
De quel droit les tenants d'une doctrine qui n'a jamais rien expliqué de la psychée humaine (tous les énoncés réfutables de la psychanalyse ont été réfutés ou sont en passe de l'être), et qui n'a jamais résolu la moindre affection psychologique ni le moindre trouble psychatrique, administrent-ils des leçons de morale?
Mystère.
toujours est-il que le niveau de légitimité pour faire la leçon à autrui est égal à zéro pour ce qui concerne les psychanalystes et leurs partisans.
Et ce sont pourtant les plus moralistes, les plus pontifiants, les plus jargonants de tous.
Je pense qu'ils ont un réel problème d'égo et de narcissisme mal digéré, qui leur fait perdre de vue que, derrière le débat sur la psychanalyse, ce n'est pas seulement le concours de celui qui aura le dernier mot qui se joue, mais, tout simplement, le sort de centaines milliers d'individus comme les autistes, les schizophrènes, les toxicomanes, etc. Ces gens-là ont suffisamment souffert de la prise en charge exclusivement psychanalytique.
Derrière ce débat, point de discussions de salons parisiens, mais une question de santé publique absolument cruciale qui indiffère totalement les défenseurs acharnés de la psychanalyse.
Comment faire la leçon, comment se prétendre humaniste de façon crédible lorsqu'on manifeste une telle indifférence voire un tel mépris face à ces scandales de santé publique et leurs cortèges de victimes si mal prises en charge par la nomenklatura psychiatrique française.
Allez en Hollande ou au Canada pour faire le parallèle (plus de TCC, moins d'antidépresseurs, moins de suicides... autistes diagnostiqués à temps, envoyés vers des structures proposant des méthodes efficaces, etc.). Ce n'est pas un hasard si, dans les facs outre-atlantique, la psychanalyse n'est plus enseignée en psycho mais en... littérature.
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Salutaire, mais des réserves, 11 mai 2007
Cet épais « livre noir », auquel ont collaboré une quarantaine d'auteurs (psychiatres, anciens psychanalystes, historiens, anciens psychanalysés, philosophes, etc. ), est une charge redoutable contre la psychanalyse freudienne. Redoutable car à la fois vive et convaincante, même si l'on peut émettre des réserves à propos de son titre racoleur. La première partie, notamment, consacrée aux considérations historiques sur le freudisme, apporte des éclairages fort intéressants à ce sujet. Certains des auteurs, parmi les historiens, ont effectué des recherches consciencieuses et nous en fournissent les résultats, toujours référencés, dans ce livre. Il y apparaît nettement que Freud a considérablement exagéré les effets curatifs obtenus sur ses patients grâce à sa méthode. Cette dernière est d'ailleurs habilement critiquée dans la troisième partie, où les théories du neurologue viennois sont remises en question par de pertinents raisonnements. Le caractère de « pansexualisme » de la psychanalyse, qui avait suscité des réactions défavorables à son encontre dès ses débuts, y est parfaitement illustré par de nombreuses citations d' « analystes » réputés. D'autres éléments, moins connus du grand public, y sont portés à sa connaissance ; entre autres l'augmentation, voire l'apparition, des attitudes fortement « égocentriques » chez certains psychanalysés, qui ne sont pas faites pour nous rassurer sur les dangers de cette forme de psychothérapie. Il est également bien montré comment les partisans du freudisme agissent à la manière des sectes prosélytes pour « étouffer » les arguments qu'on leur oppose. Une secte commence par élaborer un argumentaire qui se veut le plus convaincant possible, puis, en fonction des objections plus ou moins pertinentes qui lui sont faites « sur le terrain », elle modifie, améliore, perfectionne son argumentaire ; Freud et ses émules ont largement usé de ce procédé, car, comme le montrent les auteurs de ce livre, il leur aurait été difficile d'agir autrement afin de conserver leur « poule aux aeufs d'or », les doctrines freudiennes ne pouvant recevoir de véritable validation scientifique.
Pour contester la validité des théories psychanalytiques, les auteurs tirent légitimement argument de la grande diversité des écoles de psychanalyse. Malgré quelques guérisons réelles obtenues par celles-ci, apparemment dues au bien fondé des théories, on ne peut s'empêcher de se demander si ces résultats positifs ne sont pas plutôt attribuables à la « suggestion » (le fameux « effet placebo ») tant ces systèmes sont différents les uns des autres, voire contradictoires, d'autant plus que de tels effets sont obtenus couramment par des thérapeutes qui avouent franchement utiliser des méthodes « suggestives ».
