Le livre de Jacques Cotta, paru chez Fayard décrit la misère dans laquelle vivent 7 millions de salariés français gagnant trop peu pour prétendre à un logement et à une vie décente. Il dénonce aussi les politiciens et les promoteurs immobiliers qui, derrière un discours de façade compatissant, préfèrent ne pas appliquer les lois au profit de spéculations financières, laissant dans la misère et l'indifférence tout un peuple de travailleurs.
L'auteur évoque différentes sortes de précarités : des logements insalubres où les enfants sont atteints de saturnisme, au prof parisien contraint de travailler en Picardie et ne pouvant déménager, en passant par les glaneurs de fruits et légumes à la fermeture des marchés et par les employés de CDD ou de contrats à temps partiels qui n'ont pas droit à la CMU mais n'ont pas les moyens de se payer une mutuelle pour autant ; l'éventail des travailleurs pauvres est vaste.
En fin de compte, que fait l'Etat, hormis se désolidariser de ces gens en favorisant les emplois précaires, en se reposant sur les associations caritatives, et en renforçant la violence policière ?
Ce livre parle des oubliés de la République, de tout ce peuple qui fait fonctionner l'économie française et auquel on ne renvoit que mépris ! Il nous met face à l'inacceptable car il bafoue la dignité de ces hommes et de ces femmes en leur refusant le droit à une vie décente. Ce sont, en quelque sorte, les esclaves d'une société moderne et qui n'a jamais été aussi riche.