Une accumulation de cas particuliers qui ne rendent pas compte de la photographie. Exemple : S. Tisseron monte en épingle les gens qui pratiquent la photographie et qui (au temps de l'argentique) oublient d'aller chercher les travaux qu'ils ont donné à développer au laboratoire. Cet "acte manqué" l'intéresse. Ne pourrait-on pas trouver des exemples similaires dans les pressings où les gens oublient (définitivement) d'aller chercher leurs vêtements ou chez ces gagnants du Loto qui ne vont pas chercher leus gains ? En viendrions-nous à bâtir une théorie sur ceci ? Pour S. Tisseron ces gens ont voulu capturer la vie avec leur appareil mais de crainte d'être déçus par leur impossibilité à y parvenir ne vont jamais chercher leurs travaux. Autres exemples particuliers : la photographie de portrait sur laquelle il se penche est le portrait de nous-mêmes (nous sommes peu habitués à voir notre propre portrait en photo). Sur ce cas très particulier (nous ne passons pas notre temps à nous photographier nous-mêmes ou à passer dans la cabine d'un Photomaton) il bâtit une théorie qui, si elle peut avoir un certain interêt est très particulière. Autre exemple : la photographie ne facilite pas le travail de deuil : en voyant la photo d'un défunt (vivant) nous en venons à nier sa mort. Ne faudrait-il donc rien garder du défunt ? Pourquoi les cimetières, alors ? Ne conservent pas la trace de celui qui a été ? Eux aussi ne vont-ils pas contre le travail de deuil ? De cette accumulation de cas particuliers, peut-on donner une vision "réelle" de la photographie ?