La vie d'un jeune pédé à Paris racontée par une amie journaliste. Le sujet ne m'intéressait pas vraiment. Bon j'avais acheté le roman par hasard (surtout à cause du titre qui est beau) quand il est sorti, et du coup, je l'ai lu jusqu'au bout.
Le fil de histoire peut sembler déconstruite et confuse, on s'y perd parfois. Il faut s'y accrocher et faire effort de volonté pour arriver à la fin. Le style est très contemporain dans le sens qu'il retranscrit des dialogues aussi réaliste que possible, par exemple « Tu vois comment le monde il est chiant, tu vois pas comment tout le monde fait semblant. C'est une sorte de grosse capote hypocrite sur toute la planète. On va tous crever, à long terme » ou plus loin encore, « On n'est pas pédé pour ça. On est pédé parce qu'on encule la société, parce qu'on veut pas collaborer. Tiens, tu sais quand c'est qu'on commence à mourir ? ».
Le ton est donné. C'est cru et cruel comme le sida. Peu de sentiments et pas de dentelles à l'eau de rose, on est dans le réel. Quelques jolies réflexions qui tombent on ne s'est trop par quel miracle : « Ce qui est triste avec les parents, c'est qu'on est comme eux, et pas eux. »
Finalement, c'est le sujet qui sauve ce roman, car après tout, ce n'est pas souvent que l'on a eu l'occasion de traiter du problème de l'homosexuel face à l'épidémie du sida des années 80. Je regrette néanmoins que les homosexuels soient ainsi stéréotypés comme des indigènes du marais parisien. Tous les homosexuels ne sont pas des folles et toutes les « folles » ne sont pas homosexuels, c'est du moins ce que je crois. Ce roman ne donne pas la meilleure image des hommes, contrairement à ce que le titre pouvait le laisser croire. Première déception d'avoir été trompé sur la marchandise : je croyais que ce livre m'apprendrait qu'elle est cette « meilleure part », ou alors j'ai dû rater quelque chose.
Le titre est beau et vendeur, mais il n'est pas le sujet de ce livre, car la thèse et la question maitresse débattues dans ce roman est à la fois originale, surprenante et très intéressante : pourquoi un séropositif ignore sa maladie, cherche à contaminer ses amants par besoin de survie, voire même à convaincre l'ensemble de la communauté homo à faire l'amour libre et sans protection.
Alors bon gré malgré, et au-delà de la lecture parfois longue et fastidieuse, Il y a du risque dans cette écriture et j'ai finalement le sentiment que ce roman m'a donné une nouvelle facette de notre société, plus noire que je ne l'aurai souhaité et espéré.