Malgré tout ce que nous venons de dire de positif à l'égard de cet ouvrage, il nous est impossible de lui épargner certaines remarques moins flatteuses. Dans l'introduction, Catherine Meyer défend ses collaborateurs d'avoir voulu faire de la publicité pour une autre approche de la psychothérapie, en l'occurrence les thérapies comportementales et cognitives (abrégées en « TCC ») ; or, à la lecture attentive du livre, il apparaît clairement qu'il s'agit de mauvaise foi. À cet égard, d'ailleurs, le sous titre du livre est révélateur. Si de nombreux auteurs y ont avancé des arguments, voire des preuves, infirmant la crédibilité de la psychanalyse, ils sont également nombreux à avoir fait l'éloge des « TCC ». Ainsi, il est évident que cette « attaque » de la psychanalyse ne visait qu'à glorifier, par contraste, les pratiques propres aux auteurs dont les contributions à cette étude ont été les plus importantes. Les partisans du freudisme ne s'y sont d'ailleurs pas trompés en ne tardant pas à publier une réponse intitulée « l'anti-livre noir de la psychanalyse », qui dévoile et dénonce les imperfections et les résultats peu durables des « TCC ». Comme les auteurs du « livre noir » le font eux-mêmes remarquer, il n'existe pas encore de théorie tant soit peu solide sur la « pathogenèse » des troubles mentaux. En d'autres termes, les causes de ces troubles sont inconnues, de sorte que, comme le font pertinemment remarquer les fidèles de la psychanalyse, ceux des « TCC » ne font que s'attaquer aux symptômes ; on comprend dès lors que leur méthode ne peut pas avoir une efficacité bien supérieure. Cependant, le reproche qui est fait par Catherine Meyer aux freudiens de ne pas avoir contre argumenté sur les critiques adressées à leur discipline est tout à fait justifié. Les partisans de la psychanalyse et ceux des « TCC » n'ont pas fait autre chose, au fond, que de détruire mutuellement leurs systèmes respectifs par publications interposées. Cela ne signifie pas, à nos yeux, qu'il faille renoncer à soigner les désordres psychologiques, mais seulement que l'état actuel des connaissances sur le sujet est encore loin d'être pleinement satisfaisant, et qu'il faut souhaiter que les progrès de la recherche amènent un jour des résultats beaucoup plus encourageants. Quoi qu'il en soit, les thérapies comportementales et cognitives (les fameuses « TCC »), bien qu'elles prêtent elles aussi à contestation, nous paraissent tout de même moins périlleuses que la psychanalyse, laquelle n'hésite pas à échafauder les hypothèses les plus farfelues sur l'origine des dérèglements mentaux, ce qui, évidemment, ne peut avoir que les effets les plus nocifs. Afin que notre exposé soit complet, il nous faut ajouter ceci : que la psychanalyse soit presque entièrement « démodée » ailleurs qu'en France et en Amérique latine, c'est là quelque chose dont il nous est permis de douter, car certains éléments parvenus à notre connaissance - et que nous nous abstiendrons d'exposer ici afin de couper court à d'éventuelles discussions oiseuses - démentent cette assertion optimiste. De même, il n'est pas certain que la psychanalyse soit aussi privilégiée au sein de la psychiatrie française que le prétendent les auteurs.
Après avoir émis ces nécessaires réserves, nous ne pouvons que conseiller vivement cet ouvrage, dont la lecture est agréable malgré quelques grossières fautes de français dans son introduction. Mais ce n'est évidemment pas le talent « littéraire » des auteurs qui importe le plus ici ; les témoignages des historiens, des anciens psychanalystes et des anciens patients contiennent de précieuses informations qu'il était indispensable de rendre publiques et qui, espérons-le, ne seront pas sans profit pour certains lecteurs.
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Après "Mensonges freudiens", l'espoir se confirme...enfin !, 3 novembre 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le livre noir de la psychanalyse : Vivre, penser et aller mieux sans Freud (Broché)
Pas sérieux ce livre ? Ce qui disent cela ne l'ont pas lu. Insultant ce livre ? Non. Puisque les accusations de charlatanisme faites contre les personnages de la psychanalyse sont TOUTES argumentées et étayées par des démonstrations reposant sur des preuves (documents d'archives, etc.). Un langage pauvre et vulgaire ? C'est vrai que le langage simple et clair du livre tranche de façon cruellement accablante avec les amphigouris, et la frime stylistique propres aux intellos made in France.
Ce livre ne serait pas digne de foi parce qu'il accuserait Freud d'être un menteur, un charlatan et un imposteur ? Lui, et aussi Lacan, Bettelheim et quelques autres ? On a donc pas le droit de toucher aux dieux de l'Olympe de la santé mentale ? Ce livre passe outre, avec insolence, mais aussi, hélas pour les freudiens, avec RIGUEUR et CLARTE, et en s'appuyant sur des PREUVES. Co-écrit par les plus grands noms de la recherche historiographique sur Freud (les "Freud scholars" : les "érudits de Freud"), chaque chapitre, est en fait, une synthèse des principaux arguments développés dans d'autres livres plus complets, par ces auteurs. Il est donc une invitation remarquable à en savoir plus. Mes ces chapitres synthétiques réussissent le tour de force d'inclure de véritables démonstrations fondées sur des preuves, elles-mêmes analysées. Et c'est cela qui ne plaît pas aux freudiens, c'est pour cela qu'ils poussent des cris d'orfraie et font du chantage affectif auprès du public non-averti.
Le courage intellectuel s'imppose donc, une fois de plus, pour aller de l'avant.
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