Ce film de guerre, réalisé en 1979, d'après l'oeuvre du pacifiste allemand Erich Maria Remarque, mis au ban par les nazis (son livre, publié en 1929, qui connut un succès mondial, fut brûlé dans les autodafés), nous plonge dans l'effroi de la guerre de 1914-1918. Peu importe le côté d'où la guerre fut subie, par ses soldats. Eric Maria Remarque, vétéran de la Première Guerre mondiale, décrit ce qu'il a connu, vécu, souffert, du côté allemand. Quand son héros, trouvant dans la no man's land un refuge dans un trou d'obus, pour se protéger poignarde un soldat français qui l'y rejoint quelque temps plus tard, alors peut se déployer la réflexion sur le sens de la guerre. "Nous aurions pu être des camarades, des frères" déclare le soldat allemand, assassin par obligation (et non pas par devoir) du soldat français mourant.
Erich Maria Remarque s'inscrit en opposant indestructible d'un étonnant mythe francisé, et pourtant dénoncé en son temps avec force, intelligence, implacables par Klaus Mann (
Aujourd'hui et demain : L'esprit européen 1925-1949: Ernst Jünger. Ce dernier écrivait, dans "Le coeur aventureux" publié la même année que "A l'ouest rien de nouveau" : "La pitié ne convient pas au monde tragique, au théâtre des âmes combattantes".
Bien sûr, le livre permet une approche plus approfondie de la psychologie des personnages, du soldat, que ne le peut le film. Cependant les acteurs jouent un registre fort en émotion. Ernest Borgnine est très convaincant en vieux soldat aguerri, père de famille nombreuse, qui protège ses enfants de troupe.
Je n'ai pas visionné la première retranscription cinématographique du livre, réalisée en 1930 par l'Américain Lewis Milestone et ne peut donc la comparer à cette version "moderne".