Un chef d'œuvre du cinéma britannique fait par quelques uns des grands maîtres de ce pays, Michael Powell (et dans une certaine mesure Emeric Pressburger) et Jack Cardiff. Ce dernier, ici à la prise de vue, fut l'un des plus grands photographes de tous les temps.
Ce film n'a pas besoin d'être présenté. On a dit et redit que ce film est un lieu de jeu entre les contraires :
-entre chasteté et volupté : un ancien harem d'un roitelet indien devient un dispensaire pour enfants, géré par des religieuses britanniques. On dirait que la volupté du passé de ces lieux est encore présente, essayant de charmer la chasteté qui essaie avec peine de la remplacer,
-entre la pâleur des visages des nonnes, et le maquillage en rouge et noir de l'une d'entre elles qui, enflammée par le désir sexuel, se rend "belle" pour rejoindre un homme charmant qui, par malheur pour elle, est fasciné par une autre religieuse au sujet de qui on ne peut ni parler avec certitude de la chasteté entière, ni "l'accuser" de volupté quelque peu qu'elle soit,
-entre la simplicité et la clarté des lieux de vie des religieuses, et la complexité et l'obscurité des couloirs que la jeune femme rebelle traverse,
-entre le dispensaire perché dans les montagnes de l'Himalaya et la plaine où il y a cet homme-là, charmant et charmeur, qui déroute ces femmes du "chemin du Seigneur",
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Les performances remarquables des acteurs (ce qui est une évidence quand il s'agit des acteurs britanniques), et particulièrement celle de Deborah Kerr, se superposent à la beauté visuelle et l'ambivalence narrative du film, pour en faire un chef d'œuvre sans conteste.
Les Chaussons rougesLe Voyeur