Avec la logique de l'honneur, Philippe d'Iribarne nous convie à un voyage dans trois pays : la France, les Etats-Unis et les Pays-Bas. Au moment où les "donneurs de conseil... peuplent leurs ouvrages d'une humanité indifférenciée...", il est temps de souvenir que "les traditions où chaque peuple s'enracine modèlent ce que ses membres révèrent et méprisent ; et qu'on ne peut gouverner sans s'adapter à la diversité des valeurs et des maeurs". Au lieu d'imiter les autres pays, cherchons en nous-même, nos forces et nos faiblesses, la valeur de nos traditions et leurs dérives possibles. Observons notre "manière spécifique de relier l'individu à la collectivité et de séparer le bien du mal, le légitime de l'illégitime, ce que l'on respecte, ce qui indiffère et ce que l'on méprise". chaque pays présente des "traits fondamentaux qui traversent les siècles".
En France existe une logique de l'honneur, "aussi exigeante dans les devoirs qu'elle prescrit que dans les privilèges qu'elle permet de défendre". Les Américains sont "hantés par l'image idéale du contrat qui, passé entre des hommes libres, reste juste parce que la loi s'est unie à la morale pour limiter le pouvoir du plus fort". Aux Pays-Bas on observe "une grande objectivité, allant de pair avec une forte allergie à toute forme de pression exercée par une quelconque autorité". Conclusion : "la vie en société fait concourir une révérence pour des traditions qui demeurent avec une capacité à inventer et à créer". De ce fait, bien gérer une entreprise c'est respecter la culture nationale dans laquelle elle s'inscrit. Ainsi, "quand on rencontre des résistances "absurdes" aux plans les mieux conçus. On peut, à mieux les comprendre, échapper à l'impression douloureuse d'être confronté à l'irrationalité constitutive des passions humaines. Et quand on saisit enfin ce qui anime "ces gens là", des voies s'ouvrent à l'action".