Commencez à lire Le marché. Histoire et usages d'une conquête sociale sur votre Kindle dans moins d'une minute. Vous n'avez pas encore de Kindle ? Achetez-le ici Ou commencez à lire dès maintenant avec l'une de nos applications de lecture Kindle gratuites.

Envoyer sur votre Kindle ou un autre appareil

 
 
 

Essai gratuit

Découvrez gratuitement un extrait de ce titre

Envoyer sur votre Kindle ou un autre appareil

Désolé, cet article n'est pas disponible en
Image non disponible pour la
couleur :
Image non disponible
 

Le marché. Histoire et usages d'une conquête sociale: Histoire et usages d'une conquête sociale [Format Kindle]

Laurence Fontaine
5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (1 commentaire client)

Prix éditeur - format imprimé : EUR 22,90
Prix Kindle : EUR 16,99 TTC & envoi gratuit via réseau sans fil par Amazon Whispernet
Économisez : EUR 5,91 (26%)
Le prix Kindle a été fixé par l'éditeur

App de lecture Kindle gratuite Tout le monde peut lire les livres Kindle, même sans un appareil Kindle, grâce à l'appli Kindle GRATUITE pour les smartphones, les tablettes et les ordinateurs.

Pour obtenir l'appli gratuite, saisissez votre adresse e-mail ou numéro de téléphone mobile.

Formats

Prix Amazon Neuf à partir de Occasion à partir de
Format Kindle EUR 16,99  
Broché EUR 22,90  
Gratuit : téléchargez l'application Amazon pour iPhone, iPad, Android ou Windows Phone ou découvrez la nouvelle application Amazon pour Tablette Android !


Concours | Rentrée Kindle des auteurs indés - Participez au premier concours organisé par Kindle Direct Publishing et et saisissez votre chance de devenir le nouveau coup de cœur littéraire sur Amazon !



Les clients ayant acheté cet article ont également acheté

Cette fonction d'achat continuera à charger les articles. Pour naviguer hors de ce carrousel, veuillez utiliser votre touche de raccourci d'en-tête pour naviguer vers l'en-tête précédente ou suivante.

Descriptions du produit

Extrait

Extrait de l'introduction

Il me fallait un commencement. J'en avais imaginé un, qui me convenait, mais il m'est apparu qu'il était déjà pris :

Un spectre hante l'Europe : c'est le spectre des marchés. Pour le traquer, toutes les puissances de la vieille Europe se sont liguées en une sainte chasse à courre : le pape et les présidents de la République, la droite nationale-populiste et la gauche radicale-communiste, des radicaux grecs et des politiciens bruxellois.

À dire le vrai, c'est plutôt à Jean-Paul Sartre que j'emprunterai, sinon mon commencement, du moins le fil directeur. Je voudrais raconter à mon tour l'histoire du Diable et du Bon Dieu. Mais à peine ai-je soutenu cette prétention que je peine à camper les personnages de la pièce. En effet, il n'est de jour qui passe sans que soient voués aux gémonies «les marchés». Qui ? Les marchés, vous dis-je. En un curieux retour de flamme ultra-structuraliste, voici désormais que l'on proclame non plus la fin de l'Histoire, mais, au contraire, son grand retour sous la figure, d'après une célèbre formule du philosophe marxiste Louis Althusser, d'un «procès sans sujet». Nous y voilà : les marchés sont désormais l'incarnation suprême d'un capitalisme anonyme, apatride, dévastateur des êtres et des vies. À y regarder de près, ces marchés cessent d'être anonymes pour s'incarner en des institutions financières, des fonds de placement, des investisseurs institutionnels et autres organismes de prêt qui ont, pour nous autres gens sans qualité, le visage très incarné du guichetier de notre banque ou de notre responsable de compte. Le pluriel «des marchés» n'a pas pour avantage seul de mettre à distance les activités jugées répréhensibles d'institutions dont nous sommes les clients ; il a le grand désavantage de ne plus permettre de penser, de réfléchir, de comprendre, donc d'agir.
Nul ne pouvant dater historiquement le moment où le pluriel l'aurait emporté sur le singulier, je demeure, pour ma part, fidèle au singulier : le marché, qui est mon objet de recherche historique depuis longtemps. L'avantage que je trouve à parler de mon objet au singulier, c'est de poser l'unité, voire l'unicité d'un instrument d'échange, et de le distinguer des usages qui en ont été, sont et seront faits (et pour lesquels alors la forme plurielle pourrait avoir quelque pertinence). Le marché, dans sa fonction première, est bien antérieur au rôle diabolique ou divin qu'on lui attribue de nos jours.
Dans la première définition, celle du dictionnaire de l'ancien français et de ses dialectes, le mot marché, dit marchié, n'a qu'un seul sens, celui de «vente, achat à un prix débattu». Plus tard, les définitions des dictionnaires incorporeront ce que l'histoire a construit comme l'espace où se tiennent les échanges marchands et l'Encyclopédie réunira les deux sens : celui particulier de la «place publique dans un bourg ou une ville où [l']on expose des denrées en vente» et celui plus général de «traité par le moyen duquel on échange, on troque, on achète quelque chose, ou l'on fait quelque acte de commerce». Dans ce sens général, que je reprends, et hors de l'exercice de la seule finance, le mot «marché» est une modalité des échanges caractérisée par le fait que les biens échangés font l'objet d'une discussion sur l'estimation de leur valeur suivie d'un accord ; discussion qui s'oppose à l'échange aristocratique fondé sur la prééminence de la noblesse qui, de droit, en dicte les termes. Les enjeux de la fixation du prix dépassent alors le seul domaine de l'économie pour toucher à l'organisation même des sociétés. Or, jusqu'à la Révolution française, la société vit dans une économie de nature aristocratique. Mais cette économie, fondée sur le don et le privilège, n'en est pas moins une économie de marché. Une des tensions majeures de l'époque vient précisément du fait que le pays vit sous un régime politique aristocratique, alors que sa richesse est irriguée par l'économie marchande. Si la Révolution française a mis à bas le pouvoir aristocratique, elle n'a pas touché aux autres institutions qui ont continué à vivre avec des régimes d'autorité traditionnels. Ainsi, entre autres, la famille est restée patriarcale et le monde du travail soumis aux patrons.

Revue de presse

En lisant le nouvel ouvrage de l'historienne de l'économie Laurence Fontaine, Le Marché. Histoire et usages d'une conquête sociale, on sent l'auteure fascinée par ce monde en mouvement, qui grouille et bouillonne depuis des siècles sur tous les continents. Passionnée par les archives comme par l'observation de l'époque contemporaine, Laurence Fontaine transporte avec allégresse son lecteur des places de La Haye au XVIIe siècle aux rues étroites du bidonville de Dharavi aux portes de Bombay, où se pressent aujourd'hui les vendeurs de rue. Elle y voit partout des individus qui tentent de s'arracher à leur condition. D'ailleurs, l'accès sans entraves aux échanges n'est-elle pas une revendication des plus pauvres ? C'est que, contrairement à l'idée admise que le marché serait intrinsèquement " mauvais ", l'historienne soutient qu'il n'est ni malin ni divin en soi...
L'ouvrage se termine par une proposition : que l'on considère le marché comme un " bien public " auquel chacun doit avoir accès. Ce serait une manière d'en terminer avec les dérives, avec l'usage inégalitaire qui en est fait, toujours en faveur des nantis. (Julie Clarini - Le Monde du 9 janvier 2014)

Détails sur le produit


En savoir plus sur l'auteur

Découvrez des livres, informez-vous sur les écrivains, lisez des blogs d'auteurs et bien plus encore.

Commentaires en ligne

4 étoiles
0
3 étoiles
0
2 étoiles
0
1 étoiles
0
5.0 étoiles sur 5
5.0 étoiles sur 5
Commentaires client les plus utiles
5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Excellent ouvrage 11 mai 2014
Format:Format Kindle|Achat vérifié
Une synthèse qui a été saluée un peu partout, à raison... Dans un pays comme la France, où l'on diabolise le marché avant même d'avoir cherché à définir ce qu'est un marché, voilà un travail d'historien précis, conceptuel (le marché y est remarquablement défini) et équilibré dans ses conclusions (ce n'est ni une diatribe marxisante contre le marché ni un éloge néo-libéral de celui-ci). Un excellent ouvrage, pour faire avancer la réflexion...
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
Rechercher des commentaires
Rechercher uniquement parmi les commentaires portant sur ce produit

Discussions entre clients

Le forum concernant ce produit
Discussion Réponses Message le plus récent
Pas de discussions pour l'instant

Posez des questions, partagez votre opinion, gagnez en compréhension
Démarrer une nouvelle discussion
Thème:
Première publication:
Aller s'identifier
 

Rechercher parmi les discussions des clients
Rechercher dans toutes les discussions Amazon
   


Rechercher des articles similaires par rubrique