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Le monde jusqu'à hier: Ce que nous apprennent les sociétés traditionnelles [Broché]

Jared Diamond , Jean-François Sené
3.7 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (7 commentaires client)
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Descriptions du produit

Extrait

Extrait du prologue

À L'AÉROPORT

Scène dans un aéroport

30 avril 2006, 7h00 : je suis dans une salle d'enregistrement d'un aéroport, agrippé à mon chariot à bagages, bousculé par une foule d'autres personnes qui s'enregistrent également pour les premiers vols de la journée. Scène familière : des centaines de voyageurs en files parallèles, portant valises, paquets, sacs à dos et bébés, et qui s'approchent d'un long comptoir derrière lequel se tiennent des employés en uniforme devant leurs écrans d'ordinateur. D'autres personnes en uniforme sont disséminées dans cette foule : pilotes et hôtesses, contrôleurs des bagages et deux policiers noyés dans la masse et n'ayant d'autre mission que de se montrer. Les agents de contrôle examinent les bagages aux rayons X, les employés des compagnies aériennes étiquettent les sacs et les bagagistes les mettent sur un tapis roulant qui les emporte vers, espère-t-on, le bon avion. Le long du mur qui fait face au comptoir d'enregistrement, des boutiques vendent journaux et nourriture rapide. Autour de moi d'autres objets familiers encore, horloges murales, téléphones, escaliers mécaniques menant au niveau supérieur et, bien entendu, des avions sur le tarmac que l'on aperçoit au-delà des baies vitrées du terminal.
Les employés des compagnies tapotent sur leurs claviers et regardent les écrans, le tout ponctué par l'impression de reçus de paiement électronique sur des terminaux de cartes de crédit. La foule présente le mélange habituel de bonne humeur, de patience, d'exaspération, d'attente respectueuse et de cérémonie des adieux aux amis. À mon tour, je présente un papier (mon itinéraire de vol) à une personne que je n'ai jamais vue et que je ne reverrai probablement jamais (une employée à l'enregistrement). Elle me donne à son tour un bout de papier qui m'autorise à faire un vol de plusieurs centaines de kilomètres jusqu'à un lieu où je ne suis encore jamais allé et dont les habitants ne me connaissent pas, mais qui malgré cela toléreront ma venue.
La scène est des plus familières. Toutefois, une des premières choses qui frappent les quelques voyageurs venus des États-Unis, d'Europe ou d'Asie, c'est qu'à leur exception, toutes les autres personnes sont originaires de Nouvelle-Guinée. Il est d'autres différences que des voyageurs venus d'outre-mer pourraient relever : le drapeau national noir, rouge et or est celui de la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui s'orne d'un paradisier et de la Croix du Sud ; les panneaux de la compagnie aérienne sur le comptoir indiquent uniquement des vols d'Air Niugini, et les destinations sur les écrans ont une consonance exotique : Wapenamanda, Goroka, Kikori, Kundiawa et Wewak.
L'aéroport où je me trouve est celui de Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Pour quiconque connaît un peu l'histoire de la Nouvelle-Guinée - ce qui est mon cas, étant venu ici pour la première fois en 1964 quand l'Australie administrait encore le territoire -, la présente scène est tout à la fois familière, étonnante et émouvante. Je me mets à la comparer mentalement aux photographies prises en 1931 par les premiers Australiens à fouler et «découvrir» les Highlands (Hautes Terres) de Nouvelle-Guinée grouillant d'un million de villageois qui utilisaient encore des outils de pierre. Sur ces clichés, les Highlanders, qui vivaient depuis des millénaires dans un isolement relatif avec une connaissance limitée du monde extérieur, contemplent avec effroi les premiers Européens. Je regarde les passagers, employés et pilotes néo-guinéens et je vois en eux les ancêtres photographiés trois quarts de siècle plus tôt. Les individus ne sont bien évidemment plus les mêmes, mais leurs visages sont semblables. Peut-être même y a-t-il, à cet instant, parmi eux tous des enfants ou petits-enfants de ceux qui figurèrent sur les photographies du «premier contact».

Revue de presse

Le biologiste et géographe américain y met à profit son expérience des peuples de Nouvelle-Guinée - acquise en plusieurs décennies de séjours sur le terrain- pour détailler ce que les choix des sociétés traditionnelles peuvent apporter aux sociétés occidentales sur une variété de sujets, de l'éducation à la justice en passant par le partage des territoires et des ressources... La narration est rondement menée, semée d'anecdotes édifiantes, et le propos a le mérite d'ouvrir le lecteur à sa propre étrangeté. (Stéphane Foucart - Le Monde du 21 novembre 2013)

Quatrième de couverture

Les passagers, munis de titres de transport électroniques, de bagages de cabine passés aux rayons X, attendent, guidés par un personnel aux uniformes seyants et sous l’œil d’une police affairée à regarder les écrans de contrôle de sécurité, d'embarquer pour Wapenamanda, Goroka, Kikori, Kundiawa et Wewak. Nous sommes à Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Rien que de normal. L'essentiel est ailleurs : ces hommes d’équipage, ces policiers à gadgets électroniques et ces passagers coutumiers de l’avion sont les descendants directs de ces millions de Papous, découverts par une expédition australienne en 1931, vivants isolés dans leurs diverses vallées montagneuses, en petites sociétés closes, dépourvues d’écriture, de monnaie, d’écoles et de gouvernement centralisé, à un âge trop vite jugé «de pierre». En quelque quatre-vingts années, la population des Highlands de Nouvelle-Guinée a vécu des changements qui prirent des millénaires à advenir dans le reste du monde. Jared Diamond, qui découvrit la Nouvelle-Guinée en 1964 pour sa première étude de terrain ornithologique, pose la question, rarement envisagée : que nous apprennent ces Papous de ce que les Occidentaux ont perdu avec la disparition des sociétés traditionnelles - ces sociétés structurées en groupes de faible densité de population (allant de quelques dizaines à quelques milliers d'individus), subsistant de la chasse et de la cueillette, de la culture ou de l’élevage, et que les contacts avec les grandes sociétés industrielles ont transformées de façon limitée ? Elles ont en effet inventé des milliers de solutions aux problèmes humains différentes de celles adoptées par nos sociétés modernes. Certaines - par exemple, des manières d’élever les enfants, de traiter les personnes âgées, de demeurer en bonne santé, de bavarder, de passer le temps libre, de pratiquer le multilinguisme ou de régler les litiges - semblent supérieures à celles des pays occidentalisés et riches. Les sociétés traditionnelles peuvent nous inspirer quelques meilleures pratiques de vie, mais également nous aider à évaluer d'autres avantages de notre propre société que nous avons fini par considérer comme normaux.
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