Le gouvernement mondial est un vieux fantasme issu de la philosophie des lumières : son instauration permettrait -pense-t-on- de supprimer définitivement les guerres, fléau de l'humanité. Si ce concept a été repris un temps par le mouvement communiste (l'internationalisme prolétarien), c'est bien la finance internationale qui l'a mis en pratique depuis le début du XXème siècle : la SDN, l'ONU, l'UE sont quelques grosses pièces bien visibles de ce mouvement. Cet ouvrage de Pierre Hillard nous montre le détail de cette mise en forme au niveau européen d'une part, l'architecture du bloc euro-atlantique d'autre part. Les allemands ont un rôle important au sein du processus. A ce bulldozer mondialiste s'oppose en France un petit courant souverainiste, presque inexistant à gauche, plus soutenu au sein de ce qui reste de la droite non libérale (gaullistes historiques, action française, peut-être Front National) à laquelle se rattache sans doute l'auteur. Il est facile de voir que cette gouvernance globale ne peut être qu'une dictature. Comme l'indique le titre du livre, la constatation est pessimiste : la marche du monde vers cette dictature semble irrésistible. Le dernier chapitre du livre est emblématique à cet égard.
Sur la forme, ce petit ouvrage (150 pages environ) est sérieux, bien documenté. Le lecteur intéressé par la question retrouvera de nombreux points sur lesquels les grands médias restent discrets. Internet permet facilement de remonter aux informations d'origine pour vérifier les sources. Un absent : le Comité Bilderberg. Je ne sais pourquoi Hillard n'en parle pas alors qu'il souligne souvent l'importance du rôle du Council for Foreign Relations.
Pierre Hillard est docteur en science politique et professeur de relations internationales à l'École supérieure du commerce extérieur (ESCE). En revanche, j'ai trouvé qu'il publie peu dans les revues académiques de référence de son champ disciplinaire.