Même si l'on peut trouver tout-à-fait justifié l'oubli dans lequel sombre lentement le film
Mon nom est Personne, il faut bien reconnaître que sa bande sonore demeure, dans l'ensemble, une réussite. En 1973, Ennio Morricone avait suffisamment d'expérience pour exploiter au mieux son inspiration, encore riche, et assez d'audace pour laisser s'exprimer son humour dans sa musique. Cette édition s'ouvre sur les 10 morceaux de la
BO d'origine, qui sont :
01 Mon nom est Personne ; le thème principal, bondissant et joyeux, à base de flûte, de banjo et de ... bulles ?
02 Bonne Chance, Jack ; on passe de l'insouciance à la tristesse ; harmonica, piano, violons, cuivres et choeurs se relaient pour un air poignant, qui n'est pas sans rappeler
Il était une fois dans L'ouest.
03 La Horde sauvage ; un pastiche incroyable de la
Chevauchée des Walkyries de Wagner. Flûtes, choeurs masculins, voix nasillardes et instruments insolites pour un résultat à la fois épique et drôle.
04 Si tu es quelqu'un, c'est ma faute ; les bruits d'horloges et la guitare précèdent une montée en puissance des cuivres, typique des grands airs de Morricone qu'affectionne, entre autres, Tarantino.
05 Avec les meilleurs voeux ; variation pas terrible sur le thème principal.
06 Un curieux barbier ; 7 minutes de musique incohérente sur fond de tic-tac. Le pire morceau du disque.
07 Plus que les Walkyries ; une reprise du 03. On ne s'en lasse pas : cette flûte qui semble s'essouffler, à bout de force, c'est magnifique !
08 Une insolite attente ; là encore, il s'agit d'un morceau étrange, sans véritable cohérence, exprimant ce que son titre indique. Il ne dure que 2 minutes et c'est bien comme ça.
09 Le Ballet des miroirs ; musique grotesque, à l'image de certains passages du film, comme les duels de baffes.
10 La Fable du petit oiseau ; reprise en douceur du thème principal. Plaisant.
Les 13 morceaux suivants jouent avec ces dix-là. N'ayant, pour la plupart, pas été utilisés dans le film, leur intérêt est bien sûr inégal. Au bout du compte, on va et vient entre les quatre premiers airs de l'album, avec quelques différences de temps à autre. C'est vaguement répétitif, mais quand on aime, on ne compte pas. Notons enfin que le morceau n°06 s'avère moins "barbant" lors de ses variations que dans sa version d'origine.