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Les maitres chanteurs de Nuremberg
 
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Les maitres chanteurs de Nuremberg

Franz Welser-Möst , José Van Dam    Tous publics   DVD
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Détails sur le produit

  • Acteurs : Franz Welser-Möst, José Van Dam, Matti Salminen, Michael Volle, Orchestre de l'Opéra de Zurich
  • Format : Classique, PAL
  • Langue : Anglais
  • Sous-titres : Italien, Allemand, Anglais, Français, Espagnol
  • Région : Région 2 (Ce DVD ne pourra probablement pas être visualisé en dehors de l'Europe. Plus d'informations sur les formats DVD/Blu-ray.).
  • Rapport de forme : 1.33:1
  • Nombre de disques : 2
  • Studio : EMI
  • Date de sortie du DVD : 13 mars 2006
  • Durée : 15993 seconds
  • Moyenne des commentaires client : 4.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
  • ASIN: B0007D0AVE
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 33.847 en DVD & Blu-ray (Voir les 100 premiers en DVD & Blu-ray)
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Descriptions du produit

Synopsis

Un casting unique pour le grand opéra de Wagner.

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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Roger Dominique Maes TOP 50 COMMENTATEURS
Richard Wagner : "Die Meistersinger von Nürnberg", Franz Welser-Möst, 2004, 2 DVDs Emi.

Oui, l'opéra de toutes les ambiguités : un père qui offre sa fille au gagnant d'un concours, mais à condition que ce gagnant ait su la séduire... Une jeune fille qui hésite entre l'amour-passion avec un jeune poète exalté, et la sécurité d'un mariage avec un veuf paternel... Un nobliau (ruiné peut-être) qui cherche à redorer son blason en puisant dans les coffres de Pogner, mais qui, poète aussi, et génial peut-être, réduit son ambition à un bonheur conjugal, pourtant peu propice à l'inspiration poétique... Une nourrice qui affole un apprenti, tandis que le gamin à peine pubère lorgne davantage l'anse du panier que Lene fait valser pour lui que celle qui le porte... Enfin un greffier de la Ville, infatué de ses mérites, qui méprise les femmes et leur peu de goût pour la poésie, et qui courtise, lui aussi, autant la fortune de Pogner que les appas de sa fille... Tout cela fait un joli panier de crabes, et l'on comprend que certains (John Ruskin, notamment, mais c'était Ruskin !) aient trouvé cette intrigue "la plus bête qu'il ait jamais vue sur une scène". D'autres l'ont accusée de manquer de psychologie, Nieztsche entre autres, mais là, pour une fois, c'était lui, grand psychologue, qui en manquait, car ce qui fait un des principaux attraits de cette comédie, c'est qu'elle peint des natures doubles, des appétits contradictoires et complémentaires, tour à tour ou simultanément, en la même personne, et c'est toute la nature humaine que ces pulsions impures, complexes, dont les protagonistes eux-mêmes ont peu conscience. Seul Hans Sachs, passionné mais lucide, capable de retour sur lui-même, et connaissant ses limites, véritablement noble lui, émerge et domine ce monde malsain parce qu'il en connait les imperfections aussi bien que les siennes.

Nikolaus Lehnhoff n'a guère songé à tout cela en concevant sa mise en scène qui se borne à un télescopage d'époque, l'oeuvre commençant au XVI° siècle pour finir au XIX°. Belle affaire ! Mais il a fait un vrai travail de direction d'acteurs, et heureusement, pour lui comme pour nous, il dispose d'un bon décorateur (Roland Aeschlimann) et d'un excellent éclairagiste (Jürgen Hoffmann), et le spectacle est toujours agréable à l'oeil, particulièrement la nuit du II° acte, baignant dans un brouillard bleu roi du plus bel effet, enfin à mon goût, que certains critiques ne partagent pas. Par contre, quand Walther et Eva, plutôt que de se cacher sous le tilleul comme l'indique le livret, descendent dans une trappe et chantent la tête hors du sol comme des apparitions de la "Nuit des Morts-vivants", on rigole, et toute la poésie née de ce halo bleuté est gâchée.

La distribution est exemplaire : José van Dam fait un Sachs d'une intelligence, et d'une noblesse rare; Peter Seiffert assume parfaitement le rôle de Walther, le rendant plus sympathique peut-être que ne l'est le personnage. Il fait face à l'Eva, très pur de timbre, de son épouse Petra-Maria Schnitzer. Michaël Volle campe un Beckmesser viril, et plus inquiétant que ridicule. Matti Salminen qui n'a plus rien à prouver en aucune rôle, incarne le pontifiant Pogner, Brigitte Pinter une pimpante et acide Magdalene, tandis que je voudrais attirer l'attention sur le David exemplaire, canaille, espiègle, tendre, plein de charme, excellent acteur et bien chantant, de Christoph Strehl. La direction subtile, très réservée (trop au goût de certains) du délicat Franz Welser-Möst, à la tête de l'orchestre de l'Opéra de Zurich, achève d'assurer un bonheur, à mes yeux et oreilles, presque parfait.
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Par JMG
Les Maîtres chanteurs, opéra de toutes les ambiguïtés.
Oui, mais lesquelles ? Je ne reviens pas pas sur celles de l'intrigue bien décrites par le commentaire précédent.
En revanche, comme la plupart des œuvres de la maturité de Wagner, "les Maîtres chanteurs" n'échappent pas à la conception du monde en général et de l'Allemagne en particulier que nourrissait pour ne pas dire ressassait le "Maître de Bayreuth".
On a le droit sans doute de vouloir ignorer cet aspect des choses et de ne traiter Wagner que comme un musicien génial (parmi d'autres...) et ses œuvres comme des œuvres de répertoire parmi d'autres.
Cependant, dans ce cas il me semble que l'on passe à côté de tout un aspect de Wagner qui, faut-il le rappeler, n'ambitionnait pas de n'être qu'un musicien.
A ce propos, on ne rendra peut-être jamais assez justice à Adorno, difficile, excessif mais ô combien salutaire pour l'esprit.
Lorsqu'il dit que Beckmesser est une insupportable caricature du "juif", c'est peut-être formellement contestable - rien dans le livret ne permet de l'affirmer et la position même de Maître et pas n'importe lequel, le "Marqueur", qu'occupe Beckmesser dans une ville allemande du XVIème siècle ne valide pas vraiment cette hypothèse - mais cela renvoie bien à tout un imaginaire wagnérien de ce qui est "juif" opposé à ce qui est "allemand".
Le juif intégré ou qui prétend s'intégrer au "Volk", qui prétend même jouer le rôle de conservateur de la tradition allemande -le Marqueur- et qui finalement, à la différence de ses collègues "vrais allemands" - ne serait-ce que le peu clairvoyant Pogner, sans parler de Sachs - s'avère incapable de reconnaître la vraie poésie et de créer en "vrai allemand". La preuve, le galimatias que devient dans son chant la poésie écrite par Walther.
Cependant, Wagner, né sous le signe de l'ambiguïté faite art, autorise toujours une autre voie et s'interdit souvent de choisir, de trancher définitivement, préférant la fuite et une certaine forme, dirait Adorno, d'inconséquence.
On l'a dit, formellement, Beckmesser n'est pas juif.
Le génie théâtral et musical de Wagner autorise donc à le voir avant tout comme un Maître, sans doute plus arriviste que les autres, confit dans une tradition qu'il connait et maîtrise parfaitement mais fat, ridicule à force d'être aveuglé par la jalousie - sentiment au départ bien naturel - vis à vis d'un rival dont il ne peut comprendre, du fait de cet aveuglement mais aussi par défense de la tradition même, le talent novateur.
Lorsque l'on sait que les autres personnages eux-mêmes ne sont pas forcément très clairs sur leurs intentions - cf le commentaire précédent - on est fondé et c'est le cas, pour ce que j'en comprends, de la version de Lehnoff, à ne traiter vraiment que le message visible et directement audible de l'œuvre, exprimé par la tirade finale de Sachs.
Il s'agit d'art, de ce que doit être authentiquement l'art allemand mais sans ambition politique allemande, sans la revendication d'un "lebensraum" de funeste souvenir.
Dès lors rien n'interdit, et cette mise en scène le fait merveilleusement, de tracer une courbe qui du XVIème siècle au XIXème narre cet accomplissement.
Au début du troisième acte, les livres amoncelés chez Sachs sur fond orangé, qui pourraient faire craindre quelque autodafé annonciateur du nazisme, sont là au contraire pour exprimer tout l'inverse, ils sont les fruits patiemment récoltés au travers des siècles (les deux actes précédents ?) dont la sagesse de Sachs s'est nourrie et qui nourriront encore le tableau final.
A l'invitation muette de Sachs qui se tourne vers le fond de la scène, tous regardent vers l'avenir, symbolisé par la tradition classique et humaniste européenne, à laquelle l'art allemand appartient au delà de ses particularismes.
On notera toutefois que le texte de Wagner en défense du "Saint Art Allemand" - et là, ce n'est pas une interprétation d'Adorno - est nettement orienté contre l'esprit "Welsche" qui est traduit de manière neutre par "étranger" alors qu'il désigne plus précisément les peuples d'origine "latine", pour Wagner les français en particulier, autre grande obsession du Maître...
Cette unanimisme humaniste m'apparaît donc un peu forcé, mais portée par des artistes hors pair, cette conception m'aura finalement - presque totalement - convaincu.
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