Récit d'un homme névrosé et révolté, endeuillé par plusieurs décès qui sombre dans les abimes de la douleur tout en se raccrochant à l'espoir d'en sortir. Pour cela, il se retire dans une cabane du Vermont, avec un hamster dont il a la garde et deux livres dans lesquels il va puiser des forces et tenter de les faire siennes. Ce roman donne l'impression de parcourir les deux ouvrages (livre 7 & En nous la vie des morts dans le même livre éponyme) par-dessus l'épaule du lecteur/narrateur. Les spectres sortent ainsi de son imagination, de ses souvenirs, de ses lectures, et Nort. se retrouve "pollué" par les personnages qu'il croise. Ainsi le mystique va s'immiscer dans son ordinaire. Il va ainsi faire un voyage initiatique vers la paix, vers le plus profond de lui-même, un chemin intérieur.
C'est tout un travail de deuil qui trottine et qui l'ouvre petit à petit vers une "rebirth".
Ce roman brasse la caducité de la vie tout en l'éclairant. Entre légende et quotidien, cet ouvrage est organisé autour d'une quête spirituelle et absolue, et Nort. transfiguré par ses lectures chemine vers la méditation entre ses souffrances et ses soifs, entre harmonie, atermoiements et doutes, vers la connaissance de son soi profond, vers l'apaisement.
Se pose bien entendu toutes sortes de questions introspectives pour le lecteur -si tant est qu'il adhère et pénètre dans l'histoire- existentielles : quel est mon rapport avec le monde ? avec moi-même ? avec mes morts ?
Tant de thèmes universels sont ici abordés par une plume et une construction très spéciales, fortes et graves, mais parfois prétentieuses. Un livre que j'ai du mal à noter parce que je lui reproche certaines choses au niveau stylistique : lourdeurs dans le sens "too much" des mots qui abondent comme si l'auteur vomissait parfois son verbe, des chapitres qui m'ont fait pensé à un Olivier ADAM pas dans le meilleur de sa forme littéraire. Et puis aussi de très belles choses : "Il faut toujours des limites pour éprouver la liberté", "Il ne faut jamais essayer d'être plus grand que quelqu'un autre, seulement plus grand que soi-même" (ca fait beaucoup de "il faut" me direz-vous !), "L'or est au-dedans de nous, et nous sommes les mineurs de notre propre terre". Il y en a bien d'autres. Mais j'ai été bouleversée par le côté philosophique (mer..de, on a tous envie d'être bon et beau -en dedans- !!). Je pense qu'il dépend de notre état d'âme du moment, des circonstances que nous traversons pour apprécier ce bouquin. Oui, on a envie d'entrer dans la sagesse, de voir la vie dans la paix. A ce propos elle nous dit "la vérité est toujours toute simple. Ce qui est difficile c'est de la regarder entièrement".
Ce livre refermé, comment nous comporterons-nous face à cette merveilleuse (mais peut-être trop utopique) idéologie ? une fois replongés dans le tourment de la vraie vie ? Je l'ignore ! Toujours est-il que Lorette NOBECOURT nous propose : « Les livres ne sont rien s'ils ne s'incarnent pas"...