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La logique comme question en quête de la pleine essence du langage
 
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La logique comme question en quête de la pleine essence du langage [Broché]

Martin Heidegger , Frédéric Bernard
3.7 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
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Présentation de l'éditeur

Ce cours de 1934 ne porte pas sur la science des règles de la pensée qu'est la logique traditionnelle. Il s'emploie à montrer comment, au travers d'elle, la philosophie grecque, et sa conception décisive de la pensée comme s'accomplissant dans l'énoncé, continue de façonner notre existence présente. Son problème est donc de réexaminer la logique en faisant d'elle la question en quête de l'essence du langage. Le questionnement mène du langage à l'homme et de l'homme à l'histoire, afin de remonter jusqu'à la véritable essence du langage. Heidegger caractérise celle-ci comme ce qui advient dans l'événement où se configure un monde, c'est-à-dire dans la poésie, essence méconnue par la logique jusqu'ici, qui voit l'essentiel du langage dans l'énoncé. Tenu par Heidegger juste après sa démission du rectorat de l'université de Fribourg, le cours porte fortement l'empreinte de son temps. Il est ici question de manière très originale du peuple, de la résolution, de l'histoire, et aussi de l'Etat, de libéralisme, de socialisme. Le lecteur trouvera ici matière à méditer sur les liens de la pensée de Heidegger avec son engagement. S'il est un texte qui permet de se former une juste idée de ses options politiques et de ses rapports avec le régime national-socialiste, c'est celui-là.

Détails sur le produit

  • Broché: 212 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (31 janvier 2008)
  • Collection : Bibliothèque de philosophie
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070732819
  • ISBN-13: 978-2070732814
  • Moyenne des commentaires client : 3.7 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le professeur Heidegger "en live", 22 mars 2008
Par 
Nicolas Plagne "nicolas_plagne" (france) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La logique comme question en quête de la pleine essence du langage (Broché)
Cours à Fribourg en 1934. Comme l'indique le titre, il ne s'agit pas d'un cours de logique mais de réflexion sur le sens de la logique et sur l'essence du langage comme caractère spécifique de l'humain. Le cours est très vivant et riche, parfois drôle: on y entend l'amphithéâtre réagir aux plaisanteries du maître. Contrairement à ce que prétendait un certain "historien et philosophe", ce cours n'a rien de nazi. Il est dans la continuité d'un approfondissement intellectuel libre, malgré le contexte politique.
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5.0 étoiles sur 5 Antidote au nazisme, 9 mai 2012
Par 
Echos des 3 rivières "fd" (Landes) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La logique comme question en quête de la pleine essence du langage (Broché)
Encore une magnifique exemple de la resistance heideggerienne au nazisme : Machado, le grand poête espagnol, l'un des martyrs du franquisme, avait bien raison : l'homme de Heidegger c'est l'antidote au germain nazi.
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3 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Comment Heidegger a commandité l'assasinat de Röhm, 23 février 2009
Par 
Bel (France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La logique comme question en quête de la pleine essence du langage (Broché)
Il est stupéfiant, pour ne pas dire scandaleux, de voir certains philosophes réagir de manière désinvolte à une réalité aussi sordide que la nuit des longs couteaux et surtout de les voir mentir par omission, délibérément, et ceci, jusqu'à la négation la plus éhontée de l'évidence. De quoi est-il question dans ce livre? De l'élimination de la SA en tant que force militaire socialiste concurrente de la Wehrmacht, dont les aspirations d'un grand nombre d'adhérents et de dirigeants sont encore restées socialistes au sens économique et égalitaire du terme. Heidegger dit clairement (p195) qu'il ne veut pas de cette conception-là du socialisme. Son rêve est un rêve de grandeur, de domination impériale et de servitude pour tous. La SA en tant que source de dissension politique et donc d'affaiblissement de la puissance militaire germanique gêne Heidegger dans son ambition. Pour lui, imbu de la conception hégélienne de l'Etat revisitée par son aspiration à la volonté de puissance d'inspiration nietzschéenne, seul "l'Etat est l'être historial du peuple" (p.195). En tant que tel il doit s'assurer "en premier lieu une durée historiale c'est-à-dire la sauvegarde de sa mission et la lutte pour sa charge" (Ibid.). Il ne peut donc tolérer d'obstacle à l'accomplissement de sa "mission". "Le souci de la liberté de l'être historial est en soi ce qui autorise que règne pleinement la puissance de l'Etat en tant qu'il est la configuration d'essence d'une mission historiale". On ne saurait être plus clair. Il s'agit d'un ordre. Non pas se n'importe quel ordre, mais d'un ordre de nature à la fois politique et militaire. Destiné à qui ? Manifestement à quelqu'un qui lui est subordonné et qui a en charge les rênes de l'Etat, à savoir le chancelier à propos duquel il a dit en 1933 qu'il était la loi présente et future du peuple allemand. Comme ce chancelier ne fait qu'obéir en tant qu'"homme politique" aux ordres que lui donne le "philosophe-président" qui a tracé le but et fixé les étapes (cf. Mein Kampf) il faut bien que ce philosophe qui voit avant tous les autres citoyens de "race germanique"(ce philosophe providence) lui indique les voies à suivre. Hitler dira le 14 mars 1936 qu'il "obéit comme un somnambule" aux "voies" que lui trace la "providence". C'est-à-dire celle-là puisqu'il ne croit pas en une autre. L'"autorisation " d'élimination des chefs de la SA en juin 1934 est la première grande étape criminelle qu'a tracée cette "providence" dans le cadre de son grand "projet" millénaire d'essence machiavélienne. Comment Heidegger a-t-il commandité l'assassinat de Röhm?

Heidegger a démissionné de ses fonctions rectorales à la fin du semestre d'hiver 1933-34 pour ne pas paraître impliqué dans ce qu'il préparait pour le printemps suivant, à savoir une attaque en règle de la SA et de sa conception du socialisme qui n'était pas du tout à son goût méprisant et aristocratique. Dans cet ouvrage il nous livre le rapport "secret" qui le lie à Hitler en jouant habilement sur le dit et sur le non-dit, comme à son habitude, et il termine son cours en disant que "le souci de la liberté de l'être historial est en soi ce qui autorise que règne la pleine puissance de l'Etat en tant qu'il est la configuration d'essence d'une mission historiale". Ce qui signifie en termes clairs que son désir d'hégémonie et celui de la Wehrmacht doivent être satisfaits donc, que Röhm, von Schleicher et quelques autres gêneurs doivent disparaître. Le 30 juin, le cours a été immédiatement suivi du passage à l'acte, son "Einsatz": la nuit des longs couteaux. Désormais la Wehrmacht et la SS associées pouvaient grâce à leur pleine souveraineté, sous le commandement unique d'Hitler à qui la Wehrmacht allait prêter serment, réaliser la "mission " heideggérienne. Mais pour comprendre Heidegger, il faut savoir écouter comme il l'a toujours demandé, son dit dans le non-dit. Dès Être et temps Heidegger s'est identifié au "Souci" ("Sorge") c'est-à-dire à "l'être-en-faute", ce qui signifiait pour lui, le retournement de sa foi d'origine, chrétienne, vers une "valeur" prétendument "supérieure". Par delà l'action d'Hitler, son démiurge, Heidegger, en 1934, en tant que "philosophe-roi" avait en vue sa propre déification. Nouveau Dionysos, devenu le grand vainqueur du "crucifié" et de son peuple, - le peuple juif censé avoir mis l'amour du Christ au premier plan pour mieux magnifier sa haine (Nietzsche dixit) - apparaîtrait alors comme le grand "libérateur". Il serait fêté, comme l'avait annoncé Machiavel dans le dernier chapitre de son "Prince" par la totalité du peuple heureux d'être enfin libéré. Dans ce cours Heidegger en conditionnant le peuple d'une part et en commandant son démiurge d'autre part réalise son Royaume dans lequel,- il le dira ouvertement dans ses cours sur Schelling,- "l'homme est dieu", "le bien est le mal" et "le mal, le bien". Mais le dieu en gestation ne pourra être le dieu "en acte" que lorsqu'il aura "libéré" la Terre à l'issue du grand "combat", de la "gigantomachie" "entre les conceptions philosophiques fondamentales"( Être et temps, 1927; La métaphysique de Nietzsche, 1940). "Il faut que ce que dit ce penseur soit mis en pratique" "historialement" au fur et à mesure qu'il parle (Conférence sur Zarathoustra). Pendant que le "nouveau dieu" Heidegger, - ("le dernier Dieu" évoqué dans les Beiträge), enseigne et dirige le "jeu" du "monde" dans lequel "l'homme et mis en jeu", - "son" "Monde" se réalise. "La rose est sans pourquoi. Elle fleurit parce qu'elle fleurit". Quelle Rose? Cinquante millions de morts avec en guise de parfum un remugle de crématoires pour "capter la vérité par les narines" (Séminaire sur Héraclite, 1966). Pour masquer son jeu, Heidegger a changé le titre de son cours du semestre d'été 34 dès la première heure. Il ne s'agit plus apparemment, maintenant, de l'étude du rapport entre la science et l'Etat, mais de l'étude du rapport entre la logique et le langage. Ce qui dans le vocabulaire heideggérien signifie la même chose, mais non dans le langage ordinaire. Le philosophe libérateur des esclaves de la caverne avait toujours peur d'être lynché par quelque prisonnier aliéné, comme il le dit dans sa conférence sur la doctrine de Platon sur la vérité. Et effectivement, décimer et décapiter un corps d'armée comme la SA c'était s'exposer à un gros risque. Mieux valait prendre ses précautions. Il les prit. Il se dissimula, ce qui lui permit dans ces circonstances comme dans de nombreuses autres tout aussi hasardeuses, de sauver sa peau, mais cette dissimulation ne lui permit pas, en fin de compte, de constituer son empire. Paranoïa quand tu nous tiens! Tu nous tiens bien! Le "socialisme" impérial d'Heidegger exposé dans cet ouvrage, un socialisme doté d'une mission destructrice et anéantissante, a-t-il encore le droit de porter le nom de socialisme? Et son promoteur-philosophe-dictateur, Heidegger, bien que déguisé sous le masque de Dionysos, a-t-il encore le droit de porter le nom de philosophe? Il est vrai qu'il a préféré le titre de "penseur" à celui de philosophe qui visiblement ne lui convenait pas, bien qu'il l'ait endossé pendant longtemps. "Dionysos", disait Heidegger la même année, dans son cours sur Les hymnes de Hölderlin "La Germanie " et "Le Rhin", est "le dieu de l'Hadès". On ne saurait mieux dire. Le "Libérateur" est seul à se connaître en profondeur. Michel BEL
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