Grand fan de D:A:D depuis "No fuel left for the pilgrims" (ça date !), c'est avec grand desespoir que je constate que seul le Danemark sait leur rendre honneur... normal, ils y sont chez eux ! Et il est peu évident de se procurer leur musique. D'où ma surprise lorsque je tombe par hasard sur ce "Monster Philosophy" venu de nulle part, succédant aux montagnes russes de "Scare Yourself" et sa version live, qui partait dans tous les sens (bons, bien sûr, mais déroutant quand même) en seulement 37 petites minutes frustrantes et inégales.
Avec ce bien plus homogène "Monster Philosophy", Disneyland After Dark (leur nom originel) remet les pendules à l'heure. D'abord, la durée de l'opus frise la bonne heure honnête, donc pas de faute de ce coté-là. Ensuite, une véritable ligne directrice a été suivie plutôt qu'un fourre-tout certes fun, mais parfois déroutant. On se retrouve ici dans la lignée de "Simpatico" et "Everything Glows" : une alternance de rock pêchu limite punkoïde ("Chainsaw" et "You Wont Change") et de titres mid tempo imparables comme seul D:A:D sait les pondre ("Nightmares In The Daytime", "Monster Philosophy", "Beautiful Together"), inspirés, directs, immédiats, funs et endiablés, pourvus de cette voix arrachée en bout de cri de Jesper Binzer, avec ses 3 lascars derrière lui comme un seul homme. Basse 4 cordes (eh oui, Stigge "Nasty" en a ajouté 2 à son instrument !), batterie vitaminée et le frangin Binzer (Jacob) à la gratte, subtil et juste là où il faut, jamais démonstratif. L'ensemble déflagre dur, Le son est excellent, rien à dire de ce coté-là non plus...
Et bien sûr, élément indispensable sans lequel D:A:D manquerait de son panache et sa classe habituels, quelques missiles groovy au tempo lent et au feeling débordant de ce spleen si particulier, à l'image des superbes "Flat", "What's the Matter" (sur Soft Dogs) ou encore du monumentalement et épuré "Laugh and a 1/2"... On est donc immédiatement envouté par les subtils et inévitables "Nightstalker" et surtout "I am the river", bijou de simplicité et de sensibilité... à la D:A:D, attention, pas de la soupe !
Le reste passe plutôt bien ("Revolution", qui ouvre la galette, "Milk and Honey" tendance mainstream folk rock, agréable mais sans plus, "If You Had a Head", rock direct et sans fard, et "Money Always Takes the Place of Life", manifeste anti-fric bien pensé à la façon d'un "Down the dusty 3rd World Road", désillusionné et mélancolique, qui se développe en mid-tempo pêchu à souhait).
Pour l'import japonais, le bonus c'est "House of Fun", électrique à souhait, binaire et brutal dans son riff, pas révolutionnaire, mais toujours bon à prendre lorsqu'on est fan, comme moi, de cet immense groupe, injustement boudé par le music business.
Amateurs de rock musclé, fun et inspiré, fonceeeeez !