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On connaissait le roman par lettres, voici, nouvelles technologies obligent, le premier roman par mails ! Entièrement construit comme un échange d'e-mails, le livre de Matthew Beaumont révèle les multiples facettes de la vie de bureau chez Miller Shanks, agence de pub londonienne, qui aborde la nouvelle année avec un objectif à la hauteur de ses ambitions : décrocher le budget de la prochaine campagne Coca. Le défi a de quoi exciter le colérique P.D.-G., David Crutton. Peu habile dans le maniement de sa messagerie électronique, mais grand meneur d'hommes, il resserre les rangs pour motiver ses troupes. Un seul mot d'ordre : il exige d'être émerveillé. Pas évident alors que s'agitent autour de lui un directeur de la "créa" plutôt en panne d'inspiration, des secrétaires à la langue bien pendue et à la main parfois leste, des concepteurs-rédacteurs qui rêvent des plages peuplées de top models de leur prochain tournage, un directeur commercial tire-au-flanc…
Bref, après Beigbeder qui égratignait le petit monde de la pub pour 99 francs, voici un nouveau portrait au vitriol de la vie en agence. Pour ce faire, Matthew Beaumont, ex-créatif, utilise habilement toutes les possibilités narratives de l'e-mail : multiplicité des points de vue, changement de rythme et de registres de langage… Résultat : une comédie de mœurs maligne et pleine d'humour où ragots, jalousies et slogans se taillent la part belle pour notre plus grand plaisir. --Laurence Demurger
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Les publicitaires? Serviles avec le client, haineux avec le consommateur et malheureux comme tout dans la vie. Plutôt que de composer un roman de plus sur le sujet, avec intrigue boiteuse et phrases du niveau «Loft Story», Matthew Beaumont, anglais doué dun sens de lhumour international, a fait le choix de ninventer que des mails. Bien sûr, on pourrait objecter que le mail est le parent pauvre de la missive et quun mail book nest que le fils bâtard dun roman épistolaire et dune vraie correspondance publiée. Cest oublier laspect instantané du genre. Un mail, ça peut être un avis de licenciement, un petit mot pour draguer, une note de service, ou un potin qui fait le tour de la boite. Voilà pourquoi cest drôle: ces héros là ont une conduite qui nous sert dexutoire, ils nous font jouer tous les rôles avec le verbe qui tue, ladjectif affûté et la périphrase qui ruine une image! Les personnages sont nombreux mais on sait immédiatement qui parle, qui crie ou qui ragote. On jubile quand les informaticiens payés très cher ne sont pas fichus de réparer un logiciel et se font virer, ou quand le patron marié, très comme il faut, besogne un travesti, filmé sans le savoir par un de ses concepteur-rédacteur. Très vite, dans cette agence de pub qui rêve de décrocher le budget de la campagne Coca, le lecteur se retrouve à compter les points et à plaindre les âmes fort égarées, qui Dieu merci, ne lui ressemblent pas. Enfin, pas trop. Ou alors, juste un tout petit peu.--Laurent Galiana--